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íp.ct. I. Charlémagne ayant mis fin à l’Empire des Lombards par la défaite de DidierDescrit)- leur dernier Roi, Pavie tomba fous la domination des Empereurs d’AUema-tíon du Mi- g ne> Othon I. la maltraita en 951. Un embrasement violent la réduisit enbn ez * cendres en 1004. Les Milanois qui depuis long-tems étoient jaloux du com-' merce & des richesses de Pavie, la renversèrent en 1059. Mais Frédéric Bar-berousse la rétablit quelque tems après, & lui donna la liberté de fe gouver-ner elle même, fans la soumettre à l’autorité du Vicaire Impérial. Alors leshabitans, dit Muratori, convinrent de fe donner au Pape, & Pavie ne cestid’êtrc fous la domination du St. Siégé que sous le régne des Vifconti qui s’em-parerent de cette ville & la réunirent au Duché de Milan. C’est depuis quePavie fe soumit ?. la domination des Papes, que son Evêque releve immédiate-ment de la Cour de Rome, & n’est suffragant d’aucun Archevêque. Chacunfait que c’est dans le parc de Pavie & pour ainsi dire sous les murs de cetteville que François I, Roi de France, perdit la bataille où il fut fait prison-nier le 24 Février 152A, jour de St. Mathias, jour de la naissance de Char-les-Quint, jour, disent les historiens, qui fut toujours heureux pour cet Em-pereur. Mais qui croiroit que, pour venger cet affront, les François deuxans après & fous la conduite du Vicomte de Lautrec, dévastèrent tellementcette ville & lui cauferent tant de dommage que depuis lors elle n’a pu fe re-lever entièrement? Pavie étoit-elle cause que les François fe montrèrent moinsvaillans que les Espagnols? Ce sentiment de vengeance est bien petit & nesert qu’à rendre les François odieux ; il est indigne d’un grand Général & d’uagrand Roi; il ne convient qu’à un Général efféminé & à un Roi dont la puis-sance est arbitraire, qui veut que rien ne lui résiste, & qui comme Xercès faitfouetter les mers, lorfqu’il s’éleve une tempête qui tourmente ses vaisseaux.Voilà jufqu’à quel point d’aveuglement conduit-le despotisme arbitraire, lahonte & l’effroi de l’Univers. Cependant les Espagnols pour ridiculiser lesFrançois, &fur-tout le Vicomte de Lautrec, érigèrent en 1530 une colonnede marbre dans l’Eglife des Chartreux de Pavie dans l'endroit même ou Fran-çois I. s’étoit mis ù genoux pour faire à Dieu cette prière: Bonum mihi quiahumìliafii me , ut dìfcam juJìificaHones tuas ; & ils y mirent une inscriptionfastueuse, où ils infultoient (ur-tout le Vicomte de Lautrec. Ce monumentsubsista jufqu’en 1734, tems auquel les François qui s’étoient emparé de toutle Milanez sous le commandement du Maréchal de Coigni, renversèrent- cettecolonne.
La ville. Pavie est une grande ville, bien bâtie, bien percée, bien aîlignée, maistrès-peu peuplée. La grande place est entourée, d’un portique ouvert en Ar-cades , orné en quelques endroits de peintures à fresque du Correge, du Par-mesan , & de quelques autres peintres de l’école de Lombardie. Pavie ren-ferme dans son enceinte plusieurs tours quarrées très-élevées, bâties de brique& construites dans le goût gothique. Les habitans montrent une de ces toursdans laquelle ils prétendent que Théodoric fit ' renfermer le Philosophe Boë-ce, & ils vont la visiter avec dévotion. Les Rois Lombards ayant choisiPavie pour y tenir leur cour & en faire la capitale de leur Empire, ontlaiffé beaucoup d’établissemens dans cette ville, & y ont fondé plusieursEglises, couvens &. monastères, Cette ville est si dépeuplée qu’Addifon