PRESQU’ISLE AU-DELA DU GANGE. Liv. XIV. Chap-, m. ÍS3H s tira heureusement de ce mauvais pas : étant arrivé dans le Port, il dé- Ss'eTiow, ar qua à leur priere cinquante hommes qu’il commandait, & marchant' iii;
* n mt avec quantité de flambeaux & à grand bruit, il fit croire aux en- Jsstsst™e mis qu’il amenoit un secours considérable. Auflitôt qu’il fut arrivé au can>V arn P> on donna l’aflaut, le Fort fut emporté, & plus de mille Maures—-—urent passés au fil de l’épée. Les habitans de l’ifle, qui avoient.déja étéau jets des Portugais se soumirent d’abord, & furent reçus en grâce, à°ndition qu'ils livreroient à Tibao tous les étrangers qui fe trouvoientans l’Ifle. Ils lui amenerent encore plus de mille Maures, & à mesurearrivaient il leur abbattoit la tête. C’est ainsi que Tibao se rendit*^Hre de l’ifle de Sundiva, où il étoit obéi comme Seigneur absolu, quie dépendoit de personne (a).
Pour récompenser les principaux Portugais qui l’avoient servi dans cet- Sa Puis'
2 occasion, il leur donna des terres dans rifle, & s’en étant repenti en- A ; «"j &UlCe il les leur ôta. Au-lieu de payer au Roi de Bacala la moitié des re- 7 r *Ve nus, comme il s’y étoit engagé, il lui déclara la guerre, devenant in - sgrat à insolent à mesure que sa puissance augmentoit. II avoit sous ses0r dres mille Portugais, & deux-mille habitans naturels bien armés, deux-cens chevaux,& plus de quatre-vingt vaisseaux, avec de bonne artillerie.
'“ Q mme beaucoup de Marchands venoient trafiquer à Sundiva , il y établitDouane, & les Princes voisins, étonnés de ses prodigieux succès,re-Chercherent son amitié. II enleva au Roi de Bacala les Isles de Sbavapur
Shavaspur & de Patelabanga , & fit encore des conquêtes fur d’autrespinces,en sorte qu’il se vit tout d’un coup puissamment riche, & en étatd’aller de pair avec bien des Princes : mais tel qu’un Météore, son éclatVe sot pas de durée, & s’évanouic promptement.
Pendant que la fortune favorisoit Sébastien Gonsalès à Sundiva , il s’éleva un Révolutiondifférend entre le Prince d’Arracan & le Roi Anaparam. Le Prince n’ayant en Arra-pu obtenir de son frere, ni par prières ni par menaces, un éléphant auquel Cïn *on prétendait que tous les autres rendaient une forte d’hommage, levaune puissante armée, & enleva à son frere la Couronne, & cet animal sidésiré. Anaparam s’enfuit auprès de Sébastien Gonsalès , & implora son as-sistance ; le Portugais lui demanda fa sœur en otage » & après qu’elle luieut été remise, il se mit en campagne avec Anaparam pour aller combat-tre le Conquérant. Mais que pouvoit-il entreprendre avec ses forces peu^ombreuses contre une armée de quatre-vingt-mille hommes, & où il yavoit sept-cens éléphans? Le Monarque détrôné retourna avec Tibao àSundiva,où il transporta sa femme, ses enfans,ses trésors & ses éléphans.si devint ainsi sujet de ce Prince postiche, qui après avoir fait baptiser la^ur du Roi, l’épousa, prétendant lui faire beaucoup d’honneur, tant il^oit oublié la bassesse de sa naissance. Peu de tems après Anaparam mou-^t, non fans de violens soupçons d’avoir été empoisonné; car Gonsalès ,
»un s égard pour fa veuve & son fils, s’empara de sës richesses, de ses élé-Mans ,& de tout ce qui lui appartenois.- II voulut,pour fermer la bouche
au
(a) Dc Paria , ubi sup- ?- I 55