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25 (1765) La suite de l'histoire d'Afrique; des différentes nations des Hottentots, avec la description de leurs côtes et des établissemens des Hollandois parmi eux; celle des royaumes de Benguela, de Congo, d'Angola ...
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OCCIDENTALE DAFRIQUE. Liv. XX. Chap. XIV. 489

de Sud y brisa tous les canots des pêcheurs du village, & les Negres attri- skctiokbuerent ce malheur à quelque omission de la part des pêcheurs envers le Fe- VII.riche. Cet accident étant arrivé un mardi les Negres depuis ce tems- ont Maladies ,renoncé au travail le même jour de chaque semaine, & le passent à danser ,

& à se divertir dans loisiveté. Le Prêtre sacrifie tous les ans fur ce roc une^' de%chèvre, dont il mange lui-même une partie, & jettant le reste dans la mer Negres deavec des invocations & des grimaces fort bizarres, il déclare aux assistans^que le Fétiche lui a appris de fa propre bouche, la saison & les jours les plus d Qrfavorables à la pêche. Chaque pêcheur lui marque fa reconnoissance par quel-que présent selon ses moyens (a).

Outre ce Fétiche supérieur, chaque Canton a le sien, inférieur à celui duRoc Tabra, mais qui est au-dessus des Fétiches domestiques. Une monta-gne, un arbre, un rocher, un poisson, un oiseau ontlhonneur dêtre éle-vés au rang de Divinités Nationales. Un Negre qui auroit tué par accidentun oiseau ou un poisson Fétiche, seroit assez puni par latrocité de son ac-tion; mais un Européen qui auroit fait la même chose, verroit fa vie endanger, parcequon supposerait quil la fait à dessein. Fillault vit un deces oiseaux Fétiches à Frédéricsburg, de la grosseur dun roitelet, avec lebec dune linotte, le fond du plumage brun, mais tacheté de blanc & denoir (*). Un Européen ayant eu le malheur de tuer un de ces oiseaux, leGouverneur eut bien de la peine à le sauver & à prévenir un soulèvementdes Negres. Sil arrive que cet oiseau sacré vole autour dune maison, oupar-dessus, c'est un si heureux présage, que tous ceux de la famille sem-pressent à le venir voir, & à lui apporter dequoi manger; ceux qui le ren-contrent dans leurs voyages, fe croient destinés à quelque bonheur extraor-dinaire, fans que lexpérience puisse les détromper. Ils regardent lappari-tion de leur Fétiche, comme la marque dune protection déclarée ; danscette espérance ils fe chargent, en partant, dun petit pot deau, & de quel-ques grains de bled pour la nourriture de loifeau divin. On trouve sou-vent dans les Champs & dans les Bois ces marques du respect quils portentau Fétiche national.

Entre les Arbres, le Palmier est toujours au rang des Fétiches, sur-toutlespece quon appelle AJsoanam , parcequelle est la plus belle & la plus nom-breuse. On volt par-tout de ces arbres, qui portent des marques de leurconsécration. Chaque Negre qui passe prend quelques morceaux de lécor-ce, dont il se fait un bracelet ou une ceinture, quil regarde comme unmerveilleux préservatif. Ils font persuadés quon ne peut couper un Assoa-nam, fans exposer tout le Pays à manquer de fruit, & fans sexposersoi-même à quelque danger mortel. En 1598 , dix Hollandois furentmassacrés pour avoir coupé quelques arbres Fétiches (f). Rien riéga-ie les honneurs quils rendent à ces Fétiches, & la confiance quils ont

en

(a) vltkins 1. c.

(*) Barhot appelle cet oiseau Butor; dautres le nomment Bull - lird , oh oiseautaureau, parcequi! imite le mugissement du taureau

(|) Ce fait est différent de celui que nous avons dit être arrivé A Commendo-: lesHollandois coupèrent les arbres pour braver les Negres, mais ici par ignorance.

Tome XI. Q d d