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33 (1771) L' histoire de la république de Venise
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DE VENISE. Lrv. XXIV. C n. II. 6>

investir Chiélafa avec une armée de dix mille fantassins & de quinze-cens Sectiohchevaux. II fit canonner la place avec six pièces de canon, mais la mer XII.étant libre, Laurent Venier y introduisit quelques troupes & des muni- Histoire dtlions. Marin Gritti, qui commandoit dans la place se défendit vigoureu- de 'sement. Le Capitaine - Général Morosini, ayant appris la nouvelle de ce A 7 r A.siégé, fit voile de Corfou avec toute la diligence possible, & se rendit en qu'à i a iquatre jours dans le port de Vitulo. II débarqua dabord quatre mille cinq- *699.cens hommes, & fit occuper les défilés derriere le camp ennemi par deux ~mille Mainotes. Les Turcs nattendirent pas lattaque , & se retirerentpendant la nuit, abandonnant leur artillerie & leurs munitions. Les Mai-notes les poursuivirent, firent nombre de prisonniers à tuerent trois-censdes fuyards (à).

Après cette expédition le Capitaine-Général se rendit à Sainte - Maure, Progrès da se fit la jonction de toutes ses forces, les galères de TEglife & de Malte Vénitiens.y étant arrivées en même nombre & avec autant de troupes que Tannéeprécédente. On tint Conseil de guerre, & le siégé de Navarin fut résolu.

On débarqua dix mille hommes fans opposition, & tandis que le Comte deKonigsmark régloit les postes on fît sommer le Commandant, qui demandala nuit pour délibérer, & le lendemain rendit la place, à condition que lagarnison sortiroit avec armes & bagages & seroit transportée à Alexandrieen Egypte. On trouva dans la place quarante-trois pieces de canon de fon-te, Si beaucoup de munitions de guerre & de bouche. II restoic à lem-bouchuredu port une Forteresse bien plus importante, nommée le nouveauNavarin, qui en rendoit Tentrée très périlleuse. On fit jouer contre elledixhuit mortiers, & vingt pieces & canon de cinquante livres de balle. LeBacha sommé de se rendre, ny voulut point entendre, comptant que leSeraskier viendroit â son secours. En effet, avant quil y eût breche, onapprit quil étoit campé à peu de distance avec huit mille hommes de pied& deux mille chevaux. Le Comte de Konigsmark marcha à lui avec septmille Fantassins Si sept-cens chevaux. Ils en vinrent aux mains, & lecombat fut fort opiniâtré, & assez douteux pendant quelque tems , mais àla fin la victoire se déclara pour les Vénitiens. Les Turcs perdirent cinq»cens hommes avec toutes leurs tentes & leur bagage. Cela rallentit telle-ment Tardeur des assiégés, quils demanderont à capituler, & se rendirentaux mêmes conditions que la garnison du vieux Navarin, le 14 de Juin. Ilssortirent au nombre de trois mille , & on trouva dans la place soixante-quinze canons, dont cinquante - trois étoient de bronze, avec quantité demunitions de guerre & de bouche (b). On ne balança pas à se porter con-tre Modon. Le 22 de Juin on ouvrit !a tranchée ; les assiégés se défendi-rent dabord assez bien, mais les bombes aiant ruiné quantité de maisons, Scle canon fait breche, ils capitulèrent le 7 de Juillet aux mêmes conditionsque ceux de Navarin. II en sortit quatre mille personnes, dont milleétoient de la garnison. On y trouva quatrevingt - onze pieces de canon defonte (c).

(a) Ricaut, p. IZ6, 137. Fo/carini, p. Fofcarini, p. 109-201.

196, 197. Gratiani, p. 352, 353. (0 Ricaut, 1 . c. Fofcarini, p. 202,203.

(b) Ricaut,y. 137. Grosian»,p.354-358. Gratiani , p. 359-301.

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