44 HISTOIRE ROMAINE.
Depuis Maxìmus Scaurus t & JPaulus Venetus : M2ÌS toute l’efpérance des conjurésr Etablis- étoit en la personne de FeniusRufus Chef des Cohortes Prétoriennes, dont^Empire v ^ e êtoit fans tache, quoique Tigellin , qui le ha'issoit à cause de fa vertu»
Romain, ne cessât de le calomnier dans l’efprit de Néron. Les conspirateurs ne furentà- pas plutôt assurés par les discours de Rufus, qu’il étoitde la partie, qu’ils——— délibérèrent plus hardiment fur le tems & fur le lieu de l’exécution, Su-brins Flavius entreprit de tuer l’Empereur pendant que ce Prince chanteroitfur le théâtre, ou dans le tems qu’il feroit occupé à courir çà & là fansgardes; mais le trop grand désir de l’impunité, obstacle éternel des grandsdesseins, l’empêcha de passer outre («).
U/ìs Af- Pendant que les conjurés renvoyoient de jour à autre l’exécution de leurfranchie dessein, une Femme, nommée Epicaris, tâcha de mettre fin à ces délais.Epîcaris On ignore par quels moyens elle fut instruite du complot, dont on n’avoitanime les eu garde de lui faire part, fa conduite ayant été tout-à-fait déréglée. En-conspira- nuyéede leurs longs délais, elle fe rendit en Campanie, afin de gagner lestmu principaux Officiers de l’Armée navale, qui étoit à la rade de Mìféne , oùNéron fe rendoit assez souvent. Volufius Proculus , qui commandoit unCorps de mille hommes dans cette Armée, avoit été l’un des meurtriersd 'Jgrippine, & étoit mécontent de n’avoir pas été récompensé, à son a-vis, autant que le méritoit l’horrible service qu’il avoit rendu. Un jour,qu’il venoit de raconter à Epicaris qu’il connoissoit apparemment de lon-gue main, ses sujets de plainte, il témoigna un extrême désir de vengean-ce. La généreuse Affranchie renchérit fur ce qu’il venoit de dire, &après lui avoir cité un nombre prodigieux d’actes de cruauté du Tyran , lairévéla la conjuration ; mais elle eut la prudence de ne pas nommer les con-jurés. Le traître ne fut pas plutôt instruit du secret, qu’il gagna la ville deRome , & instruisit Néron de tout ce qu’il avoit appris. Mais cette décou-verte ne servit de rien; car Epicaris , ayant été confrontée avec le déla-teur, qui manquoit de témoins, elle nia tout, & feignit d’être étonnéeEpicaris de son impudence. Cependant elle fut retenue en prison , Néron foupçon-tst accu■ nan j J’accusation d’être vraye, quoique destituée de preuves (b).
"ísmí b mS Ea fermeté d ’Epicaris ne rassura pas entièrement les conjurés, qui réso-lurent de hâter l’exécution de leur dessein, & choisirent comme l’endroicle plus propre pour cela une maison de campagne appartenant à Pison t &située kBaïeSyOÙ l’Empereur passoit souvent quelques jours dans les bains& îa débauche, fans garde ni sentinelle. Mais Pi/on s’y opposa, disantqu’il convenoit mieux de tuer Néron au milieu de àns,dans ce Palais bâtidu sang & des larmes des Citoyens, que dans la maison d’un particulier,contre toute forte de franchise & d’hospitalité; & qu’il falloit faire publi-Pison quement une action entreprise pour le salut de la République. Tel étoitXra\°àt ^ langage qu’il tencit aux conjurés; mais son vrai motif étoit la crainte§àu? Z' Hu’on n’élût à Rome Lucius Silanus, illustre parla grandeur de fa naissance.du Consul II redoutoit aussi le Consul Fejlinus, le croyant assez hardi pour rétablir laVestinus. Liberté, ou donner l’Empire à un autre, qui lui en auroic l’obligation. AJa fin il fut convenu que l’exécution fe feroit pendant les Jeux du Cirque,
(a) Idem c. 48— 50. . (b) Idem c. 51, 5r.