5 o 6 HISTOIRE DES PAYS DE LA COTE
Section néral d’une bonne santé, & parviennent à une allez heureuse vieillesseIX. Ils ont à-la-vérité des maladies épidémiques , mais que leur ignoranceHistoire en Médecine feule rend fatales. Les vers & quelques autres maladies n’em-2T£P ortent P as beaucoup de monde,ce font la petite vérole & les fièvres-I'Oî. ° épidémiques qui font quelquefois de terribles ravages parmi les enfuis.
» . . Les fievres intermittentes font assez communes,, mais rarement mortelles.
Quelques Voyageurs parlent de la faim canine comme d’une maladiedu Pays, mais d’autres assurent qu’elle ne vient que de l’ufage excessifd’un certain vin de Palmier. Mais nous n’insisterons pas davantage furles maladies, dont peu de Voyageurs nous paroissent avoir bien connula nature, pour nous attacher à des parties de l’Histoire Naturelle rap-portées plus clairement, parcequ’on n’a pas besoin d’être Physicien pourles observer.
Marées & L’illustre Chevalier Newton est le premier Philosophe qui ait fait servirCouramde avec f ucc è S f Astronomie à l’explication des Phénomènes de la Nature, &Cassées P ar principe de la gravitation il a expliqué d’une façon aisée & vraisem-blable les marées, les courans, le flux & le reflux de la mer. Suivant cegrand Homme, le Soleil, la Lune, la Terre & tous les Corps Célestes gra-vitent vers leur centre à proportion de leur maííe. La Terre fe trouvantdans la fphere de f attraction du Soleil & de la Lune, l’Océan, qui est la par-tie fluide du Globe, en ressent nécessairement l’influence & doit s’enfkr. Cen’est pas ici le lieu de nous étendre fur cette belle Théorie ; il suffit de direque l’on peut par les mêmes principes expliquer la cause des marées & descourans fur la côte de Guinée. Depuis la riviere de Gambie jufqu’au dé-troit & au golphe de Bénin, le flux & le reflux font réguliers fur les côtes,avec cette différence que dans les rivières & dans les bayes , où deux ri-vages resserrent les eaux, les marées font hautes & fortes aufli-bien que ré-gulières j mais fur la côte morte, ainsi que s’expriment les Marins, ellesmontent lentement & pas à une fort grande hauteur , tout au plus deux outrois pieds, augmentant à mesure qu’on approche du golphe ou baye de-Bénin. C’est ce que l’on volt encore au Cap Corse,. à Sacconde, & à Com-mendo, & en général dans tous les lieux où la côte s’avance en forme dePointe ou de Prefqu’iíle en mer; la marée y monte toujours un pied oudeux plus haut que là où la côte est égale, bien-qu’il n’y ait que quelquesmilles d’un endroit à l’autre (a).
Sur la Côte d’Or le courant fait souvent deux lieues en une heure, quel-quefois contre le vent, mais plus ordinairement quand il en est aidé, & alorsil est très rapide, mais presque toujours en ne serrant pas de p rès, & formantdes ondes comme la marée; en d’autres tems il est uni comme une glace demiroir durant des jours entiers, & imperceptible à dix lieues du rivage. Lecourant part de deux points depuis la Baye de Bénin, du Sud jusques envi-ron au Cap Lapez & au-delà; & de l'Ouest le long de la Côte d’Or, en neserrant pas le vent de près, car les vents portent comme les courans lelong de la côte. Philips observe que tous les Vaisseaux qui font cours vers
(a) Atkinì , p. Ï33-