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19 (1762) L' histoire de la presqu'isle en-deça du Gange, savoir des royaumes de Decan, de Bisnagar, de Golconde, de la côte de Malabar ...
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PRESQUISLE AU-DELA DU GANGE. Liv. XIV. Chap-, m. ÍS3H s tira heureusement de ce mauvais pas : étant arrivé dans le Port, il- Ss'eTiow, ar qua à leur priere cinquante hommes quil commandait, & marchant' iii;

* n mt avec quantité de flambeaux & à grand bruit, il fit croire aux en- Jsstsste mis quil amenoit un secours considérable. Auflitôt quil fut arrivé au can>V arn P> on donna laflaut, le Fort fut emporté, & plus de mille Maures-urent passés au fil de lépée. Les habitans de lifle, qui avoient.déja étéau jets des Portugais se soumirent dabord, & furent reçus en grâce, à°ndition qu'ils livreroient à Tibao tous les étrangers qui fe trouvoientans lIfle. Ils lui amenerent encore plus de mille Maures, & à mesurearrivaient il leur abbattoit la tête. Cest ainsi que Tibao se rendit*^Hre de lifle de Sundiva, il étoit obéi comme Seigneur absolu, quie dépendoit de personne (a).

Pour récompenser les principaux Portugais qui lavoient servi dans cet- Sa Puis'

2 occasion, il leur donna des terres dans rifle, & sen étant repenti en- A ; «"j &UlCe il les leur ôta. Au-lieu de payer au Roi de Bacala la moitié des re- 7 r *Ve nus, comme il sy étoit engagé, il lui déclara la guerre, devenant in - sgrat à insolent à mesure que sa puissance augmentoit. II avoit sous ses0r dres mille Portugais, & deux-mille habitans naturels bien armés, deux-cens chevaux,& plus de quatre-vingt vaisseaux, avec de bonne artillerie.

' Q mme beaucoup de Marchands venoient trafiquer à Sundiva , il y établitDouane, & les Princes voisins, étonnés de ses prodigieux succès,re-Chercherent son amitié. II enleva au Roi de Bacala les Isles de Sbavapur

Shavaspur & de Patelabanga , & fit encore des conquêtes fur dautrespinces,en sorte quil se vit tout dun coup puissamment riche, & en étatdaller de pair avec bien des Princes : mais tel quun Météore, son éclatVe sot pas de durée, & sévanouic promptement.

Pendant que la fortune favorisoit Sébastien Gonsalès à Sundiva , il séleva un Révolutiondifférend entre le Prince dArracan & le Roi Anaparam. Le Prince nayant en Arra-pu obtenir de son frere, ni par prières ni par menaces, un éléphant auquel Cïn *on prétendait que tous les autres rendaient une forte dhommage, levaune puissante armée, & enleva à son frere la Couronne, & cet animal sidésiré. Anaparam senfuit auprès de Sébastien Gonsalès , & implora son as-sistance ; le Portugais lui demanda fa sœur en otage » & après quelle luieut été remise, il se mit en campagne avec Anaparam pour aller combat-tre le Conquérant. Mais que pouvoit-il entreprendre avec ses forces peu^ombreuses contre une armée de quatre-vingt-mille hommes, & il yavoit sept-cens éléphans? Le Monarque détrôné retourna avec Tibao àSundiva,où il transporta sa femme, ses enfans,ses trésors & ses éléphans.si devint ainsi sujet de ce Prince postiche, qui après avoir fait baptiser la^ur du Roi, lépousa, prétendant lui faire beaucoup dhonneur, tant il^oit oublié la bassesse de sa naissance. Peu de tems après Anaparam mou-^t, non fans de violens soupçons davoir été empoisonné; car Gonsalès ,

»un s égard pour fa veuve & son fils, sempara de sës richesses, de ses élé-Mans ,& de tout ce qui lui appartenois.- II voulut,pour fermer la bouche

au

(a) Dc Paria , ubi sup- ?- I 55