OCCIDENTALE D’AFRIQUE. Liv. XX. Chap. XIV. mSECTION VIII.
Gouvernement des Negres; Noblesse-, dissèrens Ordres de Personnes ; Succession
au Prône. Fêtes Royales &c.
C Omme la Religion a plus de liaison avec les mœurs & les coutumes Sectionparticulières des Negres que les Loix Civiles du Pays, nous avo'nscom- VIII.mencé par la Religion. Elle est en effet le fondement de toutes leurs cou- Gouve> s e ~tûmes; à peine y en a-t-il une feule qui naît trait a quelque ceremome vcrs 0r ,religieuse , ou à quelque superstition ridicule, ou qui n en ait quelque dm de-teinture. , ptrfimngs
Quant à leur Gouvernement, il est en général très < mal réglé, ce quivient uniquement du peu d’autorité des Caboceros ; de-Iâ vient que la mau- la ^ svaife administration, & les jugemens injustes qu’on rend, causent souvent d’Ordes guerres. Les Negres sont distingués en cinq classes. Les Rois ou les ——
Capitaines forment la premiere. La seconde est celle des Caboceros ou Chefs; ^sssssleur office consiste à gouverner leurs villages, à maintenir le bon ordre, Negres.à prévenir les tumultes & les querelles, ou à les appaifer ; ce sont plutôtdes Magistrats Civils, que les dépositaires de f Autorité Souveraine ; carparmi plusieurs Nations on ne connoît de Loix générales que celles de laReligion, & quelques-unes contre l’Adultéré. La troisième classe comprendceux qui ont acquis du crédit par leurs richesses, que quelques Auteurs ontregardé comme les Nobles. La quatrième est composée du Peuple , c’est-à-dire, des Pêcheurs, Laboureurs &c. Enfin il y a en cinquième lieu les Es-claves , tant ceux qui ont été vendus par leurs parens, que ceux qui sontnés dans l’efclavage, ou qui y ont été réduits par la pauvreté, ou qui ontété pris à la guerre.
La Dignité de Roi ou de Capitaine est héréditaire dans la plupart des SucujjìmPays des Negres, fur-tout fur la Côte d’Or ; mais si le Roi ne laisse point d’en - dei x0n ‘fans mâles, elle passe au plus proche parent ; il est vrai que les richesses enor & en esclaves font quelquefois préférer un Etranger à l’héritier légiti-me. II ne sc passe rien de fort remarquable dans l’inauguration d’un nou-veau Roi, Ce n'est pas la coutume ni de les couronner , ni de leur faireprêter des scrmens ; on sc contente de présenter le nouveau Roi au peuple,
& quelquefois il est porté dans les principaux lieux de fa domination, &ensuite on finit cette cérémonie par un jour de divertissement. Maiss’il ar-rive qu’il y ait deux Pré ten dans au Royaume, alors chacun fait prêter fer-ment de fidélité à ceux de son Parti. Les plus grandes cérémonies font desoffrandes au Fétiche, d’ailleurs tout fe passe tranquillement, lans pompeni bruit (s).
Les Caboceros , qui composent la seconde classe ; font ordinairement un Le Cab®-certain nôrnbre , suivant qu’il est limité par l’ufage. Si la mort le dimi- c£roS *nue considérablement, tout Tordre s’assemble pour choisir ces successeursentre les gens âgés de la Nation, car les jeunes gens font rarement acims
à
VO L® même, Lett IX. p. 138,133.
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