DE MILAN. L iv. XXIV. C h. \TTT. 411
générale de tous les Lombards se tint en conséquence dans le grand cirque de Sccr. in.Milan, & proclama Roi le jeune Adolald ou Adoloald. Quelques jours après Histoire faAgilulf convoqua l’aísemblée des Etats pour lui apprendre que l'Empereur Hé- de.radius le jeune, qui venoic de succéder h Phocas , lui avoit proposé de lui ^donner tous les ans trois cents écus d’or à condition d’être son allié. Les Etats i’ an 774!
remercièrent Agilulf, & confirmèrent par leur consentement le traité qui fut-—
conclu entre le Roi des Lombards & l’Empereur de Constantinople.
Adolald succède à son pere, n’ayant encore que treize ans, & Théodeîin- La hpreftde fut chargée de la régence par les Etats du royaume. Ce fut fous la ré- «»'-gence de Théodelinde qu’on connut pour la premiere fois à Milan la maladie â-de la lepre, laquelle devint beaucoup plus commune dans les siécles suivants.Malheureusement pour le jeune Adolald, la reine sa mere mourut quelquesannées après; & comme Adolald étoit un Prince foible & fans vigueur, Arioaldson beau-frere usurpa la couronne, & sic emprisonner le jeune Roi. II ne secomporta pas moins sévèrement à l’égard de la reine sa femme sœur d’Ado-lald ; & il la fit renfermer dans le château de Lomello fur une fausse accusa-tion , & sous prétexte qu’elle entretenoit une correspondance amoureuse avecle duc Tazon. Mais Dagobcrt Roi de France ayant appris que cette Prin-cesse à laquelle il étoit allié, se trouvoit innocente du crime dont Adalulf mi-nistre d’Arioald l’avoit accusée, envoya des Ambastàdeurs au Roi des Lom-bards pour lui faire des plaintes fur ses mauvais procédés envers la reine faparente. En même tems les Ambassadeurs proposent au Roi de permettreun combat en champ-clos pour découvrir si cette Princesse étoit innocente oucoupable. Arioald sut obligé d’y consentir, & un certain Piston, domestiquede Gondeberge (c’étoit lc nom de la reine) s’ossrit h combattre l’accusateur.
Le combat se fit dans le cirque de Milan, h la vue de tout le peuple qui sai- 615.soit des vœux pour que Je Ministre du Roi fut tué. Effectivement Adolulf Combat enfut mis à mort ; la reine sortie de prison, & recouvra les honneurs dus à sonrang. Nous avons fait mention de ce combat au champ-clos, pareeque c’estle premier qu’on eut encore vu à Milan.
Arioald mourut son enfans, & les Etats Généraux du royaume convoqués à 6z6.Milan, déférèrent la couronne à Rothar Duc dc Brefce ou Brefcia, à condi- Code Lm Jdon qu’il épouserait la reine Gondeberge. Mais ce Prince ingrat oublia bien- bard.toc qu’il lui devoir le trône, & l’abandonna honteusement pour fc livrer h scsmaîtresses. Cependant Cìovis II Roi de France lui envoya des Ambassadeurspour sc plaindre de la conduite qu’il tenoit à l’égard d’une Princesse du sangde Mérocré, & fit rendre à Gondeberge la liberté, les honneurs de son rang,
& scs revenus. C’est Rothar qui le premier, dans une dicte convoquée àMilan, fit rédiger par écrit plusieurs loix Lombardes dont il fit un code duconsentement unanime de la nation assemblée. Les Lombards, jufqu’au ré-gné de Rothar, n’avoient point eu dc loix écrites & ne s’étoient réglés quesor des coutumes & des usages qu’ils tenoient de leurs ancêtres par tradition :coutumes qui n’étant point revêtues de l’autorité des Etats, laiíJoienr au plusfort la liberté d’opprimer Ic plus foible. On apprend, par une dc ces loixlombardes, que les filles étoic-nt distinguées des femmes par la différence descheveux : les femmes étant obligées, ou de les couper , ou de les retroussersous un bonnet, & les filles devant les laisser flotter dans toute leur longueur.
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