ET DE SARDAIGNE. Liv. XXIV. Ch/'XIU. * z
Bourgogne & de Berri une promesse écrice, par laquelle ils donnoient leurparole de ne point retenir Aîné VIII, il conduiíìt le Comte à Tournus, oùle mariage fut célébré (i).
Toutefois quelqu’affurance que donnât àVillars la promesse des deux Princes,il ne vit point fans s’allarmer le changement qu’ils firent, soit relativement íla garde du Souverain, soit h l'égard du Conseil de Régence. En effet, ilslui donnerent deux adjoints à la place de Gouverneur & nommèrent plusieursconseillers de régence. Cette derniere innovation nuisoit infiniment aux in-térêts de Bonne de Bourbon, & annéantiílbit presque tout-à-fuie son autori-té. Car, il étoir évident que ce n’étoit que pour ruiner son crédit, que cesPrinces avoic-nt mis auprès du Comte des personnes qui n’étoienc attachéesqu'à eux, & qu’ils avoient écarté, au contraire, tous ceux qui avoient laconfiance de la Régente. II eíl bien difficile qu'une femme voie fans émo-tion décroître son autorité : Bonne de Bourbon se montra fort sensible à ceschangemens, se crut insultée & se plaignit vivement au Duc de Bourbonson frere, qui ne diffimula point son reílèndment au Roi, au Duc de Berri& au Duc d’Orléans ( 2 ). N J ais quelque sensibilité que le Roi de France té-moignât cn cette occasion, & quelque déplaisir qu’il eut de la conduite im-périeuse du Duc de Bourgogne, les circonstances l’obligerent de dissimuler:car il eut été trop dangereux alors d’irriter le Duc de Bourgogne, beau-pere dajeune Comte de Savoie, «Sc qui jouissent d’une puifiance, presqu'égale à celledu Roi de France lui-même. Cependant comme il importoit d’adoucir leressentiment de Banne de Bourbon, & de connoître les véritables intentionsdu Prince dont elle sc plaignoit, le Roi, du consentement des Ducs de Berri,de Bourbon & d’Orléans, remit cette affaire au jugement du Duc de Bour-gogne lui-même, qui eût peut-être mieux aimé qu’on eût pris une voie plusrigoureuse, il répondit généreusement h la confiance du Souverain, & aprèsavoir réglé ce qui étoit du à Bonne de Bourbon pour son douaire & sesjoyaux, il la rétablit dans son autorité, & lui rendit un pouvoir, dont ellene se servit que pour le bonheur du Peuple, & pour celui de son Pupille.De son côté, le Duc de Bourgogne prit vivement les intérêts de son gendre,& afin aue rien ne troublât fa minorité, il eut attention de renouvelles lesanciennes alliances faites entre la Maison de Savoie, le Duc de Milan, leMarquis de Montferrat «Sc le Prince de 1a Morée ( 3 ).
Ce même Otthon, Seigneur de Grandson, qui, soupçonné d’avoir em-poisonné Amé VII, avoit été mis en justiœ, absous, «Sc cependant obligé de5 'expatrier, eut h soutenir une quérelle dont les suites pensèrent être fâcheu-ses pour le public, «Sc qui pourtant ne fut funeste qu’à lui seul. Grandsonavoit violé dans le Pays de Vaud la femme d’un Gentil-homme nommé Sta-yoyé. Contraint par la haine publique, de s’éloigner de Savoie, il avoit étépalier quelques- années, tantôt en France, tantôt en Angleterre, «Sc il y avoitacquis beaucoup de réputation par fa valeur «Sc ses succès dans plusieurs com-bats dont st étoit toujours sorti vainqueur. Cependant, l’amour de la patrie
(1) Hist. de Bourgogne. Hijl. Salaud. ...
(i) Chroniq. de Sav. Botero. Corio.
(4) Guichenon. lUst. 4 e la Roy, Mais. de Sav. T. 1. p.
A r
SïCT. llïiHistoire titSavoie Nde Piemonçi39i-I49S.
Ressenti-ment deBonne deBiurbon.
Combat
mémorable
entre
Grandson
Stavoyé,
1396 .