ZV2 HISTOIRE DES PAYS DE LA COTE
■ïi’eft assis que fur un íìege <f environ une palme de 'hauteur. Les person-nes les plus qualifiées peuvent s’asseoir fur un tapis en présence du Roi,mais ils doivent Détendre eux-mêmes. Lorfqu’on parle au Roi il faut êtreprosterné, & avoir la bouche presque collée à terre; ou si l’on fe tient de-bout , il faut avoir tout le corps incliné & presque en double. Si le PrinceVient à éternuer, â tousser ou à lâcher un vent, tout le monde fait desvœux pour fa conservation ; ceux qui font les plus proches de fa personne,frappent aussitôt & tous ensemble sur de petites timbales, afin d’avertìrceuxqui font plus éloignés , & dans le même moment on bat des mains & l’onfait des vœux pour la santé du Roi (ct).
Habits des Les habits des Giagas ne font pas fort somptueux, â f exception de ceux
«Giagas. des Gens de qualité. Les hommes & les femmes du commun vont non feu-lement pieds & tête nue., mais ils n’ont rien du tout fur le corps, sinonautour des reins un morceau d’étoffe qui leur couvre à peine la moitié descuisses. Si les Princes, les Grands & les Personnes de quelque distinction,font plus magnifiques, c'est plus par orgueil & par ostentation, que par unprincipe de pudeur ; car c’est une vertu contre laquelle leur Législatriceles a munis par quelques-unes de ses Loix, & dont tous les Negres font peude cas ; ainsi quelques beaux habits que les Grands portent, ce n’est quepour l’ornement & non pour fe couvrir. Battel , qui avoit servi fous Calan-dola Chef des Giagas, a fait la description de l’habillement & de la parure dece Général ; nous Pavons rapportée plus haut (b). Pour ce qui est des fem-mes , quoiqu elles ne portent qu’un pagne autour des reins, elles ont la va-nité de fe -charger les bras, ks jambes & le col de colliers & d’anneaux, decoquilles, de coraux &c. mais elles ont la bizarre coutume de s’arracherquatre dents, deux en haut & deux en bas ; celles qui n’ont pas le couragede le faire font méprisées des autresqui ne veulent point avoir de com-merce avec elles (*).
Nous
i/i) Lahat 1 . c. p. 156& fuiv. (£) Voy. Ch. IX Sect. IL
_(*) Nous avons déja remarqué, fur l’autorité clu P. Cav^zzi,. -qu'il ri’y a guere defemmes á qui l’on permette d’élever leurs enfans , & qu’en plusieurs cas les Quixilles lesobligent à les faire mourir. Battel est d’accord avec lui fur cet article, ■& il nous ap-prend de ..quelle maniéré ils s’y prennent pour fe recruter nonobstant cela; nous l’avonsrapportée ailleurs 1). On a vu plus haut que leur barbare Législatrice fur obligée pen-dant fa vie d’apporter quelque adoucissement á cette inhumaine Loi, non seulement à cau-se qu’elle tendoit à détruire la Nation, mais aussi à cause du mécontentement de la plusgrande partie de ses sujets, qui ne pouvoient pas fe dépouiller aussi aisément que cette’Jigresse de ia tendresse naturelle pour leurs enfans, & s’expoferoient â tout pour les•conserver hors du camp, malgré la rigueur de ses Edits. Elle permit donc d’en introduire detems en tems un certain nombre dans le Chilombo ; le P. Cœvazzi, qui a vu plus d’unefoisla cérémonie de cette introduction, nous en a laissé la description.
Quand ies parens ont obtenu du Chef du Chilombo, avec bien cle la peine, & aprèsdes sollicitations réitérées, la grâce que leurs enfans soient reçus, il marque le jour deîa cérémonie, C’est un jour de Fête pour toute la Nation. Le Chef du Chilombo pa-rois avec celle de ses femmes qu’il aime le plus, accompagnés de toute leur l^lique.■Cependant les meres & les enfans font cachés dans des buissons. Les Troupes diviiées«b plusieurs corps commencent un combat feint, où chacun à l’envi fait voir son adres-
( 1 ) Voy. Ch. IX. Seft, II,