DE L’A F R I Q U E. Liv. XX. Chap. IV. Sor
bable qu elles ont été inconnues jufqu’au tems où les Portugais frayèrent lechemin à la découverte de nouvelles terres (s).
Ces Iíles font vis-à-vis du Cap Ver d, ou pour mieux dire entre ce Cap &le Cap Blanc, à environ quarante-deux lieues du Continent ; elles s’étendenten mer de façon que la plus éloignée est à foixante-dix lieues de la Côte. Ales prendre ensemble, elles gisent entre le treizième degré cinquante minu-tes, & le dix-feptieme degré quarante minutes de Latitude Septentrionale,& entre le vingt-deuxieme & le vingt-cinquieme degré de Longitude, Ouestde Londres (*). Les Géographes & les Voyageurs ne s'accordent pas furleur nombre ; les uns en comptent douze, d’autres onze, & d’autres feule-ment neuf: cette différence vient peut-être de ce que les uns comptent quel-ques Iíles, que les autres trouvent trop peu considérables pour en faire men-tion ; ou peut-être qu’il s’en trouve deux si voisines qu’elles ne font sépa-rées que par un petit canal, & que l’on en a fait une feule. Les noms desdix dont on convient font, Ilha del Sal, Ilha Buena Visio,, Ilha Mayo, Ilhade Sant Jago , Ilha del Fogo , Ilha Brava , Ilha del Sant Nicolas , Ilha delSant Lucia, Ilha del Sant Vincent, Ilha del Sant Antonio, outre quelquesautres plus petites qui n’ont point de nom (f).
On prétend que si ces Iíles n’ont pas été découvertes pour la premiersfois en 1440,elles ont au moins été inconnues auxModernes jufqu’àcetems-là, qu’un Génois nommé Antoine Nolli les découvrit. Jurin (b) assure queles Portugais ont été les premiers qui en ont fait la découverte six ans plustard (r), & Sanutus soutient que l’honneur en est dû à un Vénitien de lafamille de Cadamosto (d ), que le Prince de Portugal avoit envoyé découvrirdes terres inconnues.
Elles font aujourd’hui presque toutes bien peuplées, quoique l’air soit fortmal-fain dans quelques-unes, mais à les prendre en général il est bon,pur & serein. Ce sont les Européens qui les ont originairement peuplées,quelques-uns disent que les premiers habitans furent des criminels bannis dePortugal. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’elles étoient désertes quand on
en
(a) La Croix, T. IV.p. 6 zi.Duvity , !.c. 695. Pyrard. P. I. Jarric. L. V. C. 44.
p. 625. líerrera, C. V.
(b) Jurin. C. 6- pi) Man. Hist, Venet. L. V. DandoloL.
(c) Tbevet, Coíinogr. L. III. Linfchot. p. Vil. C. 3.
' (*) L’Iíle de St. Antoine est la plus septentrionale, & Brava la plus méridionale; SainteLucie est à l’Ouëst, & Buena Vifia à l’Est. C’est ainsi au moins qu’elles font placées danstoutes les Cartes modernes, auífi-bien que dans Herrera, Sanutus, Davity, Linfcbotcn,La Croix, & dans tous les Auteurs qu’on trouvera cités.
(f) Davity soutient à-la-vérité qu’aucune des Isles en particulier ne s’appelle YlsteduSA,& que ce nom est applicable à Buena Vista, Mayo & St. Jago, parcequ’elles fournissentplus de sel qu’aucune des autres (1).
(|) Les maladies qui règnent ordinairement dans ces Isles, font des fievres ardentes,des flux de sang, la disienterie, qui toutes font en général meurtrières. Ces maladies nefont pas néanmoins particulières au Cap Verd, elles font ordinaires dans tous les Pays quifont entre les Tropiques, ou qui y avoisinent, & où l’on a de grandes chaleurs de jour& des vents frais la nuit.
('O Vol. V. p. Sis. af fin.
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