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25 (1765) La suite de l'histoire d'Afrique; des différentes nations des Hottentots, avec la description de leurs côtes et des établissemens des Hollandois parmi eux; celle des royaumes de Benguela, de Congo, d'Angola ...
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ZV2 HISTOIRE DES PAYS DE LA COTE

ïieft assis que fur un íìege <f environ une palme de 'hauteur. Les person-nes les plus qualifiées peuvent sasseoir fur un tapis en présence du Roi,mais ils doivent Détendre eux-mêmes. Lorfquon parle au Roi il faut êtreprosterné, & avoir la bouche presque collée à terre; ou si lon fe tient de-bout , il faut avoir tout le corps incliné & presque en double. Si le PrinceVient à éternuer, â tousser ou à lâcher un vent, tout le monde fait desvœux pour fa conservation ; ceux qui font les plus proches de fa personne,frappent aussitôt & tous ensemble sur de petites timbales, afin davertìrceuxqui font plus éloignés , & dans le même moment on bat des mains & lonfait des vœux pour la santé du Roi (ct).

Habits des Les habits des Giagas ne font pas fort somptueux, â f exception de ceux

«Giagas. des Gens de qualité. Les hommes & les femmes du commun vont non feu-lement pieds & tête nue., mais ils nont rien du tout fur le corps, sinonautour des reins un morceau détoffe qui leur couvre à peine la moitié descuisses. Si les Princes, les Grands & les Personnes de quelque distinction,font plus magnifiques, c'est plus par orgueil & par ostentation, que par unprincipe de pudeur ; car cest une vertu contre laquelle leur Législatriceles a munis par quelques-unes de ses Loix, & dont tous les Negres font peude cas ; ainsi quelques beaux habits que les Grands portent, ce nest quepour lornement & non pour fe couvrir. Battel , qui avoit servi fous Calan-dola Chef des Giagas, a fait la description de lhabillement & de la parure dece Général ; nous Pavons rapportée plus haut (b). Pour ce qui est des fem-mes , quoiqu elles ne portent quun pagne autour des reins, elles ont la va-nité de fe -charger les bras, ks jambes & le col de colliers & danneaux, decoquilles, de coraux &c. mais elles ont la bizarre coutume de sarracherquatre dents, deux en haut & deux en bas ; celles qui nont pas le couragede le faire font méprisées des autresqui ne veulent point avoir de com-merce avec elles (*).

Nous

i/i) Lahat 1 . c. p. 156& fuiv. (£) Voy. Ch. IX Sect. IL

_(*) Nous avons déja remarqué, fur lautorité clu P. Cav^zzi,. -qu'il riy a guere defemmes á qui lon permette délever leurs enfans , & quen plusieurs cas les Quixilles lesobligent à les faire mourir. Battel est daccord avec lui fur cet article,& il nous ap-prend de ..quelle maniéré ils sy prennent pour fe recruter nonobstant cela; nous lavonsrapportée ailleurs 1). On a vu plus haut que leur barbare Législatrice fur obligée pen-dant fa vie dapporter quelque adoucissement á cette inhumaine Loi, non seulement à cau-se quelle tendoit à détruire la Nation, mais aussi à cause du mécontentement de la plusgrande partie de ses sujets, qui ne pouvoient pas fe dépouiller aussi aisément que cetteJigresse de ia tendresse naturelle pour leurs enfans, & sexpoferoient â tout pour lesconserver hors du camp, malgré la rigueur de ses Edits. Elle permit donc den introduire detems en tems un certain nombre dans le Chilombo ; le P. Cœvazzi, qui a vu plus dunefoisla cérémonie de cette introduction, nous en a laissé la description.

Quand ies parens ont obtenu du Chef du Chilombo, avec bien cle la peine, & aprèsdes sollicitations réitérées, la grâce que leurs enfans soient reçus, il marque le jour deîa cérémonie, Cest un jour de Fête pour toute la Nation. Le Chef du Chilombo pa-rois avec celle de ses femmes quil aime le plus, accompagnés de toute leur l^lique.Cependant les meres & les enfans font cachés dans des buissons. Les Troupes diviiées«b plusieurs corps commencent un combat feint, chacun à lenvi fait voir son adres-

( 1 ) Voy. Ch. IX. Seft, II,