' HISTOIRE DÉS GAULOIS. Liv. IV. Ch. XIII. 257
tre sçavant Auteur en tout, à l’article près, sur lequel nous différons de lui. Sect. k.
Le nom de Stonehenge , étant originairement Saxon , & signifiant simple- Religionment un monceau de pierres de potence , est si vil pour désigner un aussi f e . s G nubel ouvrage, qu’ìl faut sûrement qu’il ait été construit longtems avant lar- °' s ‘rivée des Saxons en Angleterre. , 8'ils en avoient été les Auteurs, ou capa- N’aétêm:-blés déjuger de l’escellence de l’ouvrage; ou bien, s’il é toit resté, de leur mterne, quelque trace de ces Auteurs, & du dessein qu’ils avoient eu en le ^onsconstruisant, ils l’auroient sûrement désigné par un nom plúa honorable. p sll - ief ^Les anciens Bretons , lorsque les Romains vinrent les attaquer,' parloient du n ois.Stonehenge, comme d’un ouvrage construit depuis plusieurs siécles, & fortsupérieur à l’habileté humaine. 11 s Fappelloient en leur Langage, ChoirGhaur, mots que quelques Sçavans rendent par la danse des Gèans, en con-séquence d’une notion répandue dans tous les Pays où se trouvoient depareils monceaux de pierres, que c’étoit l’ouvrage des Géans. vautres enattribuoient la construótion aux Démons, apparemment à cause de la ré-putation que les Druides avoient d’être de grands Magiciens. Notre habileEcrivain observe fort judicieusement, que Choir Ghawr doit plutôt être ren-du par les mots de grand Chœur , parce qu’il surpássoit tous les autresouvrages de ce genre en grandeur, & apparemment aussi en magnificen-ce , le Souverain-Pontife des Druides tenant en cet endroit l’assemblée gé-nérale de tous les Druides inférieurs. Cette étymologie répond mieux à lagrandeur de l’ouvrage, & au but qu’on s’est proposé en le construisant,soit que nous supposions avec notre Auteur,.que ç’ait été un Temple,où,ce qui nous paroît plus vraisemblable, un endroit destiné à quelque autreusage public. Ce que nous venons de dire suffit pour prouver, au-moins enpartie * que le Stonehenge n’est pas de la façon des Romains ; car les anciensBretons n’auroient pas donné, dans leur propre Langue, un nom si distin-gué à un ouvrage de leurs ennemis : mais notre Sçavant a employé uneméthode bien plus sure pour nous convaincre, que ce n’a jamais été l’ou-vrage des Romains, & bien moins encore un Temple Romain , pareil 2uPanthéon *. Cette idée est celle de notre fameux Architecte Inigo Jones.
Ce
par ce moyen les Gaulois à leurs Coutumes & à leur Culte Religieux; que de la part duzèle aveugle des Chrétiens , qui regardoient comme une œuvre méritoire de gâter & de dé-truire tant de monumens d’idolâtrie & de Superstition cruelle (r).
* Ce grand Architecte, ou , à ce qu’on croie communément, celui qui á publié son Ou-vrage, pour que les dimensions répondissent à son plan, a été obligé de les altérer, dedéplacer quelques-unes des plus grandes pierres, & de les mettre ailleurs, suivant les be-soins de son Système. C’est ce qui a pvu clairement par un nouvel examen qu’ont fait dutout des personnes de jugement & de goût. Ne seroit-on pas en droit de conelurre du silen-ce que Jones a gardé durant 30 ans, qui se sont écoulés entre le tems où il a examiné le.Stonehenge , & celui de fa mort, qu’il n’a jamais eu dessein de publier ses observations; &'stue , tout bien considéré, il jugea iui-même ses remarques peu dignes de voir le jour.
Mais, après fa mort, Mr. Wthh son gendre trouva apparemment moyen de surmonter'cette difficulté, á l’aide des changemens, que nous avons indiqués. II ajoûte modestement,
que
(*1 Vid. Relíg. des Gaul. L. I. c. 13. Kcyilei Antiq. Scptentr. &c.
Tome XIII. g; j.