SELIM I. N E U V I E M E S U L T A N. ss?
siens eurent les Ambassadeurs en Jeur puissance, ils les firent mourir («) (*) > 517.
Aussitôt que Selim eut appris cet attentat, il ordonna de jetterdes pont s S;: °Hfur le Nil, & commanda à Mustapha de marcher avec toute farinée. Ì^OmfûéteSultan qui en fut informé, s avança aussitôt a la tête de cinq-mille Circaf ^^EgyS.siens de dix-mille Aiabes bien montes, 1] fit tme si grande diligence^*qu en un jour & une nuit il fe trouva proche des T ures, dans le tems qu’une Autre ba-partie des 1 roupes Grecques avoit pasle la Rivière, & q Ue le r este n'étoit/â /«,.pas encore passé, ne s’attendant pas à une visite aussi imprévue de l'enne-Sàv.mi. Mais ceux qui étoient chargés de marquer le lieu de la tente du Sul-tan, s’étant apperçus de leur approche, par les tourbillons de poussière queleurs chevaux élevoient, extrêmement surpris monterent à cheval. Selimenvoya ordre à Mustapha d’en faire autant. Les Circassiens renversèrenttout jusqu’à ce qu’ils fussent parvenus à l’Etendard. Les Turcs ayant reçu a-lors du renfort, les repoussèrent. S’étant ralliés, ils revinrent à la charge &chassèrent les sures avec un si grand carnage, que le sang couloir à grandsflots (f). Les Maures ne fe battoient que pour donner aux Circassiens letems de respirer, & tout le désavantagé étoit du côté des Turcs. Us firentferme néanmoins, mais en perdant beaucoup de monde.
A la fin Mustapha , qui étoit à la vue de Selim , voyant que les Turcs Puits ducouraient risque de perdre la bataille, plein de fureur tira son cimeter- SnlUn -re, & alla à bride abattue du côté de Taman Bey, pour lui ôter la vie& ensuite se sacrifier lui-même. Les Troupes Européennes voyant'làvaleur de .leur Général, le suivirent dans la résolution d’imiter son exem-ple j & certainement,fl le couiâge leur avoit manque, ils ne pouvoientque périr. Le combat fe renouvella donc avec tant de vigueur que ■Tuman Bey s’apperçut que les Turcs vouloient à tout prix remporter lavictoire. Alors considérant en Iui-même que d’un grand Prince il étoit de-venu un malheureux Esclave, & que du sein de l’opulence h plus im-mense il étoit tombé dans la misere, il tourna les yeux vers le Ciel, Scfit des plaintes si douloureuses, qu’il pénétra de compassion tous ceux’quiles entendirent. Après bien des exclamations & une infinité de larmesil se sauva jour & nuit, jusqu a ce qu’il arrivât à un pont, où il ssireposa quelque tems. Mustapha à la tête des Grecs le poursuivit, pen-dant que Selim reprit la route du Caire 5 mais comme le Sultan continua facourse , il demeura hors de la portée de ceux qui le suivoient. • '
- II J àr déja quatre jours & quatre nuits que le Bacha étoit à ses trous.//à,.,ses, lorsqu accable de fatigue ce Prince fut obligé de se retirer dans une PFerme de Maures: mais les Turcs qui n etoient pas moins épuisés,ne pou-voient aisément l’atteindre. Us-prirent donc le parti d’écrire aux gens- delá Ferme de faire bonne garde, & d’empêdier le Sultan daller plus lofi^
GO Angìolcllo, ubi sop.
sous
(*) Selon quelques-uns cela se fit sans la participation de Tuman Bey. IUcaut.
(j) Tuman tìey avoit dessein de pousser jusqu’à la tête du pont, pour le rompre, &empêcher par-là qu’il ne passât un plus grand nombre de Turcs ; mais' Mustapha s'yétant retiré avec les débris de ses Troupes, fit ferme, tant qu’il fut arrivé’de nou.veaux secours IUcaut.
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