47Z HISTOIRE DES PAYS DE LA COTE
SiicnoN vertu des remedes, soit par sa bonne constitution, le Prêtre-Médecm ?»êVIÍ - manque pas d’être bien récompensé; car, dit Bosman, les Negres ne fontKem^Je! ' point entachés de cette noire ingratitude dont Fockenbrog nous accuse, de ha?r&c. Relias Médecins comme le Diable, dèsqu’íls font guéris; au-contraire ils Féieventginn des jusqu’aux nues, & le payent libéralement. 11 est vrai que sl le malade vientNígrss de à mourir après qu’on a fait de grandes offrandes, on s’en prend à l’igno*rance ou à la fourberie du Médecin, façon de penser qui n’eít pas particu»' liere aux Negres. II arrive souvent que l’on congédie le premier Méde-cin , & que l’on en appelle un autre, qui recommence la cure sur nouveauxfraix, & qui sait bien faire son profit du malheur de son confrère. Lapremière chose qu’il fait, c’est de condamner, comme nos Médecins, toutce que l’áutre a fait, & de Faccuser d’ignorance dans fa profession. 11 or-donne ensuite de nouvelles offrandes, car craignant le fort de son prédé-cesseur il se hâte de profiter de l’occasion. Quelquefois les Negres chan-gent vingt fois de Médecin, ce qui augmente toujours les dépenses, &souvent le mal du malade, qui meurt vraisemblablement entre les mains decelui qui est appelle le dernier, laissant la Faculté héritière de fes biens. Car lesNegres sont si portés à faire des offrandes, qu’ils y contraignent quelquefoisles Prêtres (a).
Bosman rapporte que les jeunes Negres qui sont au service des Européens,& qui ont un bon Maître, vont à son insu, dèsqu’il a la moindre indispo-sition , trouver le Prêtre pour faire des offrandes aux Idoles pour fa gué-rison. 11 ajoute qu’on a trouvé souvent dans les lits ou dans les chambres desprincipaux Hollandois, après la mort du Maître, de ces choses que les Prê-tres avoient conjurées, & qui y avoient été mises par fes propres domesti-ques pour le délivrer de la mort. Comme ils savent que cela déplaît auxEuropéens, ils le font en cachette, desorte qu’il est impossible de le dé-couvrir avant que le malade ne soit mort, & qu’ils n’ayent pas eu le temsde l’emporter. Les femmes Mulâtres font fur-tout fort adonnées à ces su-perstitions , car s’il y en a quelqu’une qui soit mariée à un Blanc, quelle ensoit aimée, & qu’il en use bien avec elle, elle ne manque point dèsqu’il tom-be malade, de .faire faire en fa faveur de riches offrandes aux idoles, avecbeaucoup plus de zele & de confiance que les Negres mêmes. Bosman ajou-te qu’il y a même des Européens qui donnent dans ces superstitions, & qu’ils’en trouve qui non seulement font consulter les Prêtres, mais qui portentfur eux de ces choses qu’ils ont consacrées {b).
Hernies Les remedes dont les Negres fe servent font principalement composésífes Ne- de jus de citron, de graine de malaguet, de racines, de gomme & d’écor-S res - ce d’arbres, & de différentes sortes de Simples, dont il y en a jufqu’à tren-te, qui ont une vertu admirable. L’ufage de ces remedes paroît souventcontraire au mal dont on est atteint, & cependant ils réussissent quelquefoistrès-heureusement. II a vu donner dans de violentes coliques, une gran-de calebasse de jus de citron & de malaguet, avec un succès extraordinaire.Bosman assure qu’avec leurs simples les Negres guérissent quelquefois desplaies, que les plus habiles Chirurgiens n’ont pu guérir. II croit que si quel;
Bosman , Lett. XIII. p. 121, *28. (£) Le même p. 222, 223.