*16 HISTOIRE DES ESPAGNOLS.
Si ct. II. jjerté, & le mépris de la Mort. On avoir tant foin d’inculquer ces príii-LoixCoù- c 'P es aux ensans, dès les premières années de leur vie, que ce devinttûmes , avec le rems une idée reçue unanimement de toute la Nation, qu’une desSciences, plus grandes bénédictions qu’on pût obtenir, confistoit à mourir en eom-&c. des^ battant pour la Patrie. Même leurs femmes, par la nécessité qui leur étoitq.nciens Es- àpofée de donner à leurs fils une éducation guerrière, se formoient àP a ^ noS * une intrépidité, dont elles manquoient rarement de donner des preuves,quand l’occasion s’en offroit. Mais c’est de quoi nous aurons foin de rapt. porter quelques traits dans le Chapitre suivant.
Commerce . • Nous avons observé ci-dessins, que Y Espagne étoit non seulement biensituée pour le Commerce, mais abondoit aussi en plusieurs productions,qui invitoient toutes les Nations commerçantes de Y Europe , de YAfie , &de Y Afrique à s’y venir établir, ou à s’en mettre en possession. Aussi n’ya-t-il presque aucun Royaume sou s les Cieux, qui ait eu autant de Maîtresdifférens. Les Egyptiens, les Phéniciens, les Tyriens, les Carthaginois , lesGrecs, les Romains, les Gaulois, les Germains , les Goths , les Vandales , lesMaures, & plusieurs autres, y eurent leurs établissemens particuliers, &la plupart la possédèrent en tout ou en partie. Nous ignorons en quelétat se trouvoit le Pays avant que ces différens Peuples y arrivassent,quoique, s’il en faut croire les Historiens Espagnols , leur Patrie fût dès-lors dans une condition plus florissante qu’aucune autre Contrée de la Terre.Suivant eux-mêmes, avant la venue d’ Hercule , l 1 Espagne contenoit un grandnombre de Villes riches, magnifiques, & très-anciennes (a). Leur témoi-gnage, à cet égard, paroît être en quelque forte confirmé par celui deStrabon , de Jujlin , de Diodore de Sicile , de Pomponius Mêla , & de quel-ques autres. Ce qu’il y a de certain, c’est que la chose doit presque né-cessairement avoir été ainsi, encas qu’une succession de Princes, telle quenous la donnerons dans la Section suivante, ait réellement eu lieu. Maispar malheur les régnes de ces Princes ne font fondés que fur l’autoritéde Birose , qu’on ne peut guéres considérer que comme un Auteur fabu-leux. Et ce que les Auteurs Grecs & Romains disent de la prétendue anti-quité de ces Villes, & de leurs Fondateurs, paroît n’être appuyé que furle témoignage des Espagnols eux-mêmes, qui aimoient à faire remonterfort haut l’origine de leur Nation : foible, qui leur étoit commun avec lesEgyptiens, & les Grecs.
Pour achever ce portrait des anciens Espagnols , nous dirons qu’ils eu-rent toutes les vertus des anciens Celtes, & qu’ils héritèrent moins de leursdéfauts, que les autres defendans de ce Peuple; ils étoient vaillans, ma-gnanimes , & hospitaliers au souverain degré, & fi renommés pour leurfidélité, que même après avoir été subjugués par les Romains , divers Em-pereurs firent d’eux leurs Gardes préférablement à leurs autres Sujets. Ilsle distinguoient par leur sobriété, leur patience à soutenir de longs tra-vaux
(a) Vui. int. aï. GOrund. ubi supr. L. I. Garfi de Acad. Hifp. Nomendat. Urb. Hta-pan. Taraph. de Orig. &c. Reg. Hifp. Vas. Chronic. & al. plur.