OCCIDENTALE D’AFRIQUE. Liv. XX. Chap. XII. 277le corps divers ustensiles, un pot, une pelle de bois, une fléché, une ca- Sectionlebasse, une tasse pour boire, du tabac, une pipe, un bâton, une lance &c. JLLes cris & les lamentations continuent pendant deux ou trois mois, de lamême maniéré qu’on l'a vu plus haut. Les recherches, pour connoître la ^cause de sa mort, se font avec les formalités ordinaires, par les plus proches Mœursparens. Comme ce n’est qu’une pure comédie de la part des prétendus Sor- &c. du.ciers, où l’on ne voit rien de satisfaisant ni de raisonnable , nous la ren- ^Loan-voyons aux Remarques (*), & nous terminerons l’artide des funérailles, en A, a
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C) Elle se réduit principalement à consulter l’Enganga, pour savoir si un tel est mort -par quelque sortilège; en ce cas qui est celui qui a fait le coup , pour lui faire souffrir lajuste peiné qu’il a méritée.
L’Enganga est astis à terre derriere fa hute avec un grand couteau devant lui, il letouche & le presse souvent avec lés doigts, demandant au prétendu. Esprit, si un tel qui estmort & enterré, a été tué par son Mokisso pour avoir violé quelqu’une de ses ordonnan-ces, ou si quelque ennemi l’a fait mourir par sortilège? 11 se frotte ensuite les mains,
& si immédiatement après il les frappe l’une contre l’autre , en discontinuant de lesfrotter, c’est une marque que la personne est morte par la volonté du Mokisso & nonpar sortilège; mais s’il se frotte les mains & les frappe alternativement , ils en con-cluent qu’il y a eu du sortilège; l’Enganga réitéré alors ses questions: Le sortilège a-t-il caulé la mort du défunt? Qui a fait le coup? Etoit-il des amis ou des ennemisdu Mort? Est-ce un homme ou une femme? Où demeure-t-il ? Par quel Mokisso a-t-il fait le coup? Si l’Enganga ne donne point de réponses satisfaisantes à ces ques-tions, ce qu’il hazarde rarement de faire, ils passent quelquefois deux ou trois mois àcourir d’un bout du Royaume à l’autre, consultant tous les Engangas & tous les Mokis-sos, jusqu’à ce qu’ils puissent par conjecture ou autrement faire tomber leurs soupçonsfur quelqu’un, ou fur quelque village où il demeure. Quand ils en sont venus-là, ilss’adressent au Roi, ou au principal Bonda, pour qu’il fasse subir à tout le monde l’épreu-vedu Bonda. Le Roi nomme ordinairement neuf ou dix personnes pour juger l’affaire. 11ss’asséyent dans le grand chemin â terre en demi cercle, & somment tout le village de.comparoître. Ceux qui s’absentent, hommes ou femmes, sont censés coupables, desortequ’ils n’osent manquer à l’aíîìgnation. Les Accusateurs & les Accusés ayant été oiiis, onprésente la liqueur Bonda k chacun des derniers; pendant qu’ils la boivent les juges frap-pent leurs tambours avec de petits bâtons, ensuite ils coupent les bâtons , les jette parterre & ordonnent aux accusés de marcher dessus, les sommant de tomber s’ils font cou-pables, on de se soutenir sur leurs jambes & d’uriner librement, s’iis n’ont rien à se re-procher. Si quelqu’un a le malheur de tomber, il est tellement étourdi par les cris affreuxdes affistans, qu’il ne peut fe relever, & est déclaré coupable ; mais ceux qui ont le bon-heur de fe soutenir & de pisser sur quelqu’un des morceaux des bâtons, sont reconduitsen triomphe chez eux.
Si te us les hommes échappent à cette épreuve, les femmes sont forcées de boire aprèseux , & si quelqu’une a le malheur de tomber, elle reçoit aussitôt la mort comme les hom-mes. 11 arrive souvent que ces malheureuses victimes de la superstition & de l’imposlurefont presque mortes avant que d’arriver au lieu de l’exécution par les coups qu’on leurdonne ; jeunes & vieux , hommes & femmes, se font un barbare plaisir deles faire souffrir.
Nos Auteurs ne disent pas exactement quelle est la liqueur que ks Boudas donnent àboire, seulement Ogilky, qui rappelle Imbonda , dit que c’est le jus d’une racine de sixpouces de long, qui ressemble à une carotte blanche. II ajoute que la liqueur qu’on cntire est excessivement amere, & si forte qu’une feule racine peut suffire à éprouver centpersonnes; d adleurs elle est. si astringente qu’elle cause une suppression d’urine, & monteà la tête; il est vrai qu’il semble convenir qu’die acquiert plus de force par les conju-rations de l’Enganga. Mais en ce, cas-Iá, pourquoi en donner à chaque personne unesuffi forte dose, que î’est une pinte & demie? Car Battel, qui eut la curiosité d’engoû-ter, la trouva si mauvaise, qu’il semble impossible, sur-tout qu’une femme en avale cet-te quantité. Quoi qu’il en so.it,, on peut inférer de tout le procédé , qu’elle enyvre ex-
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