2Z6 HISTOIRE DES PAYS DE LA COTE
Sscxion poser son Etendard Royal. Le Giaga, épouvanté de se voir ainsi envelop-11. pé, & sans espérance d’échapper à la colere de la Reine justement irritéeF ‘f :1 fpn n . contre lui, prit le parti de lui envoyer des Députés pour lui demander par-re àu fion & lui donner des assurances d’un dévouement parfait le reste de fa vie.Royaume Mais pendant qu’elle écoutoit les Députés du Giaga, les plus braves de soná’Ángola. armée, qui connurent la résolution de leur Chef & qui la regardoient com-.. 11 me une lâcheté, prirent le parti de s’ouvrir un chemin a u travers des trou-pes de la Reine, fondirent fur elles & les mirent d’abord en désordre. LaReine les ayant alors fait prendre en flanc & en queue, on en fit un grandcarnage. 11 n’y eut que les plus légers à la course qui gagnèrent la Riviè-re Lucalla, la passerent à la nage, & fe rendirent à la Garnison Portugaisede la Forteresse d’Embacca, dont ils espéroient un meilleur quartier que destroupes de la Reine : effectivement elles n’en firent qu’à quinze-cens hommesqu’elles firent prisonniers. Le Giaga Calanda fut du nombre des morts. Onprésenta fa tête à la Reine, qui renvoya sur le champ au Viceroi de Luan-da, lui faisant connoître par-ïà qu’elle savoit aussi bien tenir sa parole, quese venger de ceux qui lui en manquoient (a).
Zingha retourna triomphante à Sainte - Marie, de Matamba sur la finde Mars 1658 , résolue de punir le Roi d’Ajacca, qui pendant son absenceavoit eu la témérité d’entrer dans ses Etats. Sa santé ne lui permettant pasalors de se mettre à la tête de son armée, elle en donna le commandement,à Bariangmga , un de ses Généraux, Officier brave & expérimenté. II nefut pas moins heureux que fa Maîtresse, & obligea bientôt Faggresseur de fesoumettre aux conditions que la Reine voulut lui imposer.
Acciànt Le. P. Antoine étoít allé faire une course pour la propagation de l’Evan-quìpense gile. Pendant son absence il arriva un accident qui pensa avoir de fâcheu-éit-e fhíal f es f tì i[; es pour le Christianisme. Un des plus anciens Officiers de l’Etat vinttianisme" ^ mourir ; la Reine le considérait beaucoup; if avoit été baptisé, mais vi-voit dans un grand libertinage ; & il mourut fans que le P. Antoine pût leréconcilier avec FEglife. 11 n’étoit resté dans le Couvent que le P. Benoit -île Luzignana & unFrere-lay. La Reine leur- fit dire qu’elle fouhaitoit qu’onenterrât le défunt en Chrétien, le Pere le refusa opiniâtrement. La Reineen fut si outrée, qu’elle donna permission de Fenterrer à la maniéré des Gia-gas ; on prépara dans la Forêt le Tombo, avec le nombre de victimes- humai-nes qui dévoient être égorgées selon fa qualité. Ce qu’il y eut de plus étran-ge, c’est que.Ia Reine íè rendit avec toute fa Cour pour assister à cette abo-minable cérémonie, non fans sentir de grands reproches de fa conscience.Elle consoloit déja les victimes destinées à la mort, & aurait passé outre fiun événement imprévu ne Favoit arrêtée.
Le Frere Ignace, qui avoit fait inutilement ses efforts pour persuader auPere d’obéir aux ordres de la Reine afin de prévenir des suites fâcheuses,transporté de zele prit le Crucifix entre ses bras, & courut au Tombo,criant à.haute voix par le chemin, que celai qui es de Dieu suive limage dcJésus-Christ crucifié. II rencontra un des décrétasses-d’Etat & un autre Or-ffcier, qui alloient au Couvent pour prendre, des mesures, afin d’empêcher
(a) Le mêrin, p. 166*