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36 (1773) La suite de l'histoire de la république de Gêne, l'histoire de l'isle de Corse, de Bologne, de Parme et de Plaisance, et l'histoire du duché de Milan
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.. *72 HISTOIRE DE LA REPUBLIQUE

Ssct. X. àe leurs semblables commettent de sang froid & par plaisir; & d'autres quiHistoire de font produits par le désespoir chez les malheureux déja aigris par l'inégalitéGênes de- t \ cs biens & des rangs, quaccable encore le sentiment de leur propre foiblelTè^ âe l'impwfiânce ils sont de se venger de la tyrannie des premiers. Le-1631. quel est le plus coupable de celui qui commet des atrocités, ou de celui qui for-

>-- ce en quelque façon son semblable à les commettre ? Venons maintenant au

fait dont-il sagit, que ces réflexions préliminaires doivent avoir suffisammentannoncé.

Un Plébéien nommé Vachero, jeune homme riche, qui comme tous lesêtres pensant, avoit de lambition & de lorgucil , voyoit avec dépit que saCarnBeride naissance, suite dun préjugé vulgaire mit obstacle h son élévation & lempê-Vachero:sa chat de parvenir aux charges principales & dignités de fa patrie (a). Dunehaine po:tr autre côté son ame généreuse & hautaine sindignoit de voir que les Nobles seNobles. f u {f cnt arrogés le droit exclusif de les occuper & de tenir les rênes du gouver-nement; & en même tems que cette noblesse altière affectât de le mépriser,comme tous les Plébéiens ses semblables, comme sils euflènt été une autrerace dhommes faits pour servir & ramper sous elle qui se croyoit née pourcommander, pour donner des loix à tout ce qui nétoit pas noble. Vacheroavoit déja reçu quantité de mortifications de la part des Nobles: il étoit ri-che, ils lui empruntoient volontiers son argent, croyant peut-être lui fairetrop de grâce ; mais ils ne montroíent pas le même empressement h le lui ren-dre ; au contraire, même plusieurs dentre eux avoient eu la noble fierté que iesRoturiers nomment basse fie de lui dénier leurs dettes, ou de lui en refuserabsolument le payement. Ils avoient même eu souvent ladreffè déluder sespoursuites en justice par leur crédit & lascendant que leur rang & leur nais-sance leur donnoient fur un vil Plébéien. Vachero quoiquhomme de néantnen étoit pas moins fier, moins vif, moins impétueux , moins généreux,moins courageux , moins sensible, & vindicatif; les Nobles sen mettoientpeu en peine. Vachero étoit indigné des hauteurs insultantes, qu'ii enéprouvoit.

Un nouvel accident vînt encore aigrir fa haine contre eux 6: le porta auxderniers excès. Comme il se promenoir sur une place avec sa femme, quel-ques jeunes Nobles sapprocherent, lui dirent des paroles outrageantes & neménagèrent pas même l'honneur de son épouse. Vachero furieux voulut tireríï est înful- raison de ces propos injurieux; mais ses adversaires, joignant le mépris à fou-ie par quel - trage, sexcuserc-nt de le satisfaire fur ce que l'inégalité de leurs conditions ne^ueí Nobles j cur ^rmettoit pas de mettre lépée h la main avec un homme comme lui.en tircr*au- l'lMt doutrages eussent ému la bile de lhomme le plus insensible ou le pluscunesaús- foible. La supériorité conventioneile est un joug que lhomme secoue volon-fa'àmi. tiers ; lidée de son infériorité qui nest ni dans la nature, ni dans son cœur,est quelque chose daccablant pour lui; que sera-ce donc si on l'outrage, sion révolte sa sensibilité en lui portant les derniers coups ? Vachero se retiraoutré, ne roulant dans fa tête que des projets de vengeance. II se plaigniten justice, on se moqua de ses plaintes, que pouvoit il obtenir contre des

No- '

(a) Anecd. Gén. & Corses ann. 162B. Ilist. de Gênes par le Chev. de M. Tom.p,,H2 & suiv. líi. Liv, XIV. p. 137.