*6o HISTOIRE DE LA REPUBLIQUE
Sect. X. doit pour les opprimer & les asservir plus à son aise, fous prétexte de les dë-
Ihíloire de fendre, ils répondirent qu’ils étoient a fiez forts pour fe défendre par eux-mê-
Gènes de- mcs si on les attaquoit. Ce refus étoit motivé par la crainte qu’ils avoient 1
d’introduire les troupes Espagnoles dans leur territoire ;d’un autre côté il saurJ i63i.’ savoir qu’ils étoient encore dam la plus profonde sécurité ail sujet du péril quflesmemçoit: ce qui justifie leur relus & leur imprudence, ou plutôt leur pru-dence hors de saison. lis fimaginoient toujours que c’étoit une invention ouun leurre- de la part de PEfpagne. Quand ils furent enfin instruits à n’c-n pou-voir douter que la chose n’étoit que trop certaine , ils n’oferent réclamer cemême secours qu’ils avoic-nt refusé, redoutant peut-être encore plus l’appuideJls s'aires- PEfpagne que 1 ennemi qui les menaçait. Ils furent obligés de s’adrefser ail-Jent à d'au- ] C urs & de rechercher lappui.de plusieurs autres puifïïmces. Le Pape & letres puis- Orand Duc de Toscane leur proposèrent de faire une ligue défensive avec eux.l’rojet de Alais comme ils étoient toujours dans la crainte de déplaire à l’Efpagne qu’ilsliguedìfen- avoient intérêt de ménager, ils voulurent la faire entrer dans cette ligue, ceJiv; uvre le q U i fur cause que le Pape qui étoit mécontent de cette couronne rompit la
? a P e & lt négociation. A u moyen de cela les choses en relieront là, & les Génois feGraniDuc, .' ’
fans effet.
virent comme abandonnés à eux-mêmes par leur propre faute, ayant refusétous les secours qu’on leur avok proposés Ça). Voyons comment il fe tirè-rent de ce mauvais pas & s'ils n'avoient pas trop présumé de leurs forces.
Comme ils pensaient que l'armée ennemie entreroit dans leur pays par leComté de Nice, ils s’étoicnt attachés à fortifier toutes les places qui íe trou-voient fur cette route, comme Vintimille, Albenga, Savone & autres. Maislorfqu’ils virent leur attente trompée, & que le Duc de Savoye avoit déter-'J.es Génois miné les François à diriger leur marche par le bas-Montfèrrat, qui étoit lefortifient plus court chemin pour venir droit à Gênes, ils s’occupèrent uniquement aErtre en état de défense les places qui fe trouvoient fur les deux routes duroutes a 'du' bas-Montferrat à Gênes, & desquelles dépendoit en quelque façon le fort delas-Mont- cette-'éapitale. Ces deux routes croient par Rossiglioné & Paître par Gavi.ferrât. Forcés d’abandonner Rossiglioné & Ovada pareeque ces deux places étoienthors d’état d’être défendues ils ne Rattachèrent plus qu’à augmenter les forti-fications de Novi, de Gavi & de Yohngio, où ils mirent de bonnes garnisons.L’estcntiel étoit d’arreter l’ennemi en chemin le plus long-rems qu’on pour-voir, de Pécarter de Gènes & de donner le tems d’arriver aux secours qu’ils feflattaient encore de recevoir de différons endroits en • cas- d’attaque. Gênes étoitsur-tout menacée d’un siège : c’étoit fur elle que le fort de forage devoir tom-ber. II falloir en même tems reculer son danger & pourvoir à là défense: onajouta de nouveaux ouvrages hfes fortifications. Toutes les montagnes qui do-minaient la ville furent enveloppées d’un retranchement. On donna des or-dres pour des levées de troupes en Corse, en Allemagne & dans plusieursétats de l’Italie : on envoya pour cet ester quatre cens mille ducats dans leForcis U Milanès. En peu de tems les Génois fe virent une armée de dix mille hom-jiréparatifs mes d’Infanterie & deux mille chevaux, fans compter leurs troupes nationa-ass Génois, les. lis armèrent dix- galères & prirent toutes les précautions nécessairespour fe bien défendre. Enfin ils furent rassurés par la certitude où ils étoient
(j?) IILit. des Révoú de Gènes Tom» II, Liv. V. p. aod' L faiv.