512 HIST. DE L’EMPIRE OTHOMAN. Liv. XVIII. Chap. VIII.
Section La guerre étant ainsi finie, Mahomet congédia ses Troupes, & alla von'II. Athènes; il y admira le Pyrée & la commodité de ses Ports, aussi bien queConquête j es superbes Edifices de l’Àntiquité. Cette ville avoit été prise quelque teinsfíg* M °" auparavant par Omar , fils de Thuraean Gouverneur de Thessalie : voici à
' __ quelle occasion. Neri Acciaoli qui en étoit Prince, étant mort, la Princes*
Etat d' A- se Douairière qui avoit un jeune fils de lui, se rendit maîtresse de l’Etat,tlicnes. en f e faisant des amis à la Cour Othomane. Quelque tems après elle devintamoureuse d’un jeune Gentilhomme Vénitien, fils d e Pietro Palmerio, Po-destat de Nauplie, qui étoit venu à Athènes pour le Commerce, & elle luiproposa de le mettre en possession de tout, s’il vouloit se défaire de sa fem-me & l’épouser. Palmerio, enflammé d’amour & d’ambition, retourna en I-talie, & ayant empoisonné sa femme revint à Athènes , & épousa l’amou-reuse Princesse.
Remiíà ■ C’est ainsi qu’il devint grand Seigneur, mais le Peuple le haïssoit. Ils’em-
Mahomet.p a ra de la tutelle du jeune Duc, qu’il mena peu après à Mahomet, parce-que - Franco fils d ’Antoine Acciaoli, neveu de 'Neri , s’étoit retiré à la CourOthomane, dans l’espérance d’obtenir un jour la Principauté. Aussi dès quele Sultan apprit la mauvaise conduite de la Douairière, il donna la ville àFranco , qui envoya la Duchesse prisonnière à Mégare, où peu après on fedéfit d’elle par son ordre. Son mari en porta ses plaintes à Mahomet , quitouché de fa douleur envoya Omar pour s’emparer d’Athenes. Ce Géné-ral n’eut aucune peine à se rendre maître de la ville,- mais le Château ayanttenu longtems, il engagea à la fin Franco à le rendre, en échange de laBœotie & de la ville de Thebes (a).
Affaires de Cependant le Despote Thomas, qui supportoit. impatiemment le joug desla Morée. Turcs, commença les hostilités contre son frere le Despote de Sparte, quiavoit donné sa fille en mariage à Mahomet , & il envoya des Troupes pourassiéger Patras. Le Sultan fit alors marcher des Troupes fous la conduitede Khamus (*) surnommé le Port-Epervier , qui fit arrêter Ahmed Gouver-neur de la Morée, de même que son prédécesseur Omar, à qui il avoitdonné sa fille en mariage ; mais fur le bruit de fa marche, les Troupes deThomas fe retirerent auprès de lui à Mégalopolis : il assembla alors un Corpsde Grecs & d’Albanois pour faire tête aux Turcs. Mais ils furent bientôtbattus, & le Général ayant laissé une partie de son armée à Janus & auPrince Démètrius pour continuer le siégé de Mégalopolis, il mit le reste engarnison. Aussitôt que Thomas en fut instruit, il revint assiéger les Janis-saires, qui étoient restés à la garde des Forteresses.,
Les Génois ayant après pela demandé Ja restitution de Péra, prétendantqu’on leur retenoit cette place injustement, Mahomet refusa de la remettre,parcequ’ils l’avoient rendue volontairement, comme on l’a rapporté plushaut: sor quoi ils lui déclarèrent la guerre. Le Sultan passa aussitôt en Asie,leur enleva Amestris fur le Pont-Euxín, qui se rendit par composition, &iltransporta les deux tiers des habitans à Constantinople.
Les
Guerreavec lesGénois.
(a) Ckalcoudyle, I. c. Ch. 3.
(') Ducas Pappetle Hamza,