2g DESCRIPTION GÉNÉRALE
Section couteaux, des cizeaux, des rasoirs & autre coutellerie , des aiguillés, des'I. épingles, des rubans, des dagues, des boucles d’oreille, des bracelets, de pe-»Dsscrip- tites sonnettes, & autres merceries pour la parure des Femmes , íur-tout^raJtfut à pstits miroirs communs, des grains de rasade, & une infinité d’autresbagatelles de toutes sortes de couleurs & de figures, que les Maures aussi-que. bien que les Arabes aiment passionnément, & pour lesquelles ils troquent- avidement leurs plus précieuses marchandises; fans parler de seau-de-vie &
des autres liqueurs distillées, pour lesquelles ils ont une telle passion, qu’ilsdonneront un de leurs enfans pour un gallon ou deux d’eau - de-vie (a).D'ifHtìâion Jusques ici nous avons touché les principaux articles qui regardent les Na-cntre turels d’Afrique, auxquels,à Fexemple des autres Auteurs qui en ont parlé,Maures nous avons donné fréquemment le nom de Màurcs, parceque nous les regar-ra es. ( | ons ^ês-vraisemblablement, sinon certainement, comme les descendansdes anciens habitans des deux Mauritanies, dont nous avons parlé succinte-ment ailleurs (b) ; & pour les distinguer des Arabes ou Sarrasins, qui inon-dèrent les parties orientales de s Afrique vers le milieu du septième siecle,& pouffèrent leurs conquêtes avec la rapidité d’un torrent jusqu’aux extré-mités les plus reculées des Côtes Occidentales ; mais depuis ils se sont tel-lement confondus les uns avec les autres, & ont fait un tel mélange deMœurs & de Coutumes, suivant que les uns ou les autres ont eu le dessus,qu’il n’est pas aisé de les distinguer, bien-qu’entre eux ils se connoissent par-faitement. Delà vient qu’il y a des Arabes qui ont renopeé à leur vie erran-te pour s’établir dans des villes & des villages, tandis que les Maures ontrenoncé à la vie sédentaire pour errer de côté & d'autre, comme ils fontencore. Delà vient aussi, que plusieurs de nos Ecrivains qui traitent del’Afrìque, ne mettent d’autre différence entre les Arabes & les Maures. quecelle qui résulte de leur origine Africaine, supposant qu’ils sont égalementd’extraction Sarasine, & par-là les Africains naturels se perdent & sont con-fondus sous les deux noms. A quoi il faut ajouter, que par Maure les Au-teurs entendent communément un Mahométan , & se faire Maure s’est lefaire Mahométan (*), quel que l’on ait été auparavant. II est vrai que lesArabes sont les premiers qui ont introduit leMahométifme en Afrique;maisil feroit absurde de supposer qu’ils eussent pu réussir à exterminer tous lesanciens habitans, si ceux - ci avoient voulu s’y opposer, ce qui n’est nulle-ment vraisemblable. En ce cas-là il leroit plus naturel de penser, qu’un grandnombre d’entre eux auroient tâché, comme cela leur étoit aisé, de se sau-ver par la fuite, & de chercher une retraite dans les vastes chaînes de Mon-tagnes
(a) V. Léo Afrki Grammage, Sanut. Mar- (b) Hist. Univ. T. XII.viol, & c-
(*) On rapporte de Mule y hmael, ce Roi de Maroc si sanguinaire, que lorfqu’on me-na devant lui deux Esclaves Chrétiens futigifs, il leur présenta sa lance , en leur criantMaure , c’est-à-dire, faites-vous Mahométans ; à quoi l’un répondit sur le champ MaureSidy, je veux chanter Seigneur. L’autre au contraire se découvrit l’estomac, & lui dit,percez Seigneur, car je fuis Chrétien ; sur quoi !e Roi jetta sa lance par terre , en disant,ce Chien de Ch/etien a besoin de mn pout ne pas aller en Enfer , & tourna bride. II faîsoitallusion à un préjugé généralement reçu parmi ses sujets, que ceux qui mouroient. de famain alloient tout droit en Paradis. _ \
i -,