BAJAZET II. HUITIEME SULTAN. 553
^chec, ils s’en retournèrent, & plusieurs périrent dans leur voyage. L’A- 1510.
mirai se plaignit hautement de cet abandon au Grand-Maître de Rhodes , - . . -
(ju’il trouva à Paros, venant à leur secours. Mais au Printems suivant,ayantété renforcé par quelques Galères du Pape, il assiégea à Timproviste & pritNérite ou Sainte-Maure avec toute sísle. Les Vénitiens ne la gardèrent pas Conclusionlongtems, car Tannée suivante Bajazet 6t la paix avec la République , en rk la Paix»vertu de laquelle Nérite & Leucadie furent rendues aux Turcs. De son côté 1503.le Sultan s’engagea à la restitution de toutes les marchandises prises durantla guerre, accorda aux Vénitiens le liberté de trafiquer fur la Mer Noire &à Constantinople, avec le privilège d’avoir un Consul dans cette ville , &enfin convint de régler les limites des deux Puissances.
La même année, Bajazet , après avoir ravagé T Albanie, rencontra à son B ajsaetretour un Dervis, qui s’approcha comme pour lui demander saumoné, mais courí ri fen même teins voulut lui, porter un coup avec un sabre court : heureusement ^ de iale cheval du Sultan se cabra, desorte que Tassaffin manqua son coup. Isfan-tlìar Bacha sayant jetté par terre les soldats le mirent en pìeces. Bajazet a-yant fait la paix avec tons ses voisins (*) congédia ses Troupes, pour lesfaire délasser de tant de fatigues (a).
L’an 916 Sheìtan Kuìì (f) commença à débiter une nouvelle doctrine à imposteur.Bcg Bazar (j); il feignit des miracles, & pardà il enchanta si bien le Peu-ple avide de nouveautés, qu’il se fit suivre par un nombre prodigieux deDisciples. Bajazet envoya Ali Pacha pour arrêter le cours de ces émotionsreligieuses. Ce Général défit Timposteur, & T obligea de se sauver en Perseauprès de Shah ÌJir.aèl; il y eut pleine liberté de répandre ses erreurs, dontil infecta le Roi (§) & toute la Nation (b).
Les Annales des Sultans rapportent cette affaire plus exactement, & â Qtnferî-notre avis d’une façon plus impartiale. Shah Kulì étoit fils de Hajsan Ka- enlis, un des premiers de la Province de Tekin ou Teke-ili, qui fait partie de iie '-la grande Phrygie. Shah Kulì s’étant retiré pendant six ou sept ans dansune caverne, fans jamais paroître, passa pour un Saint. Bajazet , qiq
igno.
GO Leunclavius & Ricaut ubi sup. (£) Cantimir , 1 . c. p. 99, IOO.
(*) La paix entre les Vénitiens & les Turcs fut faite par les foins d 'André Orittì, qui pourlors étoit esclave à la Cour de Bajazet , Par ce Traité Leucade & Nerite furent renduesaux Turcs, & Céphalonie fut cédée aux Vénitiens. Cantimir.
(t) Les Turcs lui donnerent ce nom .pareequ’ils le prirent pour un Magicien OU Sorcier,
& qu’iis crurent qu’il avoit commerce avec le Diable; ou plutôt malignement, pareequ’iíentreprit de corriger l’Alcoran , & d’en donner une explication nouvelle; ils changèrentson nom de Shah Kulì, Esclave du Shah , en celui de Sheìtan Kulì, Esclave de Satan.
Le Prince Cantimir dit dans une Note, que ies Persans le regardent comme un Saint,
& lui donnent le titre de Sophi ou Sophas, c’est-à-dire Sage; mais nous ne comprenonspas fur quelle autorité il parle, car Sophi, & non Sopbus, signifie un Homme vêtu delaine, ou un Religieux. .
(D Bazar est une ville d’Anatolie entre Nicée & Ancyre, qui n’est pas loin de cet-te derniere.
(§) C’est un trait de satire ; car Shah Ismaël tenoit ses principes de Religion dé SheikhHaydtr son pere, duquel i! y a plus d’apparence que Shah Kuli avoit pris fa doctrine, com-me le disent les Historiens Chrétiens.
Tome Bill.
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