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33 (1771) L' histoire de la république de Venise
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6 7 6 HISTOIRE DE LA REPUBLIQUE

Sectioh feu fur eux à bout portant, & en tuerent près de la moitié: ce qui empê-XIIÎ - cha le succès de la sortis & obligea de faire retraite.

Uijloire deVenise de-puis l'an1700 jus-quà lan175 °-_

Le s Turcsdonnent una! saut gé-néral.

Ils levent lefiege-

Les Véni-tiens s'em-parent deButrinto,

Le 18 d'Août les Turcs donnerent un assaut général. II commença avectant de fureur au ravelin qui couvroit louvrage à corne du bastion St.Antoine, que les Allemands qui le gardoient plièrent, prirent la fuite &fe sauvèrent dans le château neuf. Les Turcs dressèrent fur le ravelin uneforte batterie, & fesoient leurs dispositions pour escalader le château. Lagarnison commençoit à perdre cœur, mais Lorédan & Schulembourg cou-raient partout & ranimèrent le courage des soldats. On fit un feu terriblefur les ennemis, dont lacharnement nétoit point rallenti, quoique lassauteût déja duré six heures. Le Général Schulembourg fe mit á la tête dehuit-cens hommes, sortit & prit les Turcs en flanc. Ils ne purent soutenircette charge impétueuse, fe renversèrent les uns fur les autres & abandon-nèrent le ravelin. On y trouva vingt étendards & deux mille morts (a).

Le lendemain les Turcs apperçurent en mer un grand nombre de voiles,cétoit lEfcadre Espagnole. Ils désespérèrent alors du succès du siégé, &craignant que la Flotte Chrétienne, devenue supérieure à la leur, nentre-prit un combat, dont ils appréhendoient fissile, ils prirent la résolution delever le siégé, lis sembarquerent, abandonnant cinquante-six pieces decanon, huit mortiers, avec leurs tentes & une grande quantité de vivres& de munitions, outre deux mille blessés ou malades (b). Le siégéavoit duré quarante-deux jours , & on prétend quil couta quinze millehommes aux Turcs, <& près de trois mille aux Vénitiens. Les vents àcles courans favorisèrent le Capitan Bacha pour sortir du canal de Corfou,& il alla se réfugier dans le Golfe de Coron. La Flotte Vénitienne se miten état de le suivre, mais elle .'y prit trop tard pour le joindre. Les Turcsétoient déja à lancre dans le Golfe de Coron, avant que le Capitaine--néral Pisani fût arrivé à lifle de Zante (c).

Le Général Schulembourg apprit que les Turcs navoient pas eu le teinsdembarquer toutes les provisions quils avoienc assemblées fur la côte dAl-banie, dont le principal rnagazin étoit à Butrinto, à lopposite de Corfou.II fit embarquer huit -cens hommes pour passer dans le Continent. II nyavoit gueres que cent Turcs en garnison à Butrinto pour la garde du ma-gasin , ils offrirent dabord de fe rendre, moyennant quon leur donnât lavie & la liberté, ce qui leur fut accordé. On y trouva du grain, des fari-nes & dautres provisions. Le Général y laissa cent-trente hommes, enattendant les ordres du Sénat pour conserver ou démolir la place (d). LesVénitiens allerent aussi fe présenter devant VI0don, ils avoient des in-telligences ; mais naíant apperçu aucun mouvement dans la place, ils ferabattirent fur lifle de Sainte - Maure, que les Turcs avoient abandonnée.On y laissa une garnison de trois mille hommes, avec du canon & des mu-nitions, pour en rester maîtres, jusques à ce quon eût mis la place horsdinsulte (e).

(a) Laugier, p. 315-317. (c) Laugier, ubi sub. Clef du Cabin.

W L e même » p. Z17. Clef du Cabin. 1 . c. p. 395-1 . c. p. 338 - Decenib, p, 394. (d) Les mêmes.

(e) Clef du Cabin. îéars 1717, p. 222.