DE VENISE. Liv. XXIV. Ch. II.
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Mort duDoge Mo -rojini.
1694 »
point de cet avis, ne laissa pas d’assembler le Conseil de guerre, où tous Sectionles avis se réunirent à faire descente. Morosini exposa les difficultés de XII.cette entreprise avec tant de force, qu’on y renonça. On sentit aussi qu’j] Histoire àtétoit inutile de faire voile vers les Dardanelles, parceque les ennemis f,J e ’avoient eu le tems de passer le détroit. D’ailleurs il yavoit beaucoup de 1671 jus-malades fur la Flotte, & les galères de Malte se préparaient au retour. Le ?«’<* r anDoge reprit donc le chemin de la M orée , ou son arrivée détermina les l6 "‘Turcs à se retirer. Ils s’étoient assemblés au nombre d’onze mille aux en* “
virons de Thebes, & trois mille étoient venus camper prcs de Mégaredans le dessein de forcer l’Isthme de Corinthe. A la vue de la Flotte Véni-tienne, ils décampèrent. Avant que de se retirer à Napoli pour y passerl’hiver, Morosini fit fortifier l’iíle d’Egene, & s’empara de quelques peti-tes ïstes, qui couvraient la Morée (a).
La Dalmatie n'offre pas des événemens plus intéressans. II y eut commel’année précédente des courses, pour piller & dévaster le pays. Les Turcseurent du désavantagé en deux rencontres (b).
Les fatigues de la derniere campagne avoient achevé de ruiner la santéde François Morosini. 11 tomba malade vers la fin de Decembre, & mou-rut le 6 de Janvier 1695 universellement regretté , comme un des plusgrands hommes, que la République eut jamais eu. II occupoit pour la qua-trième fois la place de Capitaine - Général de la mer. Ce que nous avons euoccasion de dire de ses exploits suffit pour donner une idée de sa capacitépour la guerre; on loue d’ailleurs fa modération, fa douceur & son désin-téressement. II fut regretté non seulement des Vénitiens, mais des nationsétrangères (c). Le Sénat pour témoigner son respect pour la mémoire d’unhomme si illustre, fit mettre dans la /aile du Scrutin,un marbre avec cetteinscription, Francisco Mauroceno Peloponesiaco Sénatus ( d ).
Les Correcteurs élus pendant l’interregne jugèrent devoir proposer qu’à Nouvellel’avenir on ne se portât pas facilement à nommer le Doge Capitaine - Gé- Lounéral. Pour cet effet on fit une Loi qui portoit, que quand on proposeraitle Doge pour cette charge, les noms des autres qui seraient proposés fe-raient aussi balottés, à moins que des six Conseillers & des trois Chefs dela Quaramie criminelle, six jugeassent á-propos de suspendre à cet égardl’ancien usage ; auquel cas le Sénat jugerait, si les circonstances & 1 esfinances de la République permettoient que la conduite de la guerre fûtdonnée au Doge. S’il décidoit /'affirmative , on proposerait le Doge auGrand Conseil dans une Assemblée, où il se trouverait au moins huit-censNobles, & qu’il ne serait censé élu que par la réunion des deux tiers dessuffrages (c).
On procéda ensuite à sélection d’un Doge, & le 23 Fevrier Syl- Sïlvss-vestre Valier fut élu. II fit de grandes libéralités au peuple, aux tre Va-pauvres & aux Monastères. 11 fut couronné le 27 du même mois, & ce çl£ R jy 0 t
(a) Le même, p. 552-556.
W Le même, p. 558-560.
(c) Le même, p. 556. Gamni, L. XI.p . 5 n .
(á) Le même, p.(e) Le même, p.P- 512, 5i3.
de Vense.
558. Gqrzen
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