DES EXARQUES DE RAVENNE, Lc. Liv. IV. Cn. XVII. 211
me, & garda les autres Provinces, dont nous avons fait mention ci-dessus, Spct.ÏI.comme Royaume de Lombardie. II laissa, comme ses Prédécesseurs avoient Histoire -fait, les autres Ducs en possession de leurs Duchés, fe contentant du fer-ment de fidélité, qu’il les obligea à renouveller annuellement. Ce serment ^ S j’ e ‘étoit conçu en ces termes: Je promets, de bonne foi, d'être fidèle à mon mondeSouverain Charles &? à [es fils , austì longtems que je vivrai; ■&’ je jure par Cléphis,ces Saints Evangiles que je lui ferai fidèle, comme un vajfal à son Seigneur & & c ’Souverain. II ne transféra jamais les Duchés d’une famille à une autre, que ""quand les Ducs violoient leurs fermens, ou mouroient fans laisser de fils.
Cet acte de transférer un Duché s’appelipit Investiture ; & de-là vint queles Fiefs ne furent donnés que par Investiture, comme on l’observa dans la •-fuite rélativement aux autres vassaux, fçavoir, les Comtes, les Capitaines,les Vavascurs, dont les Redevances ont été après cela perfectionnées parles Princes à’Jllemagne. Charles confia la garde des Frontières & des Vil-les aux Comtes, qui ëtoient revêtus d’une grande autorité. Ces limites Magì>s’appelloient Marches ou Marches ; & c’est de-là qu’est venu à ceux qui en F r f ts eí . 3avoient foin, le titre de Comtes des Marches , & Marquisats : d’où à son tour Mmle titre de Marquis a tiré son origine. C’étoient-là les Magistrats ordinai-res établis par Charles pour le gouvernement des Villes, & la garde deslimites du Royaume ; mais dans quelques occasions il nommoit des Com-missaires , dont l’autorité étoit plus grande que celle des Comtes, & quis’appelloient Misti. II dévoient dans toutes les Provinces déterminer leslimites de chaque Ville. Sous le Gouvernement des Lombards il y avoiteu fur ce sujet de fréquentes disputes entre les Villes voisines ; mais lesMiffi remédièrent à cet inconvénient, & pour avoir des bornes moins ex-posées à quelque changement, ils y employèrent des Rivières, des Mon-tagnes, des Vallées, & d’autres monumens durables. II obligea aussi lesVilles à lui prêter ferment de fidélité, & leur imposa, de même qu’auxFiefs, aux Eglises, & aux Monastères, une espèce de Tribut, appelle Fo- Tributderum, Paratia , & Manfionaticum, qui dévoie lui être payé, particulière- î U iíment quand il viendroit en Italie ; mais il eut la générosité d’abolir dans la •fuite ce Tribut, pour qu’il restât à Y Italie au-moins une ombre de liberté :toutes les fois qu’il y retournoit, il convoquoit une Assemblée générale desEvêques, des Abbés, & des Barons du Royaume, pour régler avec euxles affaires publiques de quelque importance. Les Lombards n’avoient qu’unEtat composé de Barons & de Juges,* mais les François du tems de Charle-magne, en avoient deux, fçavoir, le Clergé & la Noblesse. C’est ce quiengagea dans la fuite ce Monarque à ajoûter en Italie l’Ordre des Ecclésias-tiques à celui des Barons ou de la Noblesse. Cette coutume de convoquerles Etats subsista en Italie jusqu’au tems de Frédéric I. iris -'assemblèrent,presque toujours, à Roncaglia, endroit peu éloigné de Plaisance, & y fi-rent plusieurs excellentes Loix (a). Les affaires d’Italie étant ainsi réglées,
Charles s’en retourna en France l’an 774. Mais à peine fut-i) parti, que lesDucs Lombards, particulièrement ceux de Frioul, de Spoléts & de Bénê-
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W Slgon. íbid. & Frnnken Diss. de Majura. Maicamp. ct Roncal. p. 42.
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