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24 (1765) L' histoire de l'Afrique; la description générale de ce pays, celle des Isles; l'histoire de l'Abissinie, celle des royaumes qui y confinent; des principaux royaumes de la côte de Zanguebar, de Sofala; des empires de Monomotapa, et de Monoemugi
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D E LA F R I Q U E. Liv. XX. Ciìap. IV. 3 ai

Décembre jusquau 2.3 Février, les habitans furent tenus dans des allarmescontinuelles par les secousses de la terre, & par les Volcans qui se for-moient en divers endroits de rifle. La malheureuse catastrophe arrivéeen dernier lieu à Lisbonne rend ces relations moins surprenantes , bien-quel-les nen soient pas moins curieuses. Cest ce qui nous a engagés à faire f ex-trait de la Relation rapportée par la Martiniere.

Pour revenir au Pic de Ténériffe, on trouve dans Y Histoire Je la SociétéRoyale une Relation de cette montagne, qui ne peut manquer de faire plai-sir. ' Elle contient le Journal & les .Remarques de quelques Marchands An-glois, qui eurent envie dexamíner cette prodigieuse montagne jusquausommet. Après sêtre pourvus de tout ce qui étoic nécessaire pour ce vo*yage, ils partirent à cheval dOratavia, port de mer à f Ouest du Pic. ,, A- yant passé plusieurs montagnes stériles , & des plaines sablonneuses , ils arrivèrent au pied du Pic, tout le terrein est rabotteux & plein de grof- ses pierres, qui semblent être tombées du haut/ Lorsquils eurent monté lespacedun mille, ils furent' obligés de laisser leurs chevaux ,& quoique f air,, fût doux pendant le jour , il devint si froid & si pénétrant après le So- leil couché, quil fallut allumer de grands feux pendant la nuit. De-, cest-à-dire des rochers noirs qui font à un mille du pied, ils monterent jusqu à lendroit la montagne prend la figure dun cône, marchant fur,, un fable blanc, fort incommode pour les yeux à cause de la réflexion des rayons du Soleil. Quand ils furent arrivés au sommet du Pic, ils y trou- verent le vent très-fort, & une vapeur sulphureufe chaude, qui leur bru-,, loi t le visage, & rendoit la respiration pénible, quoique cette difficulté de respirer pût être causée par la raréfaction de fAthmosphere à u- ne si grande hauteur. Lendroit ils étoient pouvoit avoir une verge de largeur, & for moi t le bord du Volcan quon appelle le Chimiron du Diable ; ils jugèrent quil pouvoit avoir une portée de mousquet de lar- ge & environ quarante verges de profondeur; il a la sonne dun enton- noir, & les bords font couverts de petites pierres détachées, mêlées de fable & de fouphre, d il sortoit des exhalaisons chaudes & étouffantes. Us descendirent environ cinq verges dans ce gouffre, mais trouvant quils,, glissoient ils isolèrent fe hazarder plus loin , quoique lon prétende que dautres Voyageurs font descendus jusquau fond. Us remarqueront au- tour de la branche du Volcan un fouphre pur adhérent aux pierres, en forme de cristaux comme du sel. Du sommet du Pic ils découvrirent fans,, peine les líìes de Gomere, Palma, la grande Canarie & Ferro, quoique,, cette derniere en soit à plus de vingt lieues : le canal qui les sépare, bien- quil ait plus de dix lieues de largeur, ne leur paroissoit que comme une,, rivière ordinaire. Quand le Soleil parut, sombre de la montagne sem» bloit couvrir non feulement fille de Ténériffe & la Grande Canarie,mais toute la mer, jusquà lhorizon, la pointe de sombre paroissoit se re- lever dans lair. Quelquefois, & fur-tout pendant les vents de JYord- Ouest, les nuées font suspendues au-dessus du Pic & fenveloppent, ce que les habitans regardent comme le prognostic certain de quelque tem- pête. U y a fur le sommet plusieurs excellentes sources deau ; sans-doute que nos Voyageurs veulent parler des autres montagnes j car tous lesTome X. S s Au-