ET DE SARDAIGNE. Liv. XXIV, C h . XIII. 47
fera le Concile h Ferare, alléguant pour cause de cette translation, l’arrivéede l’Empereur & du Patriarche de Constantinople qui étoient déja h Venise,
& qui vouloient stncerement travailler à la réunion des Eglises Grecque &
Latine ( 1 )..
Ce fut Eugene lui-même qui écrivant au Duc de Savoie, lui donna le pre-mier avis de cette translation, le priant de disposer les Prélats aíïèmblcs h Bálede se rendre h Ferrare. Amé VIII remplit volontiers cette commission ; maisil ne réussir point; les Peres du Concile- étoient trop irrités contre Eugene,pour lui accorder ce qu’ils lui avoient jusqu’alors si constamment refusé; lisoffrirent seulement d’allc-r à Avignon, où le Patriarche des Grecs & l’Empe-reur pourroient encore plus facilement se rendre par mer qu’à Ferrare.
Cet arrangement ne plut point à Eugene, il persista dans ses anciennes dis-positions; le Concile irrité le cita de nouveau à comparaître à Bále, avecprotestation de lui faire son procès comme à un Contumax. Cette menacepénétra le Pontife de tant d’indignation, qu’il caíla pour la seconde fois leConcile de Baie, déclarant qu’il n’y en aurait peint d’autre qui fut légitimeque celui qu’il avoir convoqué à Ferrare; en même tems il pria le Duc. deSavoie d’obliger les Evêques & Prélats de ses Etats de se trouver dans cettederniere Ville, mais la.chose étoit impossible; tous ces Prélats étant depuis-long-tems au Concile de Bále, dont il étoient très-zélés partisans. Amé fitcependant tout ce qu’il put, pour rendre service au Souverain Pontife; maisses négociations ne furent pas plus heureuses que les démarches qu’il avoicdéja faites à cet égard ( 2 ).
La peste qui s'introduisit à Ferrare empêcha le Concile de s’y rnsièmbler,.
& il fut transféré à Florence, où le Pape sc hâta de se rendre. Mais pen-dant qu’il tâchoit de donner h cette asièmblée toute Factivité possible, le Con-cile de Bále cassoit par avance tout ce qui s’y feroit; & interdisit à Eugenetoutes les fonctions du suprême Pontificat. Néanmoins tout interdit qu’étoicce Pape, & quelque nul qu’eût été déclaré le Concile de Florence,.il s’y Le Concilefit de plus grandes choses qu’à celui de Bile, puisque les Grecs y reconnu- de Bdi, terent leurs erreurs, & s’unirent à l’Eglise Romaine. Cette réunion depuis si dépose de lalong-tems desirée ne fit aucune impression fur les Pérès du Concile de Bàle, Papauté.qui, poussés par la plus violente haine, frappèrent contre Eugene ie der- 439 M44-nier coup de proscription, & le déposèrent solemnellement par un décretdu 25 Ju in 143 9 (3>
Amé VIII profondément affligé de cet acte de rigueur, qui suivant quel-ques -uns passoit les bornes de l’autorité du Concile,, sic entre les mainsd’un Protonotaire Apostolique, & en présence de quelques-uns des princi-paux membres de son Conseil, une protestation , par laquelle il déíàvouoittout ce que ses Ambassadeurs à Bále pourroient avoir fait contre l’obéiflàncedue à l’Eglife Catholique, à laquelle son intention invariable, étoit de resterconstamment attaché..
Peu contens d’avoir déposé Eugene IV, les Peres du Concile de Báles’occuperent du foin de donner à l’Eglise un nouveau Chef: ils jetteren; d’a*
( 1 ) Annal. Ecoles. Platina.
( 2 ) Hìjl.'de Sav. Annal. Eccléjtqíl;
( 3 ) Guichenon, tìifi. Gén. de la Roy. Mais. de S»y, T. J. sol.' 488 .
Sect. IIÎ,Histoire deSavoierfíPieraont.1391-149C.
Il ordonnela transi-tion duConcile ;iFerrare,
II cesse le-Concile de ■Bile,