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fierté ottomane ; et le voyage extraordinaire de l’impé-ratrice à Kerson et dans la Crimée , où elle s’étoit fait mai 1787accompagner par l’empereur Joseph II , jeta l’alarmejusque dans la ville de Constantinople . Le peuple decette capitale croyoit entrevoir, dans ce voyage, undessein prémédité des cours de Pétersbourg- et deVienne, d’anéantir l’empire ottoman et de s’en par-tager les dépouilles La cour de Londres, appuyéede celle de Berlin , souffloit adroitement le feu quicouvoit sous les cendres. Elle vouloit se venger desdifficultés que la cour de Saint-Pétersbourg avoit ap-portées au renouvellement de son traité de commerce,,et des conditions avantageuses qu’elle venoit d’accor-der à la France par le traité de commerce conclu aveccette puissance 1 2 . La grande activité que la Russie donnoit à son commerce de la mer Noire , depuisqu’une entière liberté lui avoit été assurée par sestraités avec la Porte 3, excitoit aussi la jalousie del’Angleterre qui craignoit que les rapports de com-merce qu’elle eutretenoit avec cette puissance par lamer Baltique n’en reçussent une atteinte. Les Turcsavoient d’ailleurs à se plaindre du consul russe enMoldavie , qui, à ce qu’ils disoient, ne cherchoitqu’à troubler la paix et la bonne intelligence entre lesdeux empires ; ils en demandoient le rappel ■, et exi-geaient eti outre que l’impératrice renonçât à la pro-tection du prince Héraclius , et qu’elle retirât ses
1 Voyez, sur les motifs vrais et secrets de ce voyage j IY1. DES te un, Histoire de Frédéric - Guillaume II, tom. 1, pag. g4„
Selon cet habile négociateur , il s’agissoit moins entre les deux coursde détruire l'empire turc que de ressusciter les républiquesgrecques.
2 Oe traité, qui fut signé le 11 janvier 1787 à Saint-Pétersbourg parM. de Ségur , aceordoit à la France les mêmes avantages dontjusqu’alors les Angloisavoient joui exclusivement. Martens , t. III,p. 1. Ce traité de commerce devoit être suivi d’un traité d’allianceentre la France et la Russie ; il fut empêché par la pusillanimité ducabinet de Versailles . Voyez M. de Ségur. , t. II,- p. 8.
'' Le traité de commerce qui fut signé à Constantinople , le 21juin 1783, entre la Russie et la Porte, ouvrit expressément,. aupavillon russe , tous les ports et toutes les mers de la Porte. Mae-tens , Recueil , t. II, p. 3y3.