DE M I L A N.' Liv. XXIV. C h. VIII. .43 r
„ s écrie: je vous rends grâces ô Christ! de ce que vous daignez aujourd’hui $ zcv ^„ me comprcr entre vos marcyrs. Sur ce qu’ils lui demandent une seconde Histoire de„ toi?, si Gui est un véritable Archevêque, il répond avec fa constance ordi- MiJ.in de-,, nuire: i! ne l'cst point. C est pourquoi fur le champ ton nez & fa lèvres„ supérieure font abattus. Ses deux yeux font ensuite arrachés; ils lui cou- q U ’eni26-'~.
„ pent après cela la main droite, en disant:, c’est par clic qu’étoient écrites-
„ les lettres qu’on adresiòit à Rome. Ensuite ils lui coupent à la racine mê-„ me le membre génital,, radicitùs membi'um amputant génitale , en lui di-„ sent: jusqu'ici tu fus un prédicateur de la chasteté; déformais tu feras chaste„ toi-même. Enfin arrachant fa langue par dessous le menton ils disent:
„ qu’eìle fe taise à présent, elle qui mit le trouble dans les familles des clercs,
„ & qui les dispersa. C’est ainsi que cette âme sainte fut affranchie des liens„ de la chair &c. (á) ”.
Les disciples d’Ariald trouveront le secret de fe procurer l’habit de leurmaître; ils le promènent en procession dans Milan, & cette robe devient,ainsi que celle de César, le signal d’une guerre sanglante.. Le Chevalier Hc-r-
10 6 t .La robed'ylriali
letnbnld, sectateur d’Ariald, arbora le premier l’étendart de rébellion contrel’Archevêque. Le peuple court aux armes pour venger la mort du Saint Mar- wc ,- fí unt Jtyr, l’Archevêque est saisi dans son palais, & fait prisonnier. Aussitôt le? guerre ci-vaíïàux du Prélat prennent les armes, dissipent la multitude , & viennent le viií ‘délivrer. II sc donne plusieurs combats dans les rues, & la discorde régnéentre le peuple & la noblesse. Alexandre II. qui étoit de Milan , quitte Ro-me aussitôt, & vient rétablir le calme dans fa chere patrie. II tâche d’adou-cir les esprits par fes exhortations, & après avoir réprimandé le clergé & faitquelques réglemens pour le maintien de la discipline ecclésiastique, il reprend 1Ic chemin de Rome. Mais les esprits étoient trop aigris, la division régnoittoujours, & le Pape fut obligé d’envoyer des légats pour appaifer le peuple,
& pour contenir les nobles.
L'année suivante, Gui de Velate, h la sollicitation des légats apostoliques L’Arche-fe détermine à abdiquer son siégé , & nomme pour lui succéder Godefroi de vêque ahdi -Castiglione Cardinal foudiacre de l'église de Milan, son ami intime, & en 3 “ e s° nmême tems celui de l’Empereur Henri III. dont il obtint fur le champ l’in- Jvestiture. Mais les habitans toujours soutenus & conseillés par le ChevalierHerlembald, refusent de reeonnoìtre cet Archevêque, & lui serment les por-tes de la ville. Alors le Pape Alexandre II, à la sollicitation du sévere Car-dinal Hildébrand,.excommunie l’Archevêque comme un ìnvaseur Sìmomaqit <r,.en ordonnant an peuple de Milan de ne point souffrir, qu’il mit la main furles revenus de l’Archevêché.. Gui de Velate fe voyant par là privé de la fortepension qu’il s’étoit réservée, conçoit le deísein de remonter sur son siégé &de rentrer dans son église,. Pour mieux en venir à bout, il cherche à se ré-concilier avec Herlembald, & fait toutes les basièsses imaginables afin de se serendre propice, Le Chevalier lui promet fa faveur,. & lui accorde une en-trevue; mais dès que l'exarchevêque est arrivé au lieu désigné, on l’arrêteprisonnier, & on le tient renfermé. Heureusement pour lui, & malheureu-sement pour les habitans r un incendie violent ravagea plus de la moitié de la.
(d) Anìreas, Abbas Valkmbros. ulî suprà cap. Z9,