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24 (1765) L' histoire de l'Afrique; la description générale de ce pays, celle des Isles; l'histoire de l'Abissinie, celle des royaumes qui y confinent; des principaux royaumes de la côte de Zanguebar, de Sofala; des empires de Monomotapa, et de Monoemugi
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4 2 8 HISTOIRE DE LE M P I R E

Sìïctîûsí Ecrivains que nous avons suivi jusquici, & nous passons à dautres plusV1 - dignes dattention.

Couver- Nous avons déja insinué que la Couronne dAbissinie est héréditaire, &quelle doit rester dans la même famille, cest-à-dire dans celle des descen-tfAbis- dans de Menihelech leur premier Monarque ; mais la succession n'est pas tel-íìníe îs'c. lement limitée au droit daînesse, que lEmpereur ne puisse, sil le juge à-lÔcÔÛ propos , passer les aînés, & choisir un plus jeune , quil aime davantage ,r onne e ji ou quil regarde comme plus digne du Trône, c est ce qui a été souventhéiéditai- Lt lòurce de bien des jalousies & de dissensions'entre les Princes, & sou-re. Prison vent âL longues & sanglantes guerres, & ce qui selon les apparences donnaJuSan^ li £U à la,coutume rigoureuse quon suivoit, de confiner tous les Princes duù Sang fur ìa montagne dAmbaguexen, dont nous avons fait la descriptionplus haut. On peut voir dans les Remarques ce quon dit de lorigine & delabolition de cette coutume, qui paroît plus singulier que bien clair (*)Quelle quen ait été lorigine,il est certain que tant quelle a subsisté, on ti-roir de- celui qui devoir monter sur le Trône, pour linvestir des marquesde la Royauté. Jusquà ce tems- ceux qui dévoient succéder à lËmoire é-toient gardés fort sévèrement, aussi-bien que les autres Princes, & lon ne per-mettoit à personne dapprocher deux ; & ni message, ni Lettre, ne pouvait

leur

(*) On dit que cette rigoureuse coutume fut introduite lan 1260. LEmpereur L,hmA m lac légua lfímpire à ses cinq dis, dautres disent à neuf, à condition qu iis gouver-neroient alternativement chacun un an, selon leur rang danciennt-. Le plus jeune, nom- Free Hecamp, neut pas la patience dattendre que son tour fût venu ; piqué de voirceux de ses freres qui avoient déja régné au leur , assis à une table distinguée , tandis quelui & les autres étoient à une autre, & obligés de passer dans un autre chambre pour se la-ver les mains. pareequ:- la bienséance ne permet pas de le faire en présence de ses supé-rieurs , ce jeune ambitieux forma le projet dabolir ce Gouvernement annuel, & de sem-parer de toute lautorité.

11 ne put exécuter un projet G hardi fans en faire part à un ami, qui trouva quec'étoit un secret dangereux à garder, en forte quau lieu de réussir ce -rince fur pris aupiege quil vouloir tendre aux autres ; car aussitôt que son tour de monter fur le Trôneapprocha, comme il prenoit des mesures pour mettre ses fr-'res dans quelque lieu sûr,tel que Guexen, son confident révéla tout le mystère à celui qui regnoit; il goûta si bienle projet, quil en relégua lAuteur avec tous tes autres freres fous bonne & sûre garde àAmbaguexen, comme dans lendroit le plus propre à son but Peu de teins après, étantcomme Hérode devenu jaloux de ses propres enfans, il les envoya dans cette même pri-son. Voilà en substance ce que nos Auteurs disent (1) de lorigine de cette coutume déna-turée, qui a duré un peu plus de deux-cens ans.

Voici ce qui a donné occasion à son abolition par Nahod, pere AOnak iegia-d, le der-nier quon ait tiré de cette prison pour le faire Roi. Nahod eut plusieurs enfans, & unjour quil jouoit avec un qui pouvoit avoir huit ou neuf ans, & quil aimoit beau-coup, un Conseiller qui entra, lappercevant auprès de son pere, dit au Prince que cetenfant devenoit grand-, lenfant qui a volt de lesprit au-delà de son âge, entendit ce que ce-la vouloit dire, & regardant son pere en pleurant, Quoi! ne fuisse c; û que pour être envoyéb An,bu - Guexen ! Le Pere touché de ce reproche résolut dabolir cette barbare coutume,& fit non seulement serment lui-même, mais obligea tous ses Conseillers & ses Officiers dejurer, que ni ses fils ni ceux daucun Empereur ne seroient plus relégués dans cet,endroit.Ce Serment a été si fidèlement gardé depuis, quon ny a plus envoyé de Prince de lapa.mille Royale (2).

(1) TeUtz., ^Umtviia, L tin ,Pei:at, Unlelyh & (r) Lcsmêmes. Voy. sux-tcut LAa T, I, p. 322,

->!< iéji, cit.