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36 (1773) La suite de l'histoire de la république de Gêne, l'histoire de l'isle de Corse, de Bologne, de Parme et de Plaisance, et l'histoire du duché de Milan
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DE CORSE

L iv. XXIV. C h. V.h la tctc dunc nouvelle armée.

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mois après il fe remit cn campagne,

gnit Matra qui! défit entièrement. Son ennemi cependant lui échappa, íklìi.hire desembarqua pour Gênes. Santucci mourut des blessures quil avoit reçues dans Co . rs ~ íii -}e dernier combat. __ '

Matra revint bientôt cn Corse. 11 avoit eu h Gênes des conférences avec^Vaij"le Sénat, & lassant servir la République à ses intérêts , il avoit cn Padreflc 1769.

d en tirer des secours en argent. Débarqué fur la côté dAlcru, il rassembla--

ses anciens partisans, répandit quelques sommes , sempara de quelques Pié-ves, & marcha avec une troupe devenue nombreuse vers Bozzio Paoli sé-toit rendu avc-c peu de monde pour observer les démarches de son ennemidans ces cantons. Celui-ci ne croyoit pas Matra si près de lui, lorfquil le vietouc-à-coup déboucher fur Bozzio. II n'eut, dans la surprise, que le teinsde fe jeter dans le couvent de ce village & de sy barricader. I! alloit y êtreforcé lorsque son frere Clément & un de ses parens nommé Valenrini tombè-rent avec 300 hommes fur Matra & fur la troupe quils taillèrent cn pieces.

Matra reçut, pendant le combat un coup de fusil au genou qui ayant jetélépouvante parmi ses gens, hâta leur défaite & leur déroute. Leur chef horgdétat de pouvoir fuir, reçut un second coup de fusil qui le tua. Paoli pleurason ennemi & le fit enterrer honorablement à ses fraix; mais il fit sentir toutle poids de fa colere à fes partisans, il détruisit leurs biens, brûla leurs mai-sons,. en emprisonna quelques-uns, leur fit tout le mal quils avoient voulu luifaire, & ne pardonna jamais dit-on, h aucun deux.

Paoli victorieux soccupa de Padminifiration de la justice & de divers régie-mens propres à réparer tous les abus & les vices que l'anarchie avoit intro-duits dans Piste. Sa conduite sage & systématique causa beaucoup dombra-ges à la République de Gênes. II sappliquoit à jeter les fondemens dursGouvernement absolument indépendant de la domination Génoise. 11 fut Soulevé -encore arrêté dans Pcxécution de fes projets par un nouveau rival. François ment íle ?Antoine Colonne, feudatairede Bozzi, homme très considéré par son rang, Colon '

& fes qualités personnelles fe fit élire Général des Corses de la partie dau-delà les monts. 11 n eut pas beaucoup de peine à fe faire donner cette quali- par fes vassaux & Ics autres habitans de cette partie de Piste qui n'ayant pointenvoyé leurs députés à la Consulte - Générale qui avoit élu Paoli, fembloitautorisée à ne pas reconnoître Pautorité de celui-ci. Ladrestè , le bonheur

Corse ce quest la Comtesse de Montfort dans celle de France & de Bretagne. Placéedans les mêmes circonstances, elle auroit également soutenu des sieges, brûlé des camps,gagné des batailles. Elle réunit à la fois une ame, un courage, & une force de corpspeu communes parmi les femmes. Dans l'absence de fort mari, les Génois voulurent:force r sa maison & lenlever : elle sy barricada, & pourvue de vivres & de munitions,elle y soutint un siégé de plusieurs jours. Quelques-uns v des Corses, quelle avoit rassem-blés & renfermés chez elle pour laider à fe défendre, ayant été tués , les autres sef-frayerent & parièrent de Capituler. Cette femme courageuse, indignée de leur lâcheté,prit un baril de poudre & une rneche*aHumée, les porta dans une des salles basses de samaison, & fit dire á fes défenseurs découragés, que, sils difeontinuoient de faire feufur les Génois, elle alloit les ensevelir avec elle sous les ruines de fa maison. Les Cor-ses qui connoissoient son intrépidité, ne songèrent plus à fe rendre & furent heureuse-ment secourus par Gaffori qui revint protéger fa femme ce fes foyers. Essai hyiQriqtie-sur la Corse Part. II.