HISTOIRE DE L’ORDRE
Ssction On en porta des plaintes au Pape Benoit XII. qui venoit de succéder aUl- Jean XXII. On lui représenta que les Hospitaliers, en héritant des biens]]fl'Q rire i mmen ^ es des Templiers , avoíent été infectés des mêmes vices queux.'depuilson Mais dans le tems penfoit aux moyens les plus propres à rétablir Tan-Eta'nisse- cienne discipline parmi eux, il mourut. Clément VI. son successeur fut in-ment d ms struit aussi dc-s ravages que les Corsaires d’Afrique avoient fait le long desRho/s oôres des Isles de Chypre , de Candie, & dans les autres Isles de l’Archi-es pel , tandis que ceux qui-dévoient_les défendre se livroient à l’aise & aux— —.... plaisirs. Le Pape, fatigué des plaintes qu’il recevoit de tous côtés, écrivitLettre du au Grand-Maître d’un ítile plein d’aigreur & de reproches. Cette LettrePape au p roc jaisIt son effet, & de T avis du Conseil Souverain on arma aussitôt sixMaître Galères dans le Port de Rhodes , qu’on entretint aux fraix de l’Ordre. LeGrand-Maître & le^ Conseil firent ensuite divers réglemens pour la réformedes mœurs, tant à Tégard de la table & des habits, qu’à l’égard de Téquipagedes Chevaliers. On chargea trois Visiteurs de porter ces réglemens au Pape,& de le prier de revêtir ces Commissaires de Tautorité apostolique , afinqu’ils fussent en état de les faire observer plus exactement. Le Pape fut fortcontent de la prompte obéissance du Grand-Maître, & envoya quatre Gale-,res pour joindre celles de TOrdre & des autres Princes , pour chasser lesCorsaires Turcs de Smyrne, dont ils étoient les maîtres. Nous avons parléailleurs du succès de cette expédition , dans laquelle les Chevaliers se com-portèrent avec leur valeur ordinaire. Le Grand-Maître ayant appris la nou-velle de la prise de cette importante Place , y envoya aussitôt de nouvellestroupes, avec des vivres & des armes. En 1346. TOrdre perdit cet illustreChef, le 27 Mai, dans la ving-troific-me année de son Magistere ; il futfort regretté , & il le méritoit, puisque pendant son administration il ac-quitta toutes les dettes de la Religion, augmenta les fortifications de la ville& de Tille de Rhodes, & fit bâtir à ses dépens une belle Eglise, à laquelleil laissa des fonds pour Tentretien de deux Chapelains (a). On luj donna le-nom d’heureux Gouverneur.
art. Dieu- II fut remplacé par ûieu-donné de Gozon , le Vainqueur du Serpent. 11 ydonné de eut quelque chose de singulier dans son élection. Le Chapitre se trouva di-Gozon. vile pour le choix d’un sujet ; les plus anciens Chevaliers s’attachoient à* 3 ^' veux qui leu-r paroissoient les plus capables de maintenir la discipline de TOr-dre ; les jeunes, fans s’informer fort scrupuleusement de la régularité desmœurs, vouloient feulement un grand Capitaine , qui les menât à la guer-re, & leur fît acquérir de la gloire & du bien. Quand ce fut au tour duCommandeur de Gozon à donner son suffrage, il parla en ces termes : Enentrant dans cette /([semblée, s ai fait un serment folcmnel de ne prop fer que ce-lui des Chevaliers que je croirois le plus digne de cette grande place , & le mieuxintentionné pour le bien général de l’Ordre ; Cf après avoir mûrement considérét état où se trouye la Chrétienté, ks guerres que nous sommes obligés de soutenircontinuellement contre les Infidèles , la fermeté si? la vigueur nécessaire pour em-pêcher le relâchement de la discipline , je déclare que je ne trouye personne plus
{fi} Ver toi T. II. p, 2.2O.