OCCIDENTALE D’AFRIQUE. Liv. XX. Chap. IX. 59ee de ranimât quand on le tue. Les Portugais ont, dit-on , une méthode Sectionparticulière d’en faire l’épreuve; ils posent la corne la pointe contre terre, L& suspendent au • dessus à un fil une épée nue, dont la pointe touche 1 ^corne. Si elle est bonne, l’épée tourne, sinon elle reste immobile. On fait medcît aencore des os râpés de cet animal, & mêlés avec de l’eau une espece de ca- guela.taplasme contre les douleurs intérieures ; ce cataplasme attire toutes les mau- —vaises humeurs en dehors, & par-là procure une parfaite guérison sansautre remede (a) (*).
SECTION II.
Relation de la Nation sauvage des Giagas: premiere connaissance qu'en onteu s les Européens; leur invasion, dans le Renguela ; leurs Guerres, Ravagesb Coutumes barbares &c.
L Es Européens appellent cette Nation barbare de Cannibales, qui s’est Spct:obrépandue dans la plus grande partie de la Basse Ethiopie, Gagas , Gia- n.
gas, Claquas, Jagos ou sagas. 11 s font divisés comme les Arabes, enerrans & fixes. 11 est vrai qu’ils paroissent tous avoir originairement mené A gas ‘ ,une vie errante, & subsisté en pillant & ravageant les autres Pays ; mais Retatîms’étant enrichis ils ont cherché naturellement à se fixer, desorte que quand des Grâ-ils ont trouvé des Contrées fertiles & bien cultivées, ils s’en font emparés § as *
& s’y font établis, se contentant de faire des excursions de côté & d’autre,pour retourner chargés de butin dans le sein de leurs familles. De-lâ vientqu’on les trouve nombreux & puissans dans les Royaumes de Matamba,d’Anziko, de Fungueno, & en d’autres, mais fur-tout dans celui de Ben-guela. Après en avoir ravagé & presque ruiné la plus grande partie, fousla conduite de leur belliqueux Chef nommé Giaga Kajsangi, ils s’établirentdans un des Cantons les plus commodes, où du tems de Battel le Chef te-noit fa Cour, si l’on peut donner ce beau nom à un amas informe de mau-vaises huttes de terre & de chaume, qui couvroient un grand terrein,environnées d’une forte haye d’épines ; car telle étoit la résidence de ceChef & de ses successeurs, située au feptieme degré & demi de Latitu-de Méridionale.
Quoique nous devions retrouver ces Barbares en divers autres endroits de Commiscette côte, nous croyons que c’est ici le lieu naturel de rapporter ce que/* Kfí íl’on en fait, par la Relation de notre compatriote Battel, parceque c'est âàâ
dans
(s) Pur chat 1 . c. Pigafet Congo L. II. C. 5. Cavazzi Congo Vol. L p. 56.
(*■) Nous passons fous silence les autres animaux de ce Royaume: ce font les mêmesdont nous avons parlé dans la description générale d’Afrique; il y a des éléphans, desrhinocéros & des ânes sauvages. Nous remarquerons seulement sur l'autorité du petitnombre d’Européens qui ont été dans ce Pays , que les animaux tant domestiques quesauvages, y font d'une taille extraordinaire, sur-tout le crocodile & l’hippopoUHie, quifcnt très-féroces & dangereux (r>
(1) rarchm P. N. p. S87,
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