52 6 HIST. DE L’EMPIRE OTHMAN Liv.. XVIII, Chap. VIII.Section le bruit de fa marche s’enfuit à Clitie ou Clííla, située dans un terrein si ma-1(1. récageux, qu’elle étoit inaccessible en Hiver ; mais le terrein e'tant se'ché parEvénement j a chaleur du Soleil d’Eté , le Bacha avança jusqu’au fossé & se disposa àjusqu'à lu atta q uer ] a place ; mais on la lui rendit, à condition que le Prince & lesde’ía** àiàns auroient la vie & leurs biens saufs. La femme de ce Prince s’étoitBosnie, retirée d’avance à Raguse pour éviter les périls de la guerre, & y avoit em-s — porté beaucoup de richesses du consentement de son mari.
Le Pays de Sandal s’étend jusqu’aux portes de Raguso, & Sandal avoiteu quelque différend avec cette petite République. Etant devenu amoureuxde la femme d’un Marchand Florentin, il traita sa femme avec mépris. LaPrincesse ne pouvant souffrir ce procédé, se retira avec son fils, jeune en-core, à Raguse; Sandal la fit redemander , mais les Ragusaíns refusèrentde la renvoyer à moins qu’il ne quittât fa concubine. Là-dessus il leur dé-clara la guerre, & en étant venu aux mains avec leurs Troupes , comman-dées par le jeune Prince son fils, il les mit en déroute ; après quoi il invitale Sultan à le joindre à lui contre les Illyriens, mais les T ures étant venus enplus grand nombre qu’il ne vouloir, il se tint fur ses gardes pour défendreson Pays, en cas qu’ils voulussent l’envahir.
T,e Pays de Maíimud Bacha ayant rempli fa commission, se mit en chemin pour re-
Sandal S? joindre le Sultan, qui avoit marché en même teins vers J ay t la , ou plutôt Jazì-rntres fou . ^, Capitale des Illyriens, qui se rendit d’abord, intimidée par la prise dé Do-mis ‘ robize, la plus forte place du Pays. Plusieurs villes se-.soumirent au Bachadans fa marche par ordre de leur Prince, que Mahomet mena avec lui dans lePays de Sandal; car tous les Illyriens étoient assujettis. Le Sultan envoyad’abord à Raguse demander la femme de Sandal , mais elle avoit prévu cecoup & s’étoit retirée en Italie. Ayant alors rassemblé toutes ses forces ilentra dans le Pays de Sandal , le ravagea d’un bout à l’autre ,& alla mettre lefiege devant la Capitale ; mais n’ayant pu la réduire, il tourna au bout dequelques jours fes-armes contre les Terres de Constantin , de Caragu/e & dePaul , qui tous fe soumirent & furent emmenés prisonniers. Pour ce quiest du Prince des Illyriens, ayant été pris un matin, qu’il tâchoit de fe sau-ver, Mahomet le fit venir , & nonobstant le saufeonduit du Bacha il eut latête coupée sur le champ ; quelques-uns disent qu’il fut écorché vif («).
SECTION IV.
Guerres contre Scanderbeg contre les Vénitiens.
beg“é? L f Es Vénitiens, qui étoient les plus proches voisins de Mahomet oyoientcontre les fes succès d’un œil jaloux ; & bien - que les Turcs eussent maltraité enVénitiens. . pj tl .
__, — . (a) Chalcondyle, L. X. Ch 7. & suiv.
Les Véni-tiens dé - depuis les Triballiens ou Serviens & la Riviere de Dorobize, jusqu’aux Terres deSuudulclarent la & au Golphe d’íonie; mais dans fa plus grande largeur, elle a bien soixante lieues, s'é-guerre. tendant jusqu’aux Pannonniens & aux mêmes Triballiens. Aux Triballiens commence laContrée à’ IJaac, celle de Paule fuit, & court jusqu’aux Illyriens, ou à la Bosline. Chalcondyle.
Section
IV.
Guerres