OCCIDENTALE D’AFRIQUE. Liv. XX. Chap. XIV. 531
grès aiment si passionnément le tabac, qu’ils s’expoferoient à souffrir la faim Sectionplutôt que d’en manquer, car c’est une chose absolument nécessaire à leur IX.bonheur. Le Tabac croît ici en plantes de la hauteur de deux pieds, les H sfl° irefeuilles ont sept ou huit pouces de long, & trois de large. Elles portent des dè^cïttfleur blanches, qui lorsqu’elles font mûres forment la graine. /or. *
Nous terminerons cette légere ébauche des productions naturelles de laCôte d’Or, par la descriptiond’un fruit que les Hollandois appellent Chou,
& les Negres Boufi. Ils le mâchent comme on fait le Bétel, & après qu’ilsen ont tiré le suc, ils crachent le reste. II est d’un goût fort âpre -L pres-que amer, & n’a d autre bonne qualité que d’être diurétique (a). Nouspourrions ajouter le Sel, qu’on fait en très grande quantité fur la ('ôte d'Or,mais comme c’est une production factice nous ne nous y arrêterons point,
& nous passerons à l’Histoire de la Côte í Ivoire.
S E C T I O N X.
Description àe ìa Côte d’Yvoire, Mœurs des différentes Nations, &
Relation du Royaume àe G u 10 m e r e. Description du Pays qui est à s Ouestdu Cap Apollonie. Animaux , Productions de ce Pays ; Moeurs, Religionb Gouvernement des Habitans.
T Es Géographes & les Mariniers ne s’accordent point fur l’étendue&sur Sectiom^ les limites de la Côte d'Tvoire. Les uns la comprennent entre Rio Sueiro X.da Costa, où commence proprement la Côte d’Or, & Grova, deux lieues ttlnìe laà l’Est du Cap Palmas. D’autres l’étendent depuis le Cap Palmas jufqu’à este d’Y-celui des trois Pointes, toute cette Côte étant connue des gens de mer voire &c.
fous le nom de Côte des Dents ou d’Yvoire. Les premiers la subdivisent --»
en trois parties, la Côte d’Yvoire, celle de Mallaguette, ainsi que les Portu-
gais le nomment, & celle de Quaqua. Mais les Hollandois lui donnent le^/ a côte
nom général de Côte des Dents, qu’ils divisent en deux Parties selon leca- d’Yvoire.
ractere des Habitans, celle des bonnes & celle des mauvaises gens (à). Mais
les bornes les plus exactes & les plus précises font le Cap Apollonie à l’Est,
& celui de Palmas à l’Ouest; c’est aussi de cette maniéré qu’elles font mar-quées dans l’Atlas du Sieur Robert , & dans les Cartes de l’Histoire Généraledes Voyages. Les Hollandois ont donné le nom de Quaquas aux Habitansde la partie orientale de cette Côte, parce qu’en s’approchant des VaisseauxEuropéens ils répétoient fans - cesse ce mot. Villauìt s’est imaginé qu’il si-gnifie bon jour ou soyez les bien venus , parcequ’il remarque' qu’ils l’ont sou-vent à la bouche quand ils ont été bien régalés (*). Mais fans nous en-gager dans une discussion inutile, nous commencerons par la description desprincipaux Villages de cette Côte. Les
(s) Ììomanp. Z22, 321. (bj Des Marchais T. I. p. 757.
(*) Snoeck, qui étoìt Hollandois, di6 qu’il ne fait pas la raison de ce nom, il dit queles Habitans appellent leur Pays Ad«nw (T), Smith prétend que Quaqua signifie dans laLangue du Pays Dent ou Tvoire ( 2 )., mais il n’en allégué aucune preuve, & son séjoursur la Cô te paroît avoir été trop court pour qu il ait pu apprendre la langue. D’autrescroient que ce nom est dérivé du cri des Canards, auquel le langage des habitans ies-ítiùble. Mais ce n’est - là qu’une ingénieuse conjeáture (z).
(]) Ap, Btsm.in , p. ;ir. (z) Smith P. I. p. rzv. (}) SnmtK, ubi sup»
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