HISTOIRE DES ETRUSQUES. Liv. IV. Cn. XVII. 24O
soutenir son opinion, confond les Pélasges avec les Hellens , ce qu Hérodo-te (a), Diodore de Sicile, & Denys d ’Halicarnasfe n’ont eu garde de faire.Pour ce qui est de Mr. Bourguet,il allègue à peine la moindre preuve His-torique en faveur de son sentiment. D’ailleurs, on ne sçauroit concevoiravec quelque ombre d’apparence, que la Langue Grecque ait ressemblé auLangage d ’Ashur, de Pêleg , des Hébreux , des Egyptiens, des Phéniciens ,ou mêine des Celtes primitifs. L’Histoire n’admet absolument pas une pa-reille supposition.
Le sçavant ( b ) Bochart a concilié un certain respect à l’hypothése quenous combattons, en affirmant que l’ancien Langage Toscan ne ressembloicà aucune des Langues Orientales. Mais cet illustre Auteur détruit fa pro-pre autorité, en le (c) contredisant lui-même; & les mots Etrusques qu’ilcite, comme n’ayant aucune affinité avec les Langues-Orientales,ont étéprouvés conformes à ces mêmes Langues (d).
Un fçavant Allemand, dans les Nova Acta Eruditorum Lipficc, semble (c)s’ètre encore plus écarté de la vérité, en trouvant de grands rapports en-tre fa Langue maternelle, & l’ancien Langage Etrusque. La petite piécequ’il a publiée pour défendre cette thèse, étoit principalement destinée àcritiquer la Dissertation de Mr. Swinton de Linguâ Etrurice Vernaculâ , im-primée à Oxford en 1738. Cependant, comme il en agit poliment dansla dispute, on répondra dans les formes à toutes ses objections. Les Alle-mands , & particulièrement les Journalistes de Leipzig , font si amoureuxde leur Pays, & de tout ce qui y tient, que nous ne sommes nullementsurpris de voir arriver de ce Pays-là un semblable Paradoxe. ICt cette dis-position ne nous paroît nullement blâmable, pourvu qu’elle soit accompa-gnée de bonnes manières, & qu’on ne s’y livre point aux dépens de la^vérité. Nous avons lieu de croire, que le célébré Dr. Mascou, Professeuren Histoire dans l’Université de Leipzig , est l’Auteur de la piéce en question.
Comme la branche de Littérature, dont nous parlons, a été cultivéeavec foin en divers endroits de l 'Europe, particulièrement en Italie, &que la chose ne paroît pas en devoir rester-là, nous croyons obliger nosLecteurs, en insérant ici un Catalogue des pièces publiées en dernier lieufur cette matière. Ce Catalogue n’est cependant pas aussi complet quenous le souhaiterions.
1. Thom. Dempsteri de Einirìâ regali Lib.VII. cdit. curante Thom. CokeMag. Brìtan. Armìg. &c. Florentise, 1723, 1724.
2. Ad Monument. Etrus Oper. Dempjt. addit. explicat. S ctmjeSi .. à Phil.Bonarrot. Florentise, 1726.
3. Francisei Mariani Viterbienfis Vatican. Bafilicce Benefic. b BìbliothecaScriptoris Grcecì de Etrur. Metrop, &c. Romse, 1728-
4. Bibliothèque Italique, Tom. III. Art. 1. p. 1— 54- A Geneve, chezMarc Michel Bousquet, & Compagnie, &c. 1728.
5 .
O) Herodot. Diod. Sic. Dion. Halicarn. Ling. Etrurc. Reg. Vernac. Dissert. ?. 21.pass. Oxon. 1738
(U Sam. Bochart. Chan. L. I. c. ZZ. N) Swint. ubi supr. p. 21-28.
W Ide m in Phal, L. I. c. 3. Swint. de (e) Nov. A«. Erudit. Lips.
Tome XIV. j i
Sect. u.Antiqui-té, Gouuer-nement ,Loix , Re.