HISTOIRE DES GAULOIS. Liy. IV. Cïí. XIII. 267
minés par quelques raisons, à bâtir de pareils Temples dans leurs Pays, Sïct. III,ce Conquérant en auroit sûrement parlé; lui qui àime tant a raconter com-ment il réduisit sous l’obéissance de la République tels ou tels petits Royau ^oZi,mes, & comment il s'y prit pour engager les habitans de differens_Dis- quelquf!tricts à imiter quelques Coutumes Romaines. Puis donc qu’il n’est fait au- Divin Hit.cune mention a cet égard, ni dans cet Auteur, ni dans aucun antre,nous sommes en droit d'en inférer, que da teins, de César il n’y avoitgpoint de Temples parmi les Gaulois; & quand même il y en auroit eu, il ; eî Gaulois.’ne suivroit point de-là qu’ils eussent été l’ouvrage des Gaulois. Ce feroit — ■ -aux Romains qu’il faudroit les attribuer, puisqu’une partie de leur Religion Q tianii mconfistoit à adopter les Dieux étrangers, à leur vouer des Temples & desAutels, qu’ils crigeoient ensuite à leur honneur dans les Pays dont ils fai- ^ i«soient la conquête ; au-lieu que les Gaulois avoient pour maxime fonda- Gaules desmentale de piller & de démolir tous les Temples de leurs Ennemis., en Temples ,conséquence d’un principe qui leur étoit commun avec les Perses , sçavoir des AuttU >que c’étoit commettre une offense envers l’Etre Suprême, que de vouloirle renfermer dans l’enceinte de quelque endroit ; ce qui a fait dire à Cicé - ÍKW ’ron , qui n’étoit pas fort versé dans la connoissance de la Religion des Gau-lois , qu’elle confistoit principalement dans un esprit de contrariété à tou-tes les autres *.
Nous ne sçaurions dire avec la même certitude, qu’ils n’imitérent lesRomains dans aucune autre partie de leur Religion, c’est-à-dire, qu’ilsn’adorérent pas quelques-unes de leurs Divinités, avant d’être subjuguéspar ces Maîtres du Monde. Nous lisons qu’ils adoroient Mars sous l’em-blème d’une épée nue, & que Mercure étoit en grande vénération danstoutes les Gaules (a) , probablement à cause du bien que ce Dieu avoitfait à leurs Arts, à leurs Sciences, & à leur Commerce ( b ). Il n’est, à*la-vérité, pas question ici de Temples, ni d’Autels, mais feulement destatues érigées en son honneur ;6r peut-être ce Culte ne fut-il au commen-cement
(o) Comment, ubi supr. L. VI. (b) ílîc supr. T. IV. p. 119, &c.
* Nous ne sçaurions dire fi c’est par ignorance de leurs principes, ou dans le dessein demieux justifier son client (1), qu’il dit des Gaulois , qu’ils ne profeíîbient d’autre Religionque de faire la guerre à celles de tous les autres Peuples, & même aux Dieux. 11 les ac-cuse d'avoir quité leur Terre natale, uniquement pour aller attaquer Y Apollon de Delphes ,
& piller son Temple. C’esl-là, continue-t-il, cette Nation sainte,qui a aífiégé le Capitole,
& le grand Jupiter lui-mêtne qui s’y trouvoic. Nous aurons occasion dans la fuite de réfu-ter la plus grande partie de cette accusation,& nous nous contenterons d’observer ici qu’ilsavoient du teins de Cicéron un mépris déclaré pour les Dieux des autres Nations, ce quiprouve qu’ils n’avoient point encore adopté alors aucune des Cérémonies Religieuses desGrecs ou des Romains. Remarquons de plus que le caractère général que les Auteurs deces deux Nations attribuent aux Gaulois , est une contradiction perpétuelle, puisqu’ils lesreprésentent, tantôt comme n’ayant aucun principe de Religion , & tantôt comme le Peu-ple le plus superstitieux qu’il y eût sur la face de la Terre: le sens d’un Langage, qui s'ac-corde si peu avec ) U j. m ême, est sûrement que les Gaulois avoient une Religion à laquelleus êtount fl attachés , qu'il ne kur restoit que des sentiinens de mépris pour toutes les autres.
(1) Orat. pto M. Fonteio,
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