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24 (1765) L' histoire de l'Afrique; la description générale de ce pays, celle des Isles; l'histoire de l'Abissinie, celle des royaumes qui y confinent; des principaux royaumes de la côte de Zanguebar, de Sofala; des empires de Monomotapa, et de Monoemugi
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QUI CONFINENT A LABÍSSINIE. Liv. XX. Chap. VI. 611

tendre en Abiffinie. Mais tandis qui! fajsoit îes préparatifs néceífaires, ils Sectiok'avoient déja gagné Debaroa, ville de la dépendance de l'Abifsinie ; le Bahrna- , Hgas, qui commandoit dans la Province, leur avoit fourni par ordre de im-

pératrice qui étoit venue les trouver, toutes sortes des provisions, avecvoitures & îes montures nécessaires pour continuer leur marche. Etant par- d' Adel. "

ris de Debaroa, ils marchèrent pendant huit jours par un Pays rude & ra- .

boteux, que le Roi dAdel avoit conquis, & arrivèrent dans de belles plai-nes, remplies de Chrétiens, qui gémissoient fous le joug des Mahométans,

& qui vinrent dabord fe soumettre à Dom Chriflophle. Après trois joursencore de marche ils arrivèrent dans une plaine fort agréable, ils trou-vèrent une fontaine de fort bonne eau, autour de laquelle ils campèrent.

Ce fut- quils repurent un message très-fier de la part du Roi d'Adel (*), Mepg?qui leur fit demander qui ils étoient, de la part de qui ils venoient, & d'Addleur fit savoir que ces Royaumes étoient à lui, conquis par fa valeur & * Jcelle de fes soldats, avec fafsistance de son Prophète Mahomet; que néan-moins ,puifquiîs étoient venus si loin,sils vouîoient entrer à son service, iiîes recevroit non seulement comme des amis& des alliés, mais leur donne-roit de belles terres & de bons appointemens, suivant leur qualité; que silsne vouîoient pas accepter ces offres, ils eussent à fe retirer au plus vîte,fau-te de quoi ils feroient traités en ennemis & taillés en pieces.

La réponse de D. Chriflophle fut digne de son rang & de íà naissance, & Réponse dsil témoigna un grand mépris pour le Roi dAdel, auffi-bien que pour fes Gaina,promesses & fes menaces ; elle revenoit en substance à ceci, quil étoit unCapitaine du Roi de Portugal, par le commandement exprès duquel il étoitvenu en ce Pays-, pour rétablir lEmpereurdAbissinie dans fes Royaumes,que le Roi de Zeila avoit envahis. Cette réponse, jointe au présent debagatelles quil envoya ou à ce Prince, ou à son Général, car cest ce quiest douteux, & au beau présent quil fit au messager (a), détermina bientôtle Roi Maure à en venir à une action, dont nous ne répéterons pas les cir-constances , que nous avons rapportées ailleurs ; le combat fut si rude, queles Généraux de part & dautre furent blessés, le Maure le fut plus dange-reusement que f autre, ayant eu son cheval tué fous lui, & reçu un coup àla jambe, quun Portugais lui tira (b). Ce fut un bonheur pour les Portu-gais,

(«) Voy. Ch. V. Sect.lX. O)-même.

(*) II fera bon de remarquer que TeUez (i) & ceux qui lont suivi, par mépris ou parquelque autre raison qui ne nous intéresse point , ne donnent constamment à ce braveGuerrier que le nom de Général ou de Grand-Viíìr duRoi dAdel, fans nommer jamaisson Maître, ni le faire paroître sur la fcene(2). Mais nous croyons que lautorité duPatriarche Bermuilez doit lemporter ; il étoit a la tête de lexpédition dAbiflìnie, il endirigea presque toutes les opérations, & se trouva dans toutes les occasions avec Gantaiil devoit donc naturellement être le mieux instruit de la qualité du Chef des Maures,quil appelle par-tout Roi dAdel. Ce qui prouve encore quil létoit, ceft ce que iePatriarche rapporte, qu'après que ce Prince eut été tué & fa Veuve faite prisonnière,lEmpereur la fit épouser au Général qui commandoit alors les Portugais, & lui don-na deux Royaumes tributaires, avec toutes Ies marques de la Royauté, pour que cet-te Princesse ne perdît pas son rang, ainsi que nous Pavons vu dans le Chrípitre pré-cédent.

fi) Ttlltt, L, II, C, 8, p, 70,113 &c, (2) LutlolphL, I, C. 16. 544, & alib. passim»

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