DE CORSE
L iv. XXIV. C h. V.h la tctc d’unc nouvelle armée.
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mois après il fe remit cn campagne,
gnit Matra qu’i! défit entièrement. Son ennemi cependant lui échappa, íklìi.hire des’embarqua pour Gênes. Santucci mourut des blessures qu’il avoit reçues dans Co . rs ~ íii -}e dernier combat. __ '
Matra revint bientôt cn Corse. 11 avoit eu h Gênes des conférences avec^Vaij"le Sénat, & lassant servir la République à ses intérêts , il avoit cn Padreflc 1769.
d en tirer des secours en argent. Débarqué fur la côté d’Alcru, il rassembla--
ses anciens partisans, répandit quelques sommes , s’empara de quelques Pié-ves, & marcha avec une troupe devenue nombreuse vers Bozzio où Paoli s’é-toit rendu avc-c peu de monde pour observer les démarches de son ennemidans ces cantons. Celui-ci ne croyoit pas Matra si près de lui, lorfqu’il le vietouc-à-coup déboucher fur Bozzio. II n'eut, dans la surprise, que le teinsde fe jeter dans le couvent de ce village & de s’y barricader. I! alloit y êtreforcé lorsque son frere Clément & un de ses parens nommé Valenrini tombè-rent avec 300 hommes fur Matra & fur la troupe qu’ils taillèrent cn pieces.
Matra reçut, pendant le combat un coup de fusil au genou qui ayant jetél’épouvante parmi ses gens, hâta leur défaite & leur déroute. Leur chef horgd’état de pouvoir fuir, reçut un second coup de fusil qui le tua. Paoli pleurason ennemi & le fit enterrer honorablement à ses fraix; mais il fit sentir toutle poids de fa colere à fes partisans, il détruisit leurs biens, brûla leurs mai-sons,. en emprisonna quelques-uns, leur fit tout le mal qu’ils avoient voulu luifaire, & ne pardonna jamais dit-on, h aucun d’eux.
Paoli victorieux s’occupa de Padminifiration de la justice & de divers régie-mens propres à réparer tous les abus & les vices que l'anarchie avoit intro-duits dans Piste. Sa conduite sage & systématique causa beaucoup d’ombra-ges à la République de Gênes. II s’appliquoit à jeter les fondemens d’ursGouvernement absolument indépendant de la domination Génoise. 11 fut Soulevé -encore arrêté dans Pcxécution de fes projets par un nouveau rival. François ment íle ?•Antoine Colonne, feudatairede Bozzi, homme très considéré par son rang, Colon '
& fes qualités personnelles fe fit élire Général des Corses de la partie d’au-delà les monts. 11 n eut pas beaucoup de peine à fe faire donner cette quali-té par fes vassaux & Ics autres habitans de cette partie de Piste qui n'ayant pointenvoyé leurs députés à la Consulte - Générale qui avoit élu Paoli, fembloitautorisée à ne pas reconnoître Pautorité de celui-ci. L’adrestè , le bonheur
Corse ce qu’est la Comtesse de Montfort dans celle de France & de Bretagne. Placéedans les mêmes circonstances, elle auroit également soutenu des sieges, brûlé des camps,gagné des batailles. Elle réunit à la fois une ame, un courage, & une force de corpspeu communes parmi les femmes. Dans l'absence de fort mari, les Génois voulurent:force r sa maison & l’enlever : elle s’y barricada, & pourvue de vivres & de munitions,elle y soutint un siégé de plusieurs jours. Quelques-uns v des Corses, qu’elle avoit rassem-blés & renfermés chez elle pour l’aider à fe défendre, ayant été tués , les autres s’ef-frayerent & parièrent de Capituler. Cette femme courageuse, indignée de leur lâcheté,prit un baril de poudre & une rneche*aHumée, les porta dans une des salles basses de samaison, & fit dire á fes défenseurs découragés, que, s’ils difeontinuoient de faire feufur les Génois, elle alloit les ensevelir avec elle sous les ruines de fa maison. Les Cor-ses qui connoissoient son intrépidité, ne songèrent plus à fe rendre & furent heureuse-ment secourus par Gaffori qui revint protéger fa femme ce fes foyers. Essai hyiQriqtie-sur la Corse Part. II.