D E GÊNES. L iv. XXIV. C n. 17.
Corneille, son srere naturel, devoir marcher vers une partie de la ville,nom- Sect.IX.méc le bourg,,avec cent cinquante hommes d’clite, & au même lignai donné Histoire A*par Verrina des’emparer de la porte de Laré (re). Quant au Comte il se ré-Gênes;lervoit de se porter du côté du bourg avec le corps de conjurés qui l’accom- r
pagnoit, ou plutôt de se transporter successivement au port, au palais, dans quela ville,aux principaux polies,de íc montrer par-tout où la présence du chef 1547.
seroit nécessaire pour animer les siens, pour faire voir au peuple pour qui--
on combattoit, & pour le gagner par se présence. Les conjurés avoient or-dre de faire retentir par-tout le nom de Fiesque , asin qu a ce nom chéri tousceux qui lui étoient affectionnés, les plus ardents de ses partisans secrets, vins-sent se ranger sous ses étendards; que ceux qui l’aimoient, mais, plus timi-des & n’osoient se joindre h lui, se contentassent au moins de rester spectateursoisifs & tranquilles de ce qui se pastoit sans lui nuire ; & ensin qu a ce nomredoutable, les partisans des Doria, ses ennemis, troublés, déconcertés, voyantson parti nombreux s’accroître à chaque instant, isolassent remuer, ne si sien taucune résistance, & livrassent la ville lans combat entre ses mains. Le nomde Fiesque devoit être le signal des attaques, le mot de ralliement des conju-rés; les guider, les animer, les soutenir, les enflammer de l'ardeurde secon-der dignement les vues de leur chef intrépide, & les rendre victorieux deleurs ennemis.
Tout fut exécuté ainsi que Fiesque l’avoit ordonné, les conjurés réussirent Détail drpar-tout; mais la porte de St. Thomas leur coûta plus de teins & de peines à l'exétutLn.forcer qu’il ne l’avoit prévu. Elle étoic défendue par deux vaillans capitaines,deux freres attachés par la rcconnoiíïïince à la maison des Doria, qui jugeantparce qu’ils entendoient, de quels périls leurs bienfaiteurs étoient ménacés &de quelle importance étoitpour eux la conservation de ce poste ainsi que leurrésistance, firent la plus vigoureuse défense, & soutinrent courageusement tousles efforts des asiaillans,julqu’à ce que l’un d’eux ayant été tué en combattantvaillamment, l’autre, ayant perdu la plus grande partie de son monde & sevoyant tout seul par la désertion du reste, sut ensin contraint de céder au nom-bre & de se rendre prisonnier. Maîtres de ce poste important, les conjurésmarchèrent vers le palais des Doria fous la conduite de Jérôme, Ottobonétant allé joindre Fiesque sur le port, pour lui faire part de ce succès. Maiscomme la longue résistance qu’ils avoient trouvée à cette porte, & le combatqu’iîs avoient été obligés de livrer pour la forcer, avoient causé beaucoupde rumeur dans le quartier, Jeannetin réveillé en sursaut parce bruit, se hâtade se lever & de descendre de son appartement. Voulant éclaircir ce que cepouvoir être, il sortit, se faisant éclairer par un page qui portoit un flambeaudevant lui, & vint justement au devant de la troupe qui en vouloir à ses jour-.
Ainsi le malheureux Jeannetin, se précipitant lui-même dans le fer de ses en-nemis , fut la feule victime de son imprudence & de se présomptueuse crédu-lité; & cette conspiration qui ne sut funeste qn’à lui, servit à délivrer Doriad'un héritier indigne de lui, & Gênes du juste sujet de crainte quelle avoirde se voir un jour soumise au pouvoir de ce jeune homme vicieux.- II sut re-
Mort de
Jean-aetiít :'faute de yé-rjm; Fies-'que.
(a) Introd. à I’ÎIist. Univers. Tom. II. Liv. IL Chip. VI. p. 47Z. HiiT. de Gèncepprle Chev. de M. Tom, II. Liv. X. p. 287.
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