SO L IM AN I. DIXIEME SULTAN. 633
Ces Chrétiens, en engagea d’autres à implorer l’affistance de Soliman contreS ectiokl’injustice de leurs voisins. C’est ainsi que Fimnche Padishahi, ou l’Empe- ii.reur de France, ne pouvant plus tenir contre les efforts des Espagnols, en- Exploits 'voya lan 949 un Ambassadeur extraordinaire à Soliman, pour faire allian-ce avec lui, & pour lui demander du secours. Le Traité ayant été conclu, de Doriile Sultan envoya Khairoidin avec une Flotte nombreuse contre les côtes des^V.Espagnols, & au commencement du Printems il entra lui-même à la tête ——de son armée en I íongrie. 11 emporta d’abord Liposa, Beczovi & Schok-lovas, que les Allemans avoient repris il y avoit deux ans. Ensuite, avan-çant plus loin dans le cœur du Pays, il s’empara d’Usturgun-Beligrad (*), deTatar-Hiffar, & d’Ustuni-Beligrad (f). Par-tout il convertit les Eglisesen Mosquées, & après avoir mis de bonnes Garnisons dans les places con-quises , il reprit le chemin de Constantinople ; mais en approchant de cet-te Capitale il reçut la triste nouvelle de la mort subite de son fils Mahomet.
II en fut si touché, qu’au-lieu du triomphe qu’il se préparoit, il entra dans1 a ville en silence & accablé de douleur. Dans la fuite, en mémoire deson fils & pour le repos de son ame, il fit bâtir à Constantinople sur lechemin qui mene à la porte dite Engi Capu (j), un beau Jami, accom-pagné de son College & de son Hôpital, qui retient encore le nom deShehzade Jami (a).
Ce récit si succìnt des Historiens Turcs demande d’être éclairci par ce Exploitsque rapportent les Historiens Chrétiens, sur-tout en ce qui regarde l’en .àclaFlot\voi d’une Flotte au secours des François, & la guerre de Soliman en Hon - te sur ‘grie. De nouveaux différends s’étant élevés entre l’Empereur & François I. qUe ‘
Roi de France, ce dernier envoya Rinéon en qualité d’Ambaíîàdeur en Tur-quie, pour solliciter Soliman de déclarer la guerre à l’Empereur, mais entraversant l’Italie ce Ministre fut assassiné par les Espagnols. Cet attentatirrita encore davantage le Roi de France, & il envoya Poìin, chargé de lamême commission. Etant arrivé à Constantinople, le Grand-Visir Solimanne lui fit pas un accueil fort favorable; mais ayant par le moyen du CapiA-ga, ou Chef des Portiers, obtenu une audience du Sultan même, ce Prince luipromit d’envoyer au Printems suivant à son Maître une Flotté aussi puis-sante qu’il demandoit. Quand la saison fut venue, le Grand-Vifir, par ja-lousie contre BarberouJJe, s’opposa dans le Confiss à'I’exécution de ce des-sein , alléguant qu’il ne voyoit aucune raison de faire une aussi grosse dépen-se , uniquement pour faire plaisir à l’Amiral. Cela n’empecha pas néanmoinsque Barbcroujsc ne fît équiper par ordre de Soliman , avec une diligence in-croyable , cent - dix Galères, & quarante Galions, & qu’il ne partît de Con-stantinople avec l’Ambassadeur de France. /
Aussitôt qu’il fut arrivé au Phare de Messine, les Pirates s’étant rendusavec leurs Gaìiotes à la vue de Rhege, commenceront à mettre leurs gens
à.
(a) Cantimir, T. II. p. 324-326.
(*) Strigonie ou Gran,
('j') Albe Royale, que les Allemans appellent Sti/l IFeifemburg. Cantimir.
(|) C’est une des vingt-huit portes de Constantinople, qui regarde Sélivrée. Cantimir.
Tome VIII. LUI