S E L IM I. N E U V I E M E S U L T A N.
565
ïí s’avanga ensuite vers les frontières des Rois de la petite Arménie, qu’il'surfontsollicita de se joindre à lui contre lesPersans, promettant de leur céder ton-tes les conquêtes qu’il feroit : ils répondirent" qu’ils - n’avoient pris les ar- Ce^uh'csimes que pour couvrir leurs terres, & fans aucun dessein d’offenser ni lui^Á’ya/rni le Shah. Us lui offrirent- en même tems le. passage par leur Pays j mo- î“s/syennant qu’íl n’y.cómmît point d"hostilités ; âpromettant que loríqu’il feroit « : Egypcc,-
entré dans l’Arménie majeure, de lui fournir les vivres que leurs pauvres —-
Terres produifoient. Selìm dissimulant son ressentiment,passa les-montagnes, ^ entre ^- ‘& au bout de huit jours arriva fur les bords de ì’Euphrate: il marcha le long àiiàie-> ■du Fleuve pour ne pas manquer d’eau , jusqu'à fa source dans le Mont Fe-riardo {*), où il campa.. Delà il envoya des coureurs pour prendre langue;-après avoir erré deux jours ils revinrent fans avoir fait un seul prisonnier,
& lui: dirent qtie tout le pays étoit désolé & désert. Ce rapport lui fit crain-dre qu’il n’y.eût de la trahison, & le fît"souvenir de lavis de Khefndem : il -fit cependant bonne mine, &■ ayant appris de ses guides, qu’àla droite au-delà .de la montagne on trouvoit la contrée la plus fertile de lArménie ^il prit de ce côté-là, & après une longue marche il passa 1 Aras 1 au-dessus ’de Roy (f), Sc s’avança vers les plaines de ‘Calderan (f), qui font dans •le voisinage.
Shah Ismaël', qui n’étoit pas loin, ne voulant pas laisser prendre cette Sèprfparb-ville, fe détermina à donner incessamment bataille. Mais il envoya aupa- à donnerrâvant un Héraut accompagné de quelques personnes, pour faire des repro- àvdà -ches à- Seìim d’écre entré fur fçs Terres, & lui déclarer qu’il n’ayoit qif à fe-préparer au combat pour le lendemain: en attendant ceux qui accompa-gnoient le Héraut obfervoient la disposition dircamp des Turcs. Le Sultanrépondit, en demandant qu’011 lui livrât AmuratH, promettant-de's’en re-tourner à cette condition. I-e lendemain 1 il s’avança en ordre de bataille-contre Ismaël, fans avoir pu savoir pâr-aucune voye quelles étoient'ses.forces;, les Persans étoientsi sideles à leur Prince, qn’il n’y en eût pas un seulqui-désertât pour fe rendre à Selìm , au-lieu" qu’un grand nombre de Turcspassèrent dans le camp 8 Ismaël. ■
Le Sultan, qui avoir quatrevingt - mille chevaux dans son armée, posta Ses forces, -Hassan Pacha avec la-Cavalerie Européenne à f aile droite, & Sìnan Fa--á% avec la Cavalerie d’Asie à la gauche, ayant les Akanji devant lui : les-/Jsapes- furent mis dans le Corps de bataille, L derriere eux- marchoit l’ar-tillerie,' gardée par quatre-mille chevaux. Selìm venoit enfoitè avec les Ja- 'nissaires, environné de petites pieces de campagne & de chariots, outre
' " unœ
(*) Minathi dit que de son tems onssappelloit Kh-elder; mats Tavernier, Tourntfm <£ -,
(á’aucres Voyageurs modernes alliirent que la source de l’Euphrate est à fix -journées dé -chemin d'Erzerum, dans une montagne qui fe nomme aujourd’hui Minghht, 0ll j ej .
.mille sources. , • r • • , -,
Ct).; Ce doit être au Nord de fa ville de K-,y ; cé quk peut être a quelques soixante -milles à l’Ouëíl de Tauris .' . . -
(s.) Ces plaines font suivant Mimrhi & d’autretf,.procbè ae hPy ', peut-être èr/tré cette -ville &' Tauris,• mais plus-,-voisines de la premiers que de la seconde, tirant peut«être -a»'- ■
Nord vers l’Aras, qui est l’ancien Arase.
,Bbbb Z