go5 HISTOIRE DE LA REPUBLIQUE
Section Les Vénitiens profitèrent de ces retardemens pour tâcher de s’accom-vii. moder avec le Pape. 11 s firent offrir à Jules de lui rendre Rimini &Histone dt toutes ] es p| aces dont ils s’étoient emparés depuis la mort d’Alexandreluis 1 fan ^ VI, à condition qu’il leur laissât la ville & le territoire de Faënza. Mais144 1 jus- le Pape répondit fierement, qu’il ne leur laisseroit pas un seul châteauqu’à Tan de l’ancien domaine de i’Eglise. Les Vénitiens ne fe rebutèrent point,1508. A lui firent offrir par le Duc d’Urbin de restituer toutes les places de la~L*s Vénï- Romagne, qu'ils occupoient, excepté Faëoza & Rimini, pourvu qu’il re*tíens s’ac- çût leurs Ambassadeurs d’obédience, qu’il avoit jufqu’alors refusé d’admet-commodent tre. Le Pape tint ferme d’abord contre cette nouvelle proposition , maiseveck Pa- ensuite, le peu de fond qu’il pouvoit faire fur l’Empereur, les sollicitations2 * des habitans de Forli, d’ímofa & de Cesene, qui avoient beaucoup souf-
5 ' sert de la guerre, & l’avantage d’obtenir une partie de ses prétentions, fans
qu’il lui en coûtât rien, le déterminèrent à s’accommoder. Ainsi les Véni-tiens lui restituerent dix places dans la Romagne ;& les huit Ambassadeurs,nommés dès le tems de son éleëbion, se rendirent à Rome. On n’en avoitjamais envoyé en si grand nombre à aucun Pape, à moins qu’il ne fût Vé-nitien (a). C’est ainsi que la triple alliance fut rompue, & que les Vénitiens,échaperent au danger qui les menaçoic.
Mèconten- Cet événement détermina Louis XII à faire la paix avec le Roi d’Espa-tement de gne, dont une des conditions fut le mariage de Ferdinand avec Germaine
l’Rmpe- deFoix, niece de Louis, qui fe fit au mois de Mars de l’an 1506 (b).
reur '6 Cette alliance ne fut pas du goût de l’Empereur. II eut bien plus sujet d’ê-tre mécontent de la rupture du mariage de Madame Claude, fille du Roi,avec Charles Duc de Luxembourg , petit-fils de Maximilien. Les Etatsassemblés à Tours au mois de Mai de cette année , firent de si fortes re-présentations à Louis XII fur ce sujet, qu’il fiança sa fille au Comte d’An*goulême, héritier présomptif de la couronne (c). Maximilien ne fut pas enétat de marquer son ressentiment à cet égard, parcequ’il fe préparoic à pas-ser en Italie pour recevoir la couronne Impériale à Rome, & qu’il son-geoit à s’assurer celle de Hongrie, après la mort de Ladiílas, qui étoitdangereusement malade. En ce tems-là le Roi de France donna du secoursau Pape pour réduire sous son obéissance les villes de Bologne ik de Pé-rou se ( d ).
Il demande L’Empereur craignant que les Vénitiens ne missent obstacle à son voyagepassage aux d’Itaiie, envoya quatre Ambassadeurs à Venise, pour informer le Sénat duVémtkns. desleín où il étoit daller prendre la couronne Impériale à Rome, & pourlui demander passage fur les terres de la République, promettant de faireobserver à ses troupes une exacte discipline. Ces Ambassadeurs furent mê-me chargés de proposer au Sénat une ligue, pour assurer la tranquillité del’Empire & de la République, & qui procureroit aux deux partis désavan-tagés considérables ; insinuant par là que l'objet de cette union étoit de fairela guerre au Roi de France. Les Vénitiens répondirent , que l’Empe-
(a) Guichardin I. c. BtmbeL. VII p. 2ZZ. L. VII. n. 4.
sb) Daniel ubi sup. p . 246. («0 Voy. Hiíl. Gener. d’Italie Secì VIII.
(c) Le même, p. 255-257. Guichardin p. 4 I2 s 413.