histoire des gaulois.
Seer. II. quelles que fussent les fonctions de leur Ministère. Les chevaux qui tom*Religion boient entre leurs mains, après quelque victoire, ou du-moins quelques-jfeí Gau- uns ces 3n i m aux, étoienc brûlés avec les corps des Ennemis tués (a),oi *‘ Tous ces sacrifices s’offroient occasionnellement ; au-lieu que ceux que Lu-' ca in appelle nationaux , étoient constamment offerts à midi & à minuit.
Comme les Gaulois étoient adonnés à toutes fortes de superstitions*, ilsobservoient soigneusement le chant & le vol des Oiseaux, & autres présa-ges pareils. Ils n’entreprenoient aucune affaire importante fans l’avis deleurs Aruspices. La fonction de ces Devins consistoit à examiner les en-trailles &c. de leurs victimes ; & quand ils offroient une victime humaine,ce qu’ils faisoient toujours avant de tenir un Conseil, soit de toute la Na-tion , ou simplement de quelque Canton, ils perçoient la victime par der-rière d'une dague, un peu au-dessus du diaphragme , & prenoient garde àla maniéré dont elle tomboit, sçavoír, à droite, à gauche, ou sur sa fa-ce & comment le sang sortoit de la blessure. Ils décidoient ensuite cequ’U convenoit de faire, & leur jugement étoit tellement, respecté, qu’ilne tenoit qu’à eux d’empêcher que leurs Rois & leurs Généraux, fur lepoint d’en venir aux mains avec l’Ënnemi, ne livrassent bataille (b).LtunAii - Nous avons dit que dans leurs Bôcages sacrés il y avoit de grandes
• elí ‘ pierres, que nous croyons avoir été des autels fur lesquels ils immoloiencleurs victimes. Plusieurs de ces pierres se trouvent encore actuellementen différens endroits de la France , de Y Allemagne , de Y Angleterre , du Paysde Galles , de Y Irlande, & de l’Ile d ' Anglesey, & font d’une taille si mon-strueuse , que les habitans superstitieux les ont regardées comme l’ouvragede ces Démons % auxquels, suivant eux,cette espèce de Culte étoit agréa-
ble j.
Diod. Sic. L. VI. c. 9. Comment. L. VI*
0 ) Tacit. German.
(bj Strab. L. IV. Justin. L. XXIV. c. 4.
des Laïques;mais une pareille distinction n’étoit pas néceílaire, personne n’osant porter des-habits blancs que les Druides Pi les Druidesses (1).
* Suivant les Auteurs Grecs & Romains, les Gaulois surpassaient tous les autres Peuples en-cruauté & eu superstition, mais ce langage ne convenoit guéres dans leur bouche. A-la-véritéquelques Nations Gauloises doivent avoir été très-superstitieusès, puisqu’on a reproché è Alexan-dre Sévère d’avoir surpassé à cet égard l’une d’ellts, sçavoir les Fascones ou Gascons (2). Pourse convaincre qu’un pareil reproche sied très-tnal aux Romains , on 11’a qu’à parcourir les régnesde quelques-pns de leurs Empereurs, & particulièrement ceux de Sévir e , de Néron , & de Ju-lien ; & nous terminerons cette Note par un abominable trait de superstition Romaine. Immé-diatement avant la guerre qu’ils firent aux Gaulois, commandés par Firidtmare (3),par dé-férence pour certains Oracles qu’ils avoient trouvés dans les Livres des Sibylles, ils enter-rèrent vifs deux Gaulois , & deux Grecs , un homme & une femme de chaque Nation, aux-quels, dit Plutarque, ils offrent encore en secret, nu mois de Novembre, quelques sacri-fices-, dont ìl n’tst point permis au Peuple d'être le témoin. Deux de leurs propres Auteursattestent (4) st ue ce ? mêmes sacrifices ont été répétés depuis au même endroit en différen-tes occasions, particulièrement à Touverture de la Guerre F unique, qui succéda à celle;contre Viridontare-
(i) Comment, ubi supr. Keyzter. A.ntiq. Sep- fi) tamprid în Alex. Sev»
--- --- D -’'-nuiei Hist. iles Celtes, (;) In Vit. Marcell.
ILclíg. dçs Gantois,, <x ai.
(+1 Tit. Liv. L. XXII. c. 7. Piiti. L. XXVIIt c. 2*