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38 (1776) La suite de l'histoire des duchés de Savoie et de Piémont et du royaume de Sardaigne, et l'histoire de Genève
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GENEVE; Liv. XXIV. Ch. XIV.

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Conseil des Deux-ccens prétendit que celui des Vingt-cinq empiétoitfur ses droits; le peuple, encore mieux fondé, plaignit , murmurapendant plusieurs années; & ce mécontentement, aigri par des discoursde quelques esprits inquiets, éclata tout-à-coup en 1734. Les Ci-toyens prirent les armes, & la discorde divisa les Conseils & la bour-geoisie. Plusieurs Genevois, amis de la patrie & de la paix, entre-prirent de rétablir le calme, & à force de foins, dexhortations, & dpfiges remontrances, ils réussirent en partie: mais deux ans sétoiem àpeine écoulés, que les troubles recommencèrent en 1736, au sujet dequelques libelles séditieux, dont les Magistrats a voient fait arrêter lesauteurs. Le peuple se souleva, & la crainte dune discorde irremédia.ble , obligea les Magistrats de rendre la liberté aux coupables. Lepeuple parut satisfait ; mais cet acte de déférence , ne rétablit, ni lebon ordre , ni la concorde que la défiance avoit fait diíparoître : &malgré la déclaration publiée par les Magistrats, la mésintelligence fesoutint, & ses effets ne demeurèrent suspendus, que jusqu'à ce quil sof-frit une occasion nouvelle : cette occasion ne tarda point à fe préfen-ter. Au mois dAoût 1737, quatre bourgeois convaincus, ou quon pré-tendoit létre, de quelques propos calomnieux, tendans à exciter unesédition , furent condamnés, deux à un bannissement pour deux an-nées, & les deux autres, à garder les arrêts estez eux pendant le-nae tetns. Ces bourgeois étoienr aimés du peuple, il saílembla tumul-tueusement & courut demander leur liberté; elle fut refusée ; les bour-geois furieux, prirent les armes, & dès ce moment, Genève fut rem-plie de troubles , de désordre & de confusion : les citoyens fe divisè-rent, le Conseil fut fans autorité, les loix fans force, les magistratsfans puissance ; les différens partis sactaquoient, & fe faifoient uneguerre cruese, qui eût fini par opérer la ruine totale de la République,si la France & les Cantons de Berne & de Zurich, neuííent cherché,par leur médiation, à faire cesser cette dangereuse Anarchie. Le Com-te de Lautrechr,Plénipotentiaire de France ôt les RepreTeutans de Ber-ne & de Zurich , travaillèrent avec autant dintelligence que de bon-heur à réunir les Genevois. Dans cette Vue, ils proposèrent un plande pacification, par lequel ils régloient dune maniéré invariable le pou-voir des deux Conseils & les droits de la bourgeoisie. Ce plan futagréé des deux partis, & tout ce qui avoit occasionné cette vive dis-pute, suc décidé par un règlement composé de quarante-qnatre arti-cles, approuvés par les Conseils & par la bourgeoisie. Ce nouvel ac-te fut passé le 7 Avril 1738; le voici en entier.

Au nom de Dieu ; Amen . Les troubles A divisions arrivés dans laville de Genève dès Tannée 1734, ayant été portés au point dy attirerles horreurs dune guerre civile, dont les fuites, funestes auroient laplonger dans les plus grands malheurs & entraîner la perte enciere delEtat: Sa Majesté Très- Chrétienne , étant informée de Textrême danger fe trouvoit cette République, quelle a toujours honoré de fa bien*veillance; & faisant dailleurs attention à Talliance quelle a avec este,a bien voulu lui accorder fa médiation , conjointement avec celle dqs

Sect. IV.Histoire daGenève1603.-17 <58

Troublas.

1734-

Nouvellss

distensions.

1735 .

Méconten-tement gé-néral de ! r-BourgeoistiGenevoile.

Í737-

Médiationde la Fran-ce sis deBerne si?Zurich.

Plan da pa-cification.1738 .