Sect. V.lîi/îoire deíParme Ude Plaisan-•ce depuis.l'an 1718jufqu'ì l’cn17 ( 53 -
Continuation de kguerre.
345. HISTOIRE DE PARME
étoient convenues de la prendre pour arbitre de leurs différends, & la Hayectoic le théâtre de cette négociation. On avoit applani plusieurs difficultésoccasionnées sur-tout par l’obstination de la Cour Impériale. Ensin Sa Majes-té Britannique & les autres Puiílànces neutres renfermèrent toutes les préten-tions formées de part & d’autres dans deux questions qui furent communi-quées aux Ministres des Princes actuellement en guerre voici ces deuxquestions.
„ L’Empereur & le Roi de France feroient-ils contens que Don Carlos„ restât Roi de Naples & de Sicile, fous la condition de donner à la Maison„ d’Autriche les Duchés de Parme & de Plaisance, une partie du Milanez,„ & le droit de Succéder au Grand Duché de Toscane, comme un équiva-„ lent desdits Royaumes? Le Roi Stanislas fera-t-il content de conserver le„ titre & les honneurs de la royauté, d'être fait Duc de Lorraine, & de voir,, ce Duché érigé en électoral? En conséquence de ce dernier arrangement„ le Duc de Lorraine épousera l’aìnée des Archiducheílès, fera déclaré Roi„ des Romains, entrera d’abord en poílèsiìon des Duchés de Parme & de„ Plaisance, & aura la Toscane h la mort du Grand Duc actuel. On, au„ cas que la seconde proposition soit rejetée, la Pologne ne pourra-t-elle pas„ être partagée entre Stanislas & Auguste pendant leur vie , pour appartenir„ ensuite toute entiere ou survivant de ces deux Rois ?
Les Puissantes belligérantes étoient si acharnées qu’e-lles ne firent presquepas d’attention à ces propositions si modérées. Les Espagnols étoient enflésdes succès continuels de Don Carlos, & les Impériaux outrés de leurs défaitesmultipliées for.geoient moins à la paix qu’à réparer leurs pertes. Les garni-sons des différentes places sortes de la Sicile fe rendirent prisonnières de guerreles unes après les autres. Bientôt Don Carlos, qui voyoit tout plier devantlui, ou fe soumettre à son approche, avant même qu’il parût, réduisit lesforces des Impériaux dans cette 111e h la feule garnison de Messine qu'il obli-gea de rester enfermée dans cette place fans en pouvoir sortir. L'armée Fran-çoise, victorieuse à Parme, n'avoit pas fu profiter de cette victoire. Les en-nemis s’étoient retirés vers Monte Cirugalo, d’où ils s’étoient portés à Reg-gio. Ilscampoient alors dans les plaines de Carpi, à droite de la Secchia,où ils reçurent quelques renforts, le Ministère de Vienne commençoit à rou-gir de fes procédés qui a voient causé la mort d'un brave général & la perted’une bataille. Le Comte de Konigfcgg, un des meilleurs généraux qu’ily eut au service de l’Empereur, eut le commandement de fes armées en Ita-lie, & le Prince Eugene y joignit un détachement qu’il commandoit fur lcRhin. Les alliés fe difpofoient ù faire le íiege de la Mirandole, lorsque cePrince, s’étant mis lui-même h la tête des Impériaux campés dans les plainesde Carpi, vint fe poster à Quingentolo d’où il couvroit la Mirandole. Les-deux armées n'étoient séparées que par la Secchia. Ce grand Général, brû-lant du désir de réparer les pertes & la honte des armes impériales par uneaction d’éclat, pasià à petit bruit la Secchia le 19 de Septembre, & fonditfur les quartiers du Maréchal de Broglic avec tant d’impétuosité & si à pro-pos, que le Général François manqua d'être pris. II eut bien de la peine àfe sauver avec fes enfans & quelques domestiques, laissant tous fes équipages& son bagage au pouvoir des impériaux avec la caille de l'armée quicontenoit