D E M A L T H E. Liv. XXL Cjïap. VIL Zi,îcaf présenta une seconde fois ia bataille. L’Amiral Egyptien, pour éviter Sjictiou .le combat, changea de route,gagna une Iile qui appartenoit aux Turcs, &étant entré dans le Port qui paroissoit presque abandonné, il joignit ses6a-îeres l’une contre l’autre, les proues du côté de la mer , fur lesquelles il fit sondresser des batteries, pour repousser les Chevaliers s’il en étoit attaqué. Le Etabiijjh -Maréchal, que le nombre & les forces supérieures de l'ennemi si puissam- n ; ent danSment fortifié, ne purent intimider, résolut de les attaquer ; mais il eut laprécaution de faire passer ses troupes dans des Bâtimens plats, qui tiroientmoins d’eau , & favorisé de son artillerie il alla fondre furies Sarrasins, qui - - > ■ !_ »se défendirent vigoureusement. La nuit qui survint sépara les combattans ;les Infidèles perdirent plus de íèpt-cens hommes, & du côté des Chrétienson n’en compta que soixante. Le Maréchal blessé en cinq endroits différensreprit le chemin de Rhodes ; pareeque les Pilotes appréhendoient une tem-pête , & les ennemis profitèrent de fa retraite pour sortir de ces mers.
Le mauvais succès de cette expédition ne fitqu’irriter le Sultan,mais pouravoir le tems de faire de plus puissans efforts il dissimula fa colore & ses des-seins. Le Grand-Maître n’y fut point trompé. On ajouta par son ordre de Rhodesnouvelles fortifications à la ville de Rhodes ; il remplit les magazins demunitions de guerre & de bouche , & envoya une citation générais,qui rappelloit tous les Chevaliers capables de porter les armes. II fit partiraussi des Ambassadeurs pour la plupart des Cours de l’Europe, afin d’implo-ïer le secours de Princes Chrétiens, à qui il fit donner avis qu’il étoit à laveille d’être assiégé par le Sultan d’Egypte, & que si l’on abandonnoit l’Or-dre dans cette conjoncture, tout ce que les Chevaliers pouvoient espérerétoit de s’ensévelir sous les ruines de Rhodes. Mais le feu de dévotion quiavoit produit les croisades étoit fort affoibli, desorte qu’il n’obtint de cesPrinces que des marques stériles de compassion, fans recueillir aucun fruitde ses ambassades. II n’y eut que Jean Paléologue, Empereur de Constanti-nople, qui fit avecTOrdre une Ligue offensive & défensive contre le Sultand’Egypte, mais dont on ne retira aucun fruit. Tous les Etats de ce Princese réduisoient alors à la feule ville de Constantinople avec son territoire ; &les Turcs le tenoient même bloqué de toutes parts , desorte qu’il n’osa se dé-faire du secours qu’il s'étoit obligé de faire passer à Rhodes (a).
A la fin, après bien des négociations, qui ne servirent qu’à gagner du tems, La Egyp*la Flotte Egyptienne parut de nouveau à la hauteur de l’iste de Rhodes ,.aumois d’Août 1444, & y débarqua dixhuit-mille hommes d’ínfanterie, outreun gros corps de Cavalerie & de Mamelucs, qui saisissent la principale for-ce des Egyptiens. Les Infidèles marchèrent droit à la Capitale, péndantque leur Flotte tenoit la mer pour bloquer le Port, & empêcher qu’on n’yjettât du secours. Tout ce que l’on a trouvé dans les registres de la Chan-cellerie touchant ce mémorable llege, c’est qu’il d ra quarante jours, queîes ennemis battirent la Place avec mie artillerie nombre tie;- qu’il y eut plu-fieurs assauts où ils furent toujours repoussés, <Sc que leúr Général ayant vupérir la meilleure partie de ses troupes, íè rembarqua avec les débris de son
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GO fartot T. 11 . p 444-44 6 .