240 HISTOIRE DES GAULOIS.
Sect. 1 . géré le froid de ceux-ci, qui sont tout autres qu’ils ne les représentent (a) ;f Origine ma j s nous ne ] a iíTons pas de convenir, que ces deux Climats font deve-íoh G &? nus P^ us chauds qu’ils ne l’étoient autrefois, en partie à cause qu’on a dé-ïtmdiiëdí truit un grand nombre de Forêts, qui arrêtoient la circulation de l’air, &kur Pays. interceptoient les rayons du Soleil; & en partie, par le dessèchement de
- plusieurs terres marcécageuscs. Les Romains eux-mêmes paroissent avoir
été frappés de la chose, qu’ils attribuoient à quelque changement favora-ble dans la position de Taxe de la Terre; changement prédit,suivant eux,par Hipparque (L) , fameux Astronome Grec. Quoi qu’il en soit, il est clairque ces Pays font rarement couverts de glace <St de neige ; «Sc que les Ri-vières, bien loin d’y être gelées au point de servir aux nabitans de ponts.,fur lesquels ils faisoient passer leurs Armées dans leurs expéditions d’Hiver,n’offrent à-préscnt que rarement un spectacle si commun autrefois.
SECTION I I.
i
Religion des GAULQIS.
Sect. II. T^TOus avons déjà parlé de la Religion des Celtes dans un autre Volu-“p—r” me (c). Comme les Gaulois descendoient d’eux, il y a lieu de sup-Ugiondért P°^ er , qu’ils conservèrent leur Religion telle qu’elle leur avoit été trans-véedet an- mise, jusqu’à ce que leur Commerce avec d’autres Nations, ou plutôt letiens Cel- malheur qu’ils eurent d’en être subjugués, donna occasion aux change-as* mens que cette Religion éprouva. Ainsi, pour se former une juste idée dela Religion des Gaulois , il faut examiner ceux de ces Gaulois qui ont eule moins de liaisons avec d’autres Peuples, <3t par conséquent moins d’oc-casion d’adopter leurs sentimens. C’est se tromper à plaisir, & avec unair d’habileté, que d’avoir recours fur l’article en question à la Religiondes Grecs & des Romains.: car, quoique dans la fuite les Gaulois ay en t puemprunter quelque chose d’eux, il est certain néanmoins, qu’originaire-ment leurs Religions différoient du blanc au noir. Ceux qui ont méta-morphosé les Dieux des Gaulois en Divinités Grecques & Romaines , se fonttrompés encore plus grossièrement, & ont employé bien de la peine inu-tilement (d); au-Iieu que nous espérons de prouver d’une façon incontes-table, que ces Dieux avoient une origine Celtique.. Ainsi il faut prendregarde de ne s’en point laisser imposer par quelques anciens Auteurs, tantGrecs que Romains , qui ont dit un mot de ces Dieux par occasion *. Le
peu
(a) Vid. Aut. supr. citât. & Herod. L.V. (b) Vid. int. aï. Columell. de île Rustic.Plin. Jun. Panegyr. CXII. Ammiari. Mar- L I. c. i.
cell. L. XIX. c. 2. L. XXXI. c. 9 - Ovid. ( c ) Hîc supr. Tom. IV. p. np, &c.Triít. lïleg- X. vers. g. & aï. (d) Scheí). Biblioth. JHilh Franc. p. 29.
Vid. Relig. des Gaul. Prés. p. 4.
* Les principaux de ces Auteurs font Jules-César, Diodore de Sicile, Pomponius Mêla,Strabon, & Pline. Tous leurs fragmens, mis ensemble, forment à peine quatre pages,qu’on réduiroit à deux, si l’on en retranchoit tout ce qui ne fait pas au sujet (r). Quoi qu’ilen soit, ces Auteurs n’ont fait que fe copier les uns les autres, ou n’ont dit que la même chose,
( 1 ) Relig. des Gaulois, Fiés. p, r.