OCCIDENTALE D’AFRIQUE. Liv. XX. Chap. XIV. 437
remarquent quelque nuage fur sa phisionomie. Despotisme qui a produit de Sectionfâcheux effets fous de mauvais Directeurs, & qui ne peut jamais être uti- V.le que pour hâter les opérations du Commerce, & pour prévenir les divisions Wfts re deparmi les Officiers de la Compagnie. Bosman , qui sentoit que les affaires ^'OrEta-ne peuvent jamais aller bien fous un pareil Gouvernement, exhorte la Com• bhftmempagnie à retrancher un peu du crédit du Directeur; il fait voir les grands da lìuro-avantages qui résulleroient d’une administration plus réglée & plus égale, où P&nsifc.l’on auroit plus d’égard à Fintérêt de chaque particulier & à la justice. Enun mot, pour finir, comme tous les Employés de la Compagnie ne vontqu’au nombre de soixante, il n’en est aucun qui ne puisse, s’il se conduitbien , parvenir aux postes les plus honorables &les plus lucratifs («).
Nous passons à la Description de Cap Corse , ou comme le nomment les Dcscnp.Anglois Cape-Coaft, le principal Etablissement des Anglois fur la côte de àGuinée. Nous dirons néanmoins auparavant un mot d’un village conlìdé- ^’Osgwa.rable situé entre _ d’Elmina & le Cap Corse ; c’est celui d’Agua ou Oegwa.
Suivant Anus , il est situé sur la pente d’un terrein qui s’éleve par degrés,
& défendu par des rochers, contre lesquels les îlots se brisent avec tant deviolence, qu’on en entend le bruit de fort loin (/;). Barbot dit que ce vil-lage contient environ cinq-cens maisons séparées par des rues étroites & tor-tues, & que de la mer on le prendroit pour un amphithéâtre (c). Des Mar-chais n’y compte que deux-cens maisons, disposées en rues bien allignées,avec une grande place au milieu, dans laquelle on tient tous les jours unmarché, où l’on trouve pour de For tout ce qu’on peut souhaitter (d). Lesmaisons font de terre mais propres, & la plupart meublées de chaises, debancs, de nattes, de pots de terres, & même de miroirs que les habitansachettent des Européens. II n’y a pas de village fur toute la côte où il y aitune plus grande abondance de provisions, que l’on y a apporte des Cantons -voisins, & qui s’y débitent les jours de marché. On y trouve aussi une assezgrande quantité d’or, qui vient de Fétu, d’Abrambo, d’Aífiento & deMan-dingo (e). L’or se vend au poids, & les Negres ont des balances fort jus-tes, qu’ils savoient faire avant que d avoir commerce avec les Européens,ce qui prouve qu’ils n’ignorent pas entierement ce qu’il y a de plus délicatdans la Méchanique. Après For , il n’y a pas de marchandise plus abon-dante que le poisson, dont il se pêche une prodigieuse quantité fur la côte.
Quoique les habitans soient portés à la guerre, ils s’occupent en teins depaix principalement à la Pêche & à l’Agriculture. Ils font fort adroits â jet-ter le filet, & à pêcher à la ligne, & leur intrépidité à braver le mauvaistems est fans égale. Le Mécredi est le seul jour de la semaine qu’ils ne tra-vaillent point, parcequ’il est consacré à l’honneur du Fétiche. Leur har-diesse a aller a la pêche dans Je mauvais tems vient peut - être moinsde courage que d insensibilité. Philips assure les avoir vu boire & man-ger fur des barrils de poudre, qu’ils achettent des Anglois, fans craindred’y laisser tomber des étincelles de leurs pipes, qu’ils ont continuellementà la bouche (f). Le
(a) Bosman Lett. vu. p. 107 & íuiv. (D Des Marchais T. I. p. 266.
G) Anus ap DeBry, P. Vi.p. 114. (c) Bar bot, 1 . c.
<0 Ba,but P • ioS - (/) Philips, p. 207.
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