D E L’AFRIQ U E. Liv. XX. Ciiap. IV. 26Fqui s’appelloit Rabecm , quoiqu’ils lui enflent rendu fer vice,.en tuant dans ungombat un autre Seigneur, qui étoìt son ennemi juré.
Les Européens n’ont guere de connoiflance du Pays qui est au-delà dela Baye d’Antongil jusqu'à la pointe du Nord. On connoît seulement uneContrée qui se nomme Vohemaro , & dans les Cartes marines des Portugais Boa-tnartii On y cultive le riz comme dans le Canton de Galemboule. Un Orfè-vre d’Anoffi, dont les ancêtres étoient originaires de Vohemaro, a déclaré"qu’on y trouve beaucoup d’or,& l’on prétend que tous les Orfèvres d’Anof-si en font originaires. Sur la Côte Orientale de ce Pays est une Baye , autreizième degré de Latitude, qui porte Je nom de Vohemaro. Depuis laBaye d’Antongil jufqu’à l’extrémité de Fille au Nord-Est qu’on appelle, leGap Natal, la Côte court droit au Nord. II reste encore à faire la descrip-tion de la Côte & du Pays depuis l’embouchure de la Franchere, en tirant àl’Ouëst & au Nord; car la Côte tourne ainíi en rond juíqu’à la riviere & laBaye de Jonghelahe (que les Européens appellent St. Augustin) & la riviereMansiatra.
Depuis l’embouchure de la Franchere jusqu’au Cap Moncale, il y a un Côte âé?terrein sablonneux de quatre lieues ; -& depuis le Cap Moncale jufqu’à la Ca ~ a *Baye Ranoufoutchi ou Baye des Dallions, il y a deux lieues. II y a le long no ‘de cette Côte sablonneuse quelques Bois entre deux étangs ou lacs, qu’onappelle Ambmue. Sur les bords de ces lacs vers l’intérieur des terres il croîtbeaucoup d’aloé , qu’on nomme-là Tetech. Mozambique est entre le CapMoncale & la Baye de Ranoufoutchi. Le principal village de Ranoufoutchiporte le nom d 'Italie. L’entrée de cette Baye est bonne pour des barques,mais de grands Vaiíïeaux ne peuvent y pafler ; elle est exposée aux ventsde Sud-Est & de Sud , les plus dangereux dans ce Pays, & accompagnés-ordinairement de tonnerre & d’orage.
A cinq lieues de la Baye de Ranoufoutchi est la riviere de Mandrerei, yayant entre deux des étangs, que l’on appelle Anghonghs , où l’on fait unegrande quantité de sel fans beaucoup de peine. Ce Canton ne produit pointde riz, à cause que le terroir est trop sablonneux ; mais on y cultive beau-coup de coton, & on tire quantité d’huile d’une plante nommée Rìcîmis ;qui est bonne pour divers maux , & propre à en oindre les cheveux & latete. II y a environ deux-cens ans que les Portugais avoient un-Etablisse-ment ou une habitation à la Baye de Ranoufoutchi, & un Commandant queles Naturels appelloient Macînorbei , nom qu’ils avoient formé des mots MhSênor, qu’ils entendoient dire aux Portugais, & de celui de Bei, qui en leurlangue signifie Seigneur.
La riviere de Mandrerei sépare la Province d '/Impaire au levant de celle Ampatre,’de CarcanofiL Cette Province s’étend vingt lieues de France le long dé laCôte, & elle a douze lieues de largeur depuis la-mer jusqu’à-Machicore (*).
On
(*) G’est vraisemblablement le Pays oíi Drury dît qu’il y a une grande disette d’eau 3& oìi les habitans & le bétail boivent de l’eau de rosée, dont on recueille tous les matins-huit ou dix gallons dans les champs. Gette eau est fort bonne étant fraîche, mais cites’aigrit en un jour, & devient de mauvais goût (1).
(!.}, Drurj,^.- 71,