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27 (1767) La suite de l'histoire de l'order de S. Jean de Jérusalem depuis l'établissement des chevaliers dans l'isle de Rhodes, jusqu'à l'année 1725 ...
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DE MALTHE. Liv. XB,X»ap. VU. ch

avoit envoyé pour avoir soin des fortifications des Places de Candie, de ve- Sectiohliir à Rhodes, pour partager avec les Chevaliers la gloire de défendre cette IB-ville contre les ennemis de la Chrétienté. Nous verrons dans la fuite, que ^n VÌ /' e Ì eMartinengue, auffi brave Soldat qu’habile Ingénieur, rendit de grands services

durant le siégé. , tablijse-

Bosio, ayant instruit le Grand-Maître du zele que Martinengue avoit té- damxnoigné, & des hazards qu’ìls avoient couru dans leur voyage, ce Seigneur l '^ e ' ie& les principaux Commandeurs à son exemple comblèrent cet habile hom- tsîae de caresses. Bientôt il conçut tant d’estime & de vénération pour f Or- —L.—.dre, qu’il demanda d’y être reçu, ce qu’on lui accorda avec plaisir. On lui Martinen--donna en même tems la Surintendance générale fur toutes les fortifications. S“ eCe fut par fes conseils & par ses foins qu’on haussa les» remparts, que l’on ‘

construisit des ravelins devant les portes de la ville ; il St faire des calcina- rcr j }>tes dans les flancs des bastions, & des fourneaux dans la contrescarpe du Rhodes,fossé ; il ajouta plusieurs autres ouvrages pour arrêter l’ennemi & pour re-tarder fes approches.

Pendant que l’on prenoit des mesures si utiles, il y eut une efpece de dé- Dèssrtimsertion parmi les Chevaliers de la Langue d’Italie. Ils fe plaignirent auGrand-Maître & au Conseil , que le Pape Adrien VI. difpofoit fonve- jutaiis.,.rainement & à leur préjudice de toutes les Commanderies d'Italie, & ilsdemanderent la permission d’aller à Rome lui en porter leurs plaintes.

Le Grand-Maître ne crut pas devoir, dans la conjonêìure présente,leur ac-corder une demande si peu de saison. Le perfide d’Amaral, qui peut-êtreavoit la plus grande part à leur démarche, ne manqua pas de taxer le Grand-Maître d’en agir injustement & d’une maniéré arbitraire , de n’aimer pointla Langue d’Italie, leur insinuant qu’ils dévoient prendre eux-mêmes la per-mission qu’on leur refufoit, que le Grand-Maître ne faifoit courir tous lesbruits d’un siégé prochain, que pour disposer plus librement des fonds quiétoient dans le Trésor de f Ordre.. Ces perfides conseils produisirent leureffet, les Chevaliers Italiens sortirent de Rhodes fans permission, & fe re-tireront dans l’Ifle de Candie. Ils y eurent bientôt la mortification d’appren-dre qu’on les avoit condamnés comme des rebelles & des déserteurs, &privés de l’habit. Mais comme on perdoit néanmoins par-là un grandnombre de Chevaliers pleins de valeur, quelques-uns de leurs amis passerenten Candie pour tâcher de les ramener à leur devoir ; ils leur représenterontqu’on ne pouvoit plus douter du siégé de Rhodes, & que quelque juste quefût le motif de leur voyage à Rome, leurs ennemis ne manqueroient pas depublier qu’ils ne f avoient entrepris que par lâcheté- & pour éviter les pé-rils de la guerre. Ces représentations firent leur effet ; ils revinrent à Rhô-'des fe jetter aux pieds du Grand-Maître, qui les reçut en les embrassant &leur rendit l’habit.

Leur retour, & la résolution qu’ils témoignèrent d’effacer la tache de leur Prèoru--désertion par leur conduite dans la fuite, firent d’autant plus de plaisir au tiom âGrand-Maître & à l’Ordre, que les ambassades qu’on avoit envoyées auxPrinces de l’Europe avoient échoué, & qu’ils virent clairement que Rhodesn’auroit d autres défenseurs que ceux de í’Ordre- même. Le Grand-Maître

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