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38 (1776) La suite de l'histoire des duchés de Savoie et de Piémont et du royaume de Sardaigne, et l'histoire de Genève
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ET DE SARDAIGNE. Liv. XXIV. Ch/'XIU. * z

Bourgogne & de Berri une promesse écrice, par laquelle ils donnoient leurparole de ne point retenir Aîné VIII, il conduiíìt le Comte à Tournus,le mariage fut célébré (i).

Toutefois quelquaffurance que donnât àVillars la promesse des deux Princes,il ne vit point fans sallarmer le changement quils firent, soit relativement íla garde du Souverain, soit h l'égard du Conseil de Régence. En effet, ilslui donnerent deux adjoints à la place de Gouverneur & nommèrent plusieursconseillers de régence. Cette derniere innovation nuisoit infiniment aux in-térêts de Bonne de Bourbon, & annéantiílbit presque tout-à-fuie son autori-. Car, il étoir évident que ce nétoit que pour ruiner son crédit, que cesPrinces avoic-nt mis auprès du Comte des personnes qui nétoienc attachéesqu'à eux, & quils avoient écarté, au contraire, tous ceux qui avoient laconfiance de la Régente. II eíl bien difficile qu'une femme voie fans émo-tion décroître son autorité : Bonne de Bourbon se montra fort sensible à ceschangemens, se crut insultée & se plaignit vivement au Duc de Bourbonson frere, qui ne diffimula point son reílèndment au Roi, au Duc de Berri& au Duc dOrléans ( 2 ). N J ais quelque sensibilité que le Roi de France té-moignât cn cette occasion, & quelque déplaisir quil eut de la conduite im-périeuse du Duc de Bourgogne, les circonstances lobligerent de dissimuler:car il eut été trop dangereux alors dirriter le Duc de Bourgogne, beau-pere dajeune Comte de Savoie, «Sc qui jouissent dune puifiance, presqu'égale à celledu Roi de France lui-même. Cependant comme il importoit dadoucir leressentiment de Banne de Bourbon, & de connoître les véritables intentionsdu Prince dont elle sc plaignoit, le Roi, du consentement des Ducs de Berri,de Bourbon & dOrléans, remit cette affaire au jugement du Duc de Bour-gogne lui-même, qui eût peut-être mieux aimé quon eût pris une voie plusrigoureuse, il répondit généreusement h la confiance du Souverain, & aprèsavoir réglé ce qui étoit du à Bonne de Bourbon pour son douaire & sesjoyaux, il la rétablit dans son autorité, & lui rendit un pouvoir, dont ellene se servit que pour le bonheur du Peuple, & pour celui de son Pupille.De son côté, le Duc de Bourgogne prit vivement les intérêts de son gendre,& afin aue rien ne troublât fa minorité, il eut attention de renouvelles lesanciennes alliances faites entre la Maison de Savoie, le Duc de Milan, leMarquis de Montferrat «Sc le Prince de 1a Morée ( 3 ).

Ce même Otthon, Seigneur de Grandson, qui, soupçonné davoir em-poisonné Amé VII, avoit été mis en justiœ, absous, «Sc cependant obligé de5 'expatrier, eut h soutenir une quérelle dont les suites pensèrent être fâcheu-ses pour le public, «Sc qui pourtant ne fut funeste quà lui seul. Grandsonavoit violé dans le Pays de Vaud la femme dun Gentil-homme nommé Sta-yoyé. Contraint par la haine publique, de séloigner de Savoie, il avoit étépalier quelques- années, tantôt en France, tantôt en Angleterre, «Sc il y avoitacquis beaucoup de réputation par fa valeur «Sc ses succès dans plusieurs com-bats dont st étoit toujours sorti vainqueur. Cependant, lamour de la patrie

(1) Hist. de Bourgogne. Hijl. Salaud. ...

(i) Chroniq. de Sav. Botero. Corio.

(4) Guichenon. lUst. 4 e la Roy, Mais. de Sav. T. 1. p.

A r

SïCT. llïiHistoire titSavoie Nde Piemonçi39i-I49S.

Ressenti-ment deBonne deBiurbon.

Combat

mémorable

entre

Grandson

Stavoyé,

1396 .