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10/2 (1771) L' histoire romaine depuis le règne de Neron ... jusqu'à ce que le trône impériale fut transféré à Constantinople par Constantin le Grand
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44 HISTOIRE ROMAINE.

Depuis Maxìmus Scaurus t & JPaulus Venetus : M2ÌS toute lefpérance des conjurésr Etablis- étoit en la personne de FeniusRufus Chef des Cohortes Prétoriennes, dont^Empire v ^ e êtoit fans tache, quoique Tigellin , qui le ha'issoit à cause de fa vertu»

Romain, ne cessât de le calomnier dans lefprit de Néron. Les conspirateurs ne furentà- pas plutôt assurés par les discours de Rufus, quil étoitde la partie, quils délibérèrent plus hardiment fur le tems & fur le lieu de lexécution, Su-brins Flavius entreprit de tuer lEmpereur pendant que ce Prince chanteroitfur le théâtre, ou dans le tems quil feroit occupé à courir çà & fansgardes; mais le trop grand désir de limpunité, obstacle éternel des grandsdesseins, lempêcha de passer outre («).

U/ìs Af- Pendant que les conjurés renvoyoient de jour à autre lexécution de leurfranchie dessein, une Femme, nommée Epicaris, tâcha de mettre fin à ces délais.Epîcaris On ignore par quels moyens elle fut instruite du complot, dont on navoitanime les eu garde de lui faire part, fa conduite ayant été tout-à-fait déréglée. En-conspira- nuyéede leurs longs délais, elle fe rendit en Campanie, afin de gagner lestmu principaux Officiers de lArmée navale, qui étoit à la rade de Mìféne ,Néron fe rendoit assez souvent. Volufius Proculus , qui commandoit unCorps de mille hommes dans cette Armée, avoit été lun des meurtriersd 'Jgrippine, & étoit mécontent de navoir pas été récompensé, à son a-vis, autant que le méritoit lhorrible service quil avoit rendu. Un jour,quil venoit de raconter à Epicaris quil connoissoit apparemment de lon-gue main, ses sujets de plainte, il témoigna un extrême désir de vengean-ce. La généreuse Affranchie renchérit fur ce quil venoit de dire, &après lui avoir cité un nombre prodigieux dactes de cruauté du Tyran , lairévéla la conjuration ; mais elle eut la prudence de ne pas nommer les con-jurés. Le traître ne fut pas plutôt instruit du secret, quil gagna la ville deRome , & instruisit Néron de tout ce quil avoit appris. Mais cette décou-verte ne servit de rien; car Epicaris , ayant été confrontée avec le déla-teur, qui manquoit de témoins, elle nia tout, & feignit dêtre étonnéeEpicaris de son impudence. Cependant elle fut retenue en prison , Néron foupçon-tst accu nan j Jaccusation dêtre vraye, quoique destituée de preuves (b).

"ísmí b mS Ea fermeté dEpicaris ne rassura pas entièrement les conjurés, qui réso-lurent de hâter lexécution de leur dessein, & choisirent comme lendroicle plus propre pour cela une maison de campagne appartenant à Pison t &située kBaïeSyOÙ lEmpereur passoit souvent quelques jours dans les bains& îa débauche, fans garde ni sentinelle. Mais Pi/on sy opposa, disantquil convenoit mieux de tuer Néron au milieu de àns,dans ce Palais bâtidu sang & des larmes des Citoyens, que dans la maison dun particulier,contre toute forte de franchise & dhospitalité; & quil falloit faire publi-Pison quement une action entreprise pour le salut de la République. Tel étoitXra\°àt ^ langage quil tencit aux conjurés; mais son vrai motif étoit la crainte§àu? Z' Huon nélût à Rome Lucius Silanus, illustre parla grandeur de fa naissance.du Consul II redoutoit aussi le Consul Fejlinus, le croyant assez hardi pour rétablir laVestinus. Liberté, ou donner lEmpire à un autre, qui lui en auroic lobligation. AJa fin il fut convenu que lexécution fe feroit pendant les Jeux du Cirque,

(a) Idem c. 48 50. . (b) Idem c. 51, 5r.