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33 (1771) L' histoire de la république de Venise
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go5 HISTOIRE DE LA REPUBLIQUE

Section Les Vénitiens profitèrent de ces retardemens pour tâcher de saccom-vii. moder avec le Pape. 11 s firent offrir à Jules de lui rendre Rimini &Histone dt toutes ] es p| aces dont ils sétoient emparés depuis la mort dAlexandreluis 1 fan ^ VI, à condition quil leur laissât la ville & le territoire de Faënza. Mais144 1 jus- le Pape répondit fierement, quil ne leur laisseroit pas un seul châteauquà Tan de lancien domaine de iEglise. Les Vénitiens ne fe rebutèrent point,1508. A lui firent offrir par le Duc dUrbin de restituer toutes les places de la~L*s Vénï- Romagne, qu'ils occupoient, excepté Faëoza & Rimini, pourvu quil re*tíens sac- çût leurs Ambassadeurs dobédience, quil avoit jufqualors refusé dadmet-commodent tre. Le Pape tint ferme dabord contre cette nouvelle proposition , maiseveck Pa- ensuite, le peu de fond quil pouvoit faire fur lEmpereur, les sollicitations2 * des habitans de Forli, dímofa & de Cesene, qui avoient beaucoup souf-

5 ' sert de la guerre, & lavantage dobtenir une partie de ses prétentions, fans

quil lui en coûtât rien, le déterminèrent à saccommoder. Ainsi les Véni-tiens lui restituerent dix places dans la Romagne ;& les huit Ambassadeurs,nommés dès le tems de son éleëbion, se rendirent à Rome. On nen avoitjamais envoyé en si grand nombre à aucun Pape, à moins quil ne fût Vé-nitien (a). Cest ainsi que la triple alliance fut rompue, & que les Vénitiens,échaperent au danger qui les menaçoic.

Mèconten- Cet événement détermina Louis XII à faire la paix avec le Roi dEspa-tement de gne, dont une des conditions fut le mariage de Ferdinand avec Germaine

lRmpe- deFoix, niece de Louis, qui fe fit au mois de Mars de lan 1506 (b).

reur '6 Cette alliance ne fut pas du goût de lEmpereur. II eut bien plus sujet dê-tre mécontent de la rupture du mariage de Madame Claude, fille du Roi,avec Charles Duc de Luxembourg , petit-fils de Maximilien. Les Etatsassemblés à Tours au mois de Mai de cette année , firent de si fortes re-présentations à Louis XII fur ce sujet, quil fiança sa fille au Comte dAn*goulême, héritier présomptif de la couronne (c). Maximilien ne fut pas enétat de marquer son ressentiment à cet égard, parcequil fe préparoic à pas-ser en Italie pour recevoir la couronne Impériale à Rome, & quil son-geoit à sassurer celle de Hongrie, après la mort de Ladiílas, qui étoitdangereusement malade. En ce tems- le Roi de France donna du secoursau Pape pour réduire sous son obéissance les villes de Bologne ik de Pé-rou se ( d ).

Il demande LEmpereur craignant que les Vénitiens ne missent obstacle à son voyagepassage aux dItaiie, envoya quatre Ambassadeurs à Venise, pour informer le Sénat duVémtkns. desleín il étoit daller prendre la couronne Impériale à Rome, & pourlui demander passage fur les terres de la République, promettant de faireobserver à ses troupes une exacte discipline. Ces Ambassadeurs furent mê-me chargés de proposer au Sénat une ligue, pour assurer la tranquillité delEmpire & de la République, & qui procureroit aux deux partis désavan-tagés considérables ; insinuant par que l'objet de cette union étoit de fairela guerre au Roi de France. Les Vénitiens répondirent , que lEmpe-

(a) Guichardin I. c. BtmbeL. VII p. 2ZZ. L. VII. n. 4.

sb) Daniel ubi sup. p . 246. («0 Voy. Hiíl. Gener. dItalie Secì VIII.

(c) Le même, p. 255-257. Guichardin p. 4 I2 s 413.